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Une Anthologie de poètes insulaires de notre Sud !
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Une Anthologie de poètes insulaires de notre Sud !
?bien sûr : le principe d?anthologie n?est pas chose nouvelle ! Il touche presque tous les genres, mêmes les plus ?austères? qui ne se prêtent que peu à la collection, voire au délicat assemblage de disciplines certes de valeur, mais qui souffrent d?une disparité souvent difficile à accommoder. Mais on ne touche pas la sacro-sainte défense d?interdire. Va donc pour toutes les anthologies !?
? Pourtant, au risque d?être coupable d?exclusivisme, je trouve que des anthologies d?oeuvres de création, entendez en particulier prose et poésie, ont de la gueule. Une gueule plaisante, accessible et efficace? Rappelez-vous Le Livre des Chefs d?oeuvre publiée à Paris, en 1987, aux Editions Pratt/Europa : une merveille ! On y retrouve un contenu de toutes les tentations, dont une Table Chronologique : 2800 Avant J.C au XXe siècle en passant par l?Ere Chrétienne, un Dictionnaire des Citations d?Aristophane à Xénophon via (je cite au hasard) Baudelaire, la Bible ; Confucius, Hugo le Mahabharata, Marx, Nietzsche, Rimbaud, Shakeaspeare et les Veda :
?A l?origine enveloppé dans la nuit, cet univers n?était qu?une grande eau indistincte (Rig Veda)??
?Quand un homme a cessé de vivre, il y a un doute ; les uns disent qu?il existe encore, d?autres qu?il n?est plus (Katha Upanishad), un Index des Citations variant de l?Ambition à la Caverne, de La Liberté à La Mort, du Rire au Vice, et enfin un Index typographique pour faciliter les recherches par auteurs, oeuvres, personnages et concepts. Exemples : A pour Ali Baba, et Andersen, mais aussi pour Art d?aimer (L?) et pour Auprès de ma blonde ; I comme Illuminations (Les), comme Insecte (L?) et comme Île au trésor ; S pour Stendhal, pour Soleil et pour Spleen de Paris (Le)? Quand j?ai acquis Le Livre des Chefs d?oeuvre ? attention ce n?était pas donné ? j?étais fier de disposer d?un bel ouvrage qui ensoleille ma bibliothèque ; j?ai longtemps hésité (près de dix ans : 1987 à ce jour) entre l?offrir comme Prix d?un concours littéraire de langue française, et l?ajouter au prochain don de livres que je ferais à l?Alliance Française de Maurice. Pour tout avouer, maintenant que je l?ai rouvert et studieusement consulté, je vais me le garder pour encore un peu de temps, ce qui n?empêche pas que je pense déjà à l?avantage que représenterait sa présence sur les rayons de telle ou telle institution : université, collège secondaire, bibliothèque municipale ou de Conseil de village qui déciderait à l?acheter. Le seul hic serait, compte tenu de l?année de sa parution (1987), qu?il ne soit plus disponible, dans lequel cas, à mon prochain voyage au pays, prévu pour fin novembre début décembre prochain, je verrai quoi finalement décider?
"Les hommes sont des poètes récités par leur destin"
Abû 1-Alâ al Ma'ari
?et je reviens au principe d?anthologie pour rappeler qu?il n?y a pas longtemps, ici même, je faisais allusion soit à une Anthologie de la Poésie de l?océan Indien de langue française avec des contributions de Madagascar, de la Réunion, des Seychelles, des Comores, de Rodrigues et de Maurice , soit à une Anthologie de la Poésie francophone de Maurice, de 1946 (première année de l?après-guerre 1939-1945) à nos jours. Le choix final dépendrait de l?obtention compliquée ou pas des contributions de la première option et les conditions moins difficiles sans être pour autant simples, de la deuxième. Mais quoi qu?il en soit, je suis dans les deux cas déjà sur la brèche, et mon retour définitif au pays natal, retour que j?espère le plus proche possible, sera un élément qui aura son importance. Comme vous pouvez vous en rendre compte, Mémoriales est aussi le lieu de mon quotidien intime. En quasi-direct entre le lectorat de mon île et le mémorialiste que je suis, je ne veux ni frilosité ni outrance : après 45 années d?une absence marquée d?impromptus brefs ou prolongés selon les circonstances, je rêve, à côté de Jacqueline, de laisser filer mon cerf-volant en liberté inconditionnelle d?est ou ouest, du nord au sud dans mon ciel intérieur. Là où j?ai en réserve un supplément d?aubes à vivre et de couchants à survivre : les Cinquante quatrains pour narguer la mort (Ed. Seghers, Paris 2006) le soulignent.
Dans mon Anthologie Personnelle, une collection que j?ai inaugurée aux éditions Actes Sud, à Arles en 1989, et que l?éditeur a poursuivie avec des titres mettant en lumière l?oeuvre d?une suite de poètes majeurs, je me relis à haute voix, citant en épigraphe Abû l-Alâ al Ma?ari :?Les hommes sont des poètes récités par leur destin? :
?De l?Île Maurice à Paris, de Paris au vaste monde, j?ai fait cent voyages qui m?ont enseigné le merveilleux des êtres, des lieux et des choses? (...) Avec cette anthologie, je refuse de ranger mes papiers après une vingtaine de livres. C?est toujours de l?ILE, mon aire de vigie, que s?articulent les preuves de mon identité et ma désobéissance à la mort. Oui, à chaque livre, je montre mes papiers, ce sont des papiers de nous tous, pour franchir les frontières du réel et de l?imaginaire? (?) Ailleurs, parmi ces papiers, je dis oui à la nostalgie parce que j?ai le coeur ordinaire. L?enfance rebondit pour une raison ou une autre, comme surgissent impromptues, des musiques, des formes, des couleurs; des bribes de voyages aussi sans lesquelles le solde ne serait que calcul. Nous ne sommes vrais que dans notre propre histoire, et pourtant, elle s?écoule inutile et sans évidence aucune, si l?autre, si les autres n?y entrent pas, ne fut-ce que par effraction.?
Si le projet de mon Anthologie de la Poésie francophone de Maurice se réalise, je demanderai à chaque participante et à chaque participant de se soumettre au devoir d?écrire comme je l?ai fait pour mon Anthologie Personnelle, deux ou trois pages qui descendent au plus intime de son être et de son oeuvre. Rendez-vous est donc pris, et sans faute.
Pretoria le 12 septembre 2006 Edouard J. MAUNICK
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