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Un pantin nommé Vino
La T-Mobile, l?ancienne Team Deutsche Telekom, compte parmi les formations les plus expérimentées du peloton. Cela n?a pas empêché son légendaire patron, Walter Godefroot, bien connu pour ses excès en tout genre, de commettre ce que d?aucuns considèrent comme une erreur de débutant : celle d?attaquer le Tour de France avec trois patrons en son sein.
Vainqueur de la Grande Boucle en 1997 et quatre fois dauphin de Lance Armstrong ces dernières années, Jan Ullrich, héritier légitime du Danois Bjarne Riis chez les rose et blanc, a dû cette année faire face à une fronde d?abord interne. Andreas Klöden, 2e l?an passé, et Alexandre Vinokourov, 3e en 2003, pouvaient tous deux, en effet, nourrir quelques ambitions légitimes sur les routes françaises.
Mario Kummer, directeur sportif de la T-Mobile, a plus d?une fois, depuis le début du Tour, affirmé qu?il n?y avait qu?un véritable leader à bord, Ullrich en l?occurrence. Mais il a suffi que le coureur originaire de Rostock affiche une nouvelles fois ses limites en haute montagne, ce qui, vous conviendrez, devient une mauvaise habitude, pour que la presse spécialisée se mette à spéculer sur les prémices d?une crise.
Avant d?abandonner mercredi, au sortir des Pyrénnées, Andreas Klöden n?était que dixième. Hier à Mende, au terme de la 18e étape, Vinokourov était, lui, parvenu à conserver, non sans mal, sa huitième place au général, à plus de dix minutes d?Armstrong et, à près de cinq minutes de Jan Ullrich, son leader, qui se trouvait, lui, au pied du podium.
Pourtant, personne n?est dupe. Si Vinokourov concède aujourd?hui autant de temps à Ullrich, c?est qu?il lui a été demandé, plus d?une fois, de se sacrifier pour son leader. C?est le Kazakh, en effet, qui a fait l?essentiel du sale boulot chez T-Mobile, durcissant la course en début d?ascension ou encore en attaquant là où, en réalité, il était impossible de surprendre Armstrong.
Vinokourov en a aujourd?hui assez d?être le pantin d?un Ullrich en tout point décevant. Aussi a-t-il lancé un véritable pavé dans la marre de Godefroot en annonçant, en plein Tour de France, son intention de quitter la T-Mobile en fin de saison.
Il veut être un leader. C?est légitime. L?AG2R Prévoyance, le Crédit Agricole et la Liberty Segueiros, qui le convoitent, lui offrent aujourd?hui cette garantie. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu?il a les moyens de gagner le Tour de France 2006?
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