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Un village Abandonné

7 janvier 2008, 00:00

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Presque cinq ans depuis que la première pierre a été posée pour le projet de front de mer de Pointe-des-Lascars. Mais rien n?indique au début de 2008, que les habitants de ce patelin disposeront des facilités de cette infrastructure cette année. En effet, ce projet est en panne, comme nous l?a souligné le père Alex Têtu, qui depuis quatre ans, officie des messes dans ce petit village.

En septembre 2003, lorsqu?il y avait la cérémonie de la pose de la première pierre, beaucoup d?habitants, dont des anciens employés de carrière de sable, étaient plein d?espoir. Il était question, à cette époque d?un grand projet, avec marina entre autres qui ferait de Pointe-des-Lascars un village touristique par excellence. Beaucoup d?habitants allaient trouver du travail . Il y aurait plusieurs infrastructures sportives pour les jeunes.

Découragement</B>

Si le projet a été complété à plus de 50 %, les autorités ont mis un frein aux travaux, sous prétexte qu?une famille qui squattait le lieu refusait de partir. A mi-2007, cette famille a été expulsée et le ministère de l?Environnement a laissé entendre que le projet allait être poursuivi. Or six mois après, aucune autre pierre n?a été ajoutée.

Cette situation exaspère les habitants. Le père Alex Têtu souligne que Pointe-des-Lascars est un village abandonné. «Il y avait beaucoup de perspectives pour les habitants, mais avec ce projet qui a été mis au frigo, il y a un découragement total», souligne-t-il.

Le père Alex Têtu qui anime des messes chaque dimanche dans la petite chapelle, a souvent l?occasion de rencontrer les habitants. «Je peux vous dire que la délinquance gagne du terrain et souvent il y a des bagarres, surtout après que les gens ont consommé de l?alcool.»

Il souligne aussi qu?il y a de plus en plus de chômeurs et qu?ils passent leur journée sous la varangue des boutiques. «J?anime souvent des réunions avec les habitants et ils m?ont fait part de leur découragement.»

Le prêtre estime que les autorités doivent réagir rapidement si elles ne veulent pas que la situation se dégrade. Les habitants doivent se déplacer jusqu?à Rivière-du-Rempart pour tous leurs services et ils sont confrontés à beaucoup de problèmes, dont un manque de transport. «Ils sont laissés à eux-mêmes et nous savons tous comment ils réagissent face à de telle situation.»

Il est d?avis que le projet de front de mer est le salut des habitants , mais son retard leur fait beaucoup de mal.

Interrogé, un officier du ministère de l?Environnement souligne que le projet a été complété à plus de 75 % et qu?il y a eu plusieurs facteurs qui ont contribué à ce retard, dont le cas de ce squatter. «Toutefois, ce sont les contraintes budgétaires qui ont été les principales causes et on souhaite qu?au prochain budget, une provision soit faite pour compléter le projet», ajoute-t-il.

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