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Un virage pour Marbella le spécialiste du marbre
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Un virage pour Marbella le spécialiste du marbre
A Maurice, Marbella est synonyme de marbre. Bon ! ce n?est pas la boutique du coin. C?est un spécialiste intéressant surtout ceux ambitionnant de s?offrir un des matériaux le plus noble sur terre, un matériau prestigieux passionnant plus particulièrement les équivalents des empereurs romains, des bâtisseurs d?Acropole ou de Taj Mahal, des mécènes florentins de notre temps, nos entreprises voulant chérir leur clientèle autant que Shah Jahan le fit pour Mumtâz Mahal (Arjumand Bânu Begam). Il y a définitivement plus populo et plus plastique que le marbre. Le mérite de Marbella de mettre, à la disposition des plus fortunés des Mauriciens et de leurs entreprises, un matériau aussi... poli, n?en est que plus grand. Et ce ne sont pas les clients du QG de la Mauritius Commercial Bank Ltd (MCB), qui nous contrediront sur ce point.
A la fin d?août 1983, les dirigeants de Marbella décident d?amorcer un nouveau virage, après avoir pleinement apprivoisé la taille, le polissage et le ciselage du marbre en terre mauricienne. Ils veulent simplement marier le marbre ou encore l?onyx aux bois les plus précieux.
Nous avons parlé de la MCB. Le revêtement du sol et des parois de l?immense vestibule de cette banque, à l?angle des rues Royale et Sir William Newton, avec du marbre fourni par Marbella, est un des contrats décisifs qui incitent la direction de cette entreprise à tenter hardiment l?aventure du marbre.
Marbella voit le jour en 1976. L?objectif initial est de transformer le basalte qui parsème le sol mauricien et plus particulièrement nos champs de canne à sucre, en revêtements de sol et de murs. La pierre de basalte restreint toutefois la production. Le directeur, René Antelme, décide d?étendre son champ de production en variant sa matière première. Il décide alors d?importer de l?Afrique du Sud des blocs de marbre, pesant environ dix tonnes. Ce marbre permet, en effet, un produit de meilleure qualité et un fini plus... poli. La MCB l?emploie pour son parquet, ses revêtements muraux, ses colonnades, ses fontaines décoratives, ses comptoirs, ses escaliers.
L?usine, alors à Montebello, devient trop petite et même à l?étroit. Il lui faut délocaliser à... Trianon, Saint-Jean. Marbella songe alors à importer des produits finis ou semi-finis. Elle élargit sans cesse sa gamme de produits tout en demeurant fidèle à son objectif initial qui est de valoriser le basalte local. Elle se met à importer du marbre de l?Inde, du Pakistan, de Taïwan. Les marbres de ces pays lui permettent de diversifier la couleur de ses produits. En 1983, elle travaille déjà avec une vingtaine de pierres naturelles différentes. Elle songe même à exporter ses produits finis sur le marché sud-africain, très friand de marbre italien.
La renommée des marbres locaux de Marbella n?est plus à faire. Ils peuvent représenter, en 1983, jusqu?à 300 000 pieds carrés de produits finis annuellement. Au besoin, on peut doubler cette production, en travaillant sur deux rotations au lieu d?une. Pour fendre ces blocs de marbre, pesant entre deux et dix tonnes, les marbriers les placent sur un chariot et les soumettent à l?action de taille-bloc, équipés de disques verticaux et horizontaux. Ces disques possèdent des segments diamantés, dont la disposition et la concentration varient selon le type de pierre à couper. Ces taille-bloc, programmés électroniquement, offrent une précision impressionnante.
Des polissoirs reçoivent ensuite les planches de marbre. Des têtes munies de segments abrasifs permettent d?obtenir un poli antidérapant pour les revêtements de sol et un poli brillant pour ceux des murs. Les planches sont ensuite taillées selon les dimensions voulues. Les côtés des carreaux peuvent être polis ou biseautés. Marbella peut produire des tables en marbre de diverses dimensions et tailles.
Au dire de M. Michel Mayer, le directeur de Marbella en 1983, le fret peut se révéler, dans certains cas, plus cher que le marbre lui-même. L?entreprise s?oriente vers une utilisation mixte du marbre et des bois les plus précieux. Elle se dirige aussi vers le mariage du marbre et du laiton. Marbella utilise de plus en plus l?onyx, pierre translucide devant lui permettre de négocier dans des conditions optimales un virage judicieux, tout en évitant tout dérapage malencontreux.
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