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Un voilier ukrainien en escale à Port-Louis

18 mars 2004, 20:00

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LES TROIS mâts du St-Khersones perçaient encore mercredi entre les énormes silos au quai A. En escale à Port-Louis depuis lundi, ce navire-école ukrainien sert à la formation d?apprentis de la marine marchande. Son passage à Maurice s?inscrit dans une odyssée ambitieuse, dirigée par le capitaine Sukhina.

Vyacheslav Sydorenko, 24 ans, est second officier à bord du St-Khersones. D?un anglais hésitant et teinté d?accent russe, il dévoile la vie du bateau. ?L?équipage se compose de 59 officiers, et de 74 apprentis de nationalité allemande.?

Des escaliers vertigineux mènent à l?entrepont. En légère déclive, le plancher des coursives tangue sous le pas. Des portes numérotées protègent l?intimité des cabines qui peuvent contenir jusqu?à quatre passagers.

Le St-Khersones a été bâti en 1989 à Gdansk, en Pologne. ?Il appartient au Kerch Marine Technological Institute, un corps parapublic ukrainien.? Enregistré au port de Kerch, en Crimée, le navire-école a, à son bord, six femmes responsables du service de table. Long de 80 mètres, le St-Khersones atteint les 18 noeuds grâce à ses 26 voiles, mais seulement la moitié de cette vitesse par ses moteurs.

Dans la salle des machines ronflent les 1 140 chevaux des moteurs auxiliaires. De longues mèches le long du visage, Rusla garde un oeil sur les innombrables cadrans verts. Il est quatrième ingénieur. Sans mot dire, il veille à la température des moteurs ainsi qu?aux réserves de gasoil et de fuel.

Vu la vocation pédagogique du bâtiment, le navire dispose également d?une bibliothèque. Le confort des divans pourpres inviterait bien à la lecture si les livres de Danielle Steel ou de Stephen King n?étaient imprimés en allemand.

Mais quel est ce bruit berceur ? ?C?est la ventilation. Tout le navire conserve une température d?environ 25° C. C?est mieux pour le corps. Voilà pourquoi je ferme toutes les portes derrière moi, pour que l?air frais ne s?échappe pas?, explique Vyacheslav.

A l?avant, les voix hardies des matelots s?élèvent de l?auditorium. Un rien suffit à leur joie : la télévision avec magnétoscope, un repas entre amis, le piano, une partie de cartes... Au détour d?une coursive, une petite boutique de souvenirs captive le regard. Sa vitrine respire l?exotisme nostalgique d?aimables poupées russes (matreshka), de médailles et de dessins encerclés rappelant les verts paysages d?Ukraine.

Le St-Khersonnes fréquente surtout la mer du Nord, la Baltique et, en hiver, les eaux plus tièdes de la Méditerranée. Aussi, son escale à Port-Louis se veut un périple exceptionnel. Après le Cap Horn en 1997, le navire projette cette année de contourner le Cap de Bonne-Espérance.

Ayant quitté l?île de Malte en décembre 2003, il a rallié Ténériffe, Rio de Janeiro, Durban puis St-Denis de la Réunion... Après Port-Louis, il a levé les voiles pour Port-Victoria dans la soirée de mercredi. Bon vent !

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