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Un pétrole moins cher

29 octobre 2008, 01:00

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La baisse du prix du pétrole, tombé de 147,50 dollars en juillet à 62 dollars le vendredi 24 octobre, est une bonne nouvelle. Dans un premier temps, il n?y a que des raisons de se réjouir d?une évolution qui a déjà entraîné, en France, une diminution de 27 centimes sur le gazole, depuis son pic de la fin mai, et de 22 centimes pour l?essence. Des carburants moins chers, c?est moins d?inflation et, par conséquent, plus de pouvoir d?achat pour les ménages. C?est un facteur favorable à une croissance plus forte ? ou moins faible.

Mais, si le pétrole est moins cher, c?est justement parce que les marchés anticipent une récession et, donc, une baisse de la consommation, qui va permettre que les stocks se reconstituent. Les pays producteurs vont disposer de capacités excédentaires par rapport à la demande. Plus ces capacités sont importantes, moins les marchés sont fébriles, et plus les prix peuvent se détendre. Leur baisse est un indicateur d?une tendance négative de la conjoncture économique, ce qui est moins réjouissant.

On peut se féliciter, évidemment, que les pays auxquels le renchérissement de l?énergie permet de renforcer leur puissance et de faire pression sur leurs voisins, leurs rivaux économiques ou leurs adversaires politiques pâtissent de la baisse des prix. La Russie, l?Iran et le Venezuela seront moins à l?aise financièrement et devront parler un peu moins haut.

Il ne faut pas perdre de vue, toutefois, que si le baril descend trop bas, les investissements vont souffrir. Les projets d?exploration et d?exploitation de gisements et de ressources coûteux, tels que les sables bitumineux du Canada, l?off-shore ultra-profond du Brésil ou les réserves de l?Arctique, ne sont rentables qu?à un certain niveau de rémunération.

Or, si l?on investit moins aujourd?hui dans ces projets, on aura moins de pétrole demain, quand la reprise économique sera là et devra être alimentée en énergie. Et moins de pétrole, ce sera un pétrole plus cher.

Tous les experts s?attendent à une remontée des prix à moyen terme, qui pourraient revenir à 150 dollars d?ici cinq ans. La baisse actuelle fait des heureux dans le monde entier, mais il ne faut pas s?y tromper. Le destin de l?énergie fossile est d?être toujours plus chère et toujours plus rare.

<B>© Le Monde 2008</B>

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