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Un Premier ministre préoccupé
Le Premier ministre a, hier, revêtu son manteau de politicien pour régler quelques comptes politiques. C?était lors d?une fonction organisée par l?Eastern Arya Federation sous l?égide du Mauritius Arya Ravived Pracharini Sabha. Les cibles de Ramgoolam : le lord-maire de Port-Louis, Reza Issack (voir texte ci-dessus), l?ex-CEO du Sugar Investment Trust, Jyoti Jeetun, et ceux qui «font tout pour salir notre image». Navin Ramgoolam a aussi laissé percevoir un certain malaise dans ses rapports avec la communauté créole. Ceux qu?il qualifie d?une «clique» dont les intérêts ne sont pas complémentaires aux siens.
Mettant ses difficultés avec la communauté créole sur le compte du travail «d?une clique», le PM a, hier, laissé transparaître son agacement. Les tracasseries au sein de son parti, l?agressivité de l?opposition et les «irrationalités» des gens ont également semblé le préoccuper. Mais, dit-il, «la flamme est toujours là (?) et les chiens continueront d?aboyer et la caravane continuera de passer».
Le PM prend l?exemple de Jyoti Jeetun pour expliquer la «campagne». Pour lui, son limogeage n?a rien d?exceptionnel puisque ces choses «se pratiquent depuis 1982 comme l?a rappelé l?ancien chef juge Lallah» et que ses propres amis ? il a cité le cas de Mahen Cundasamy, haut-commissaire de Maurice à Londres ? ont fait les frais de cette pratique.
Faisant référence à une interview de Jyoti Jeetun publiée hier par l?heddomadaire Week-End, le Premier ministre a lâché : «Pendant la campagne électorale, il y a des gens qui ont invité les responsables de l?ancien régime, qui ont fait de la propagande, alors qu?ils représentaient des institutions indépendantes. Et, aujourd?hui, elles donnent de grandes interviews dans Week-End. Elles jouent les victimes ! Il fallait y penser avant d?aller faire de la politique ! Nous savons très bien ce qui s?est passé ! (?) Donc quand je vois ces interviews, je ris.»
Voilà pourquoi, lance-t-il, «vous devez réfléchir à ce qu?il y a derrière ce que vous lisez dans les journaux. Demandez-vous quel est le motif. Demandez-vous qui finance».
Ayant établi qu?il s?agissait d?un parti pris, le PM s?est élevé contre «cette clique de gens qui seront toujours contre le Parti travailliste et qui font tout pour nous salir parce que nous faisons des choses qui sont contre leurs vested interests».
Qualifiant ces gens de «réactionnaires» ? les mêmes, dit-il, qui étaient contre l?éducation gratuite ? il affirme qu?il «y aura toujours des gens qui ne voudront pas que vous arriviez à penser pour vous-mêmes car il y a beaucoup de choses qu?ils voudraient que vous ne compreniez pas». Pourtant, dit-il, «l?express a pris naissance dans la maison de mon père parce qu?à cette époque, si vous étiez membre du PTr, c?est que vous étiez un traître. Mais pourtant l?élite créole était au Parti travailliste».
Le PM poursuit en racontant qu? «hier (NdlR samedi) je parlais à une personne qui s?appelle Francis et il m?a dit que la démocratisation de l?économie était une bonne chose et que donner aux gens des chances égales était très bien. 40 ans après l?indépendance, je ne peux pas avoir ma chance ? m?a-t-il dit.»
Le PM estime qu?il est injuste «de dire que je suis contre le secteur privé» à chaque fois qu?il parle de la démocratisation de l?économie. Mais il est d?avis que «c?est fait exprès pour détruire mon image».
Parlant de l?opposition, il se montre ironique : «Pou ena enn nouvo system dan Moris. Sak lane pou ena enn nouvo PM. Sakenn 1 an, 1 an. Sa grimas la ki zot pe rod fer. Et je vous dis qu?il ne faut jamais que vous acceptez d?avoir deux PM dans un pays. Il faut un seul PM. Aucune part au monde cela ne se fait.»
Evoquant la vie difficile des ministres, le PM prend à témoin les députés Guttee et Dayal mais dit «mais ils ne sont pas ministres ; du moins jusqu?ici. Mais sait-on jamais. Kapav vini pli divan? »
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