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Un trust pour aider les familles des victimes
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Un trust pour aider les familles des victimes
Un an et demi est passé mais la douleur est la même chez les Abdullatiff qui ont perdu leur fille, Jahanara, 23 ans, dans un accident. Meurtris, ils veulent épargner à d?autres familles la tragédie vécue, à travers la création du Jarya Memorial Trust en hommage à la disparue.
Ce 13 août 2002. Quatre amies, Shabana Patel, 18 ans, Ashvini Chady, 21 ans, Shivani Mannick, 25 ans, et Jahanara Abdullatiff, en vacances, décident de passer une journée à la plage de Flic-en-Flac. Au retour, leur Maruti rouge entre en collision avec un 4X4 arrivant de Bambous. L?accident sera fatal pour Shivani Mannick et Jahanara Abdullatiff tandis que Shabana Patel, toujours dans le coma, est actuellement hospitalisée en Inde.
Dans un premier temps, Jahanara Abdulatiff est transportée à l?hôpital Jeetoo avant d?être transférée à l?hôpital du Nord. Elle meurt cinq jours plus tard. Tout juste un mois après ses fiançailles...
«C?est par un coup de téléphone d?un officier de police que j?ai appris que ma fille était morte. Le policier m?a seulement dit que je devais apporter ma carte d?identité ainsi que l?acte de naissance de ma fille», se rappelle son père. L?idée lui vient alors de fonder le Jarya Memorial Trust . «Je me suis dit qu?il était impensable que quelqu?un annonce le décès d?une personne à ses proches de cette façon. Il aurait fallu que ce policier agisse avec plus de tact.» Pour Yussuf Abdullatiff, ceux engagés dans la communication avec les parents ou proches de victimes de la route, doivent bénéficier d?une formation. Il déplore également l?absence d?encadrement psychologique pour les proches.
Cet encadrement, explique t-il, sa famille la doit également à ceux qui avaient, comme lui, perdu un ou plusieurs proches dans un accident de la route. «Ces gens sont venus vers nous spontanément et nous ont apporté leur aide. Ils nous ont soutenu tout au long de cette épreuve», précise le père de Jahanara. Il n?oublie pas ces lettres de réconfort envoyées régulièrement par des connaissances de Jahanara. «Nous avons découvert qui était vraiment notre fille après sa mort. Ceux qui la connaissaient nous ont écrit des lettres pour nous raconter qu?elle aidait toujours ses amis,» soutien-t-il.
Avec son épouse, Razia et ses deux fils, Assad et Saleem, Yussuf Abdullatiff veut «entrer dans la bataille pour sauver d?autres vies.» L?objectif du Jarya Memorial Trust, est d?attirer l?attention des autorités concernées sur les carences de la sécurité routière. Cette association se veut, aussi, être une plate-forme d?échange entre les autorités et les usagers de la route. «Nous ne pouvons sous-estimer l?importance de la sécurité routière», lance-t-il. Il fait observer que les autorités n?ont toujours pas installé un feu de signalisation au carrefour où l?accident fatal s?est produit.
Plusieurs psychologues et sociologues se sont déjà proposés d?aider le Jarya Mermorial Trust. «Nous voulons fournir aux proches d?une victime de la route un encadrement psychologique adéquat», explique Assad, le frère de Yussuf Abdullatif. Et d?ajouter : «Une victime de plus sur la route, c?est une victime de trop.»
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