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Un objectif qui fait des vagues

4 mars 2008, 00:00

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«C?est un objectif qui sert à cristalliser les esprits et à mobiliser les ressources.» C?est en ces termes que vice-Premier ministre et ministre du Tourisme et de la Communication externe, Xavier-Luc Duval, explique l?objectif de deux millions de touristes d?ici 2015. Une ambition affichée depuis le début de l?année 2006 par rapport à la stratégie gouvernementale pour la croissance touristique.

Mais des réserves ont été émises par rapport à cette vision notamment lors du séminaire SMILE upon 2015 organisé vendredi dernier par les élèves de l?Ecole hôtelière Sir Gaëtan Duval. Manque de moyens, justifications de l?objectif et stratégie de la destination ont été remis en cause.

C?est ainsi que sollicité sur le sujet, Xavier-Luc Duval, fait ressortir que les premières estimations du ministère du Tourisme font état d?une croissance plus élevée qu?en 2007 pour le mois de février. Cette croissance, ajoute-t-il, rassure car elle va au-delà de la bonne performance de l?année 2007. L?année dernière, 906 971 arrivées touristiques ont été enregistrées.

«Nous n?allons pas compromettre sur la qualité. Il n?est pas question de nivellement par le bas.»</I>

Du côté de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM), un objectif de 990 000 arrivées a été énoncé pour cette année. Le Bureau central des statistiques projette quant à lui, 975 000 arrivées, ce qui représente une croissance de 7,5 %. Or, afin de pouvoir atteindre les deux millions de touristes en 2015, une croissance annuelle soutenue de 10,4 % sera requise.

L?arrivée de deux millions de touristes sous-entend aussi une évolution soutenue en termes de moyens. Les exemples les plus évidents sont : le nombre de chambres disponibles, les infrastructures et aussi les ressources en eau ou encoreen énergie.

Vishnu Chingadu, économiste de l?AHRIM qui participait au séminaire «SMILE upon 2015», a mis l?accent sur le rôle de différents facteurs qui pourraient aider à atteindre l?objectif fixé. «Les solutions durables doivent être pratiques, applicables à moyen terme, conformes à la réalité économique actuelle et conforme aux moyens dont nous disposons. Nos ressources sont limitées», a-t-il soutenu.

Dans le cadre de sa présentation, il a aussi fait ressortir que suivant le rythme de croissance requis d?ici 2015 pour atteindre le nombre d?arrivées fixées par l?Etat, le pays devra compter entre 12 000 et 13 000 chambres additionnelles. En d?autres mots, entre 1 500 et 1 600 chambres additionnelles devront être créées chaque année.

Selon Vishnu Chingadu, un nombre de facteurs interdépendants entre en jeu pour que les deux millions de touristes en 2015 soient atteints. Il parle, entre autres, du nombre de chambres, de la surface et des infrastructures, de l?investissement, du marketing et de la promotion, de l?environnement, de la formation, de la sécurité, d?une attention aux petites et moyennes entreprises.

Au niveau du ministère du Tourisme, on insiste sur les stratégies qui visent à l?amélioration de tous les facteurs liés au tourisme, dont les services de périphérie. Le ministère et les organismes parapublics ont entrepris plusieurs activités afin de promouvoir divers facteurs ayant un impact potentiel sur la destination mauricienne. L?installation de bouées d?amarrage, l?instauration de limites de vitesse au sein des lagons ainsi que des changements prévus par rapport à l?octroi des licences font partie de la stratégie du ministère.

Lors d?un séminaire de l?AHRIM le 24 janvier dernier, Xavier-Luc Duval avait mis l?accent sur l?attention aux services de périphérie. «La seule façon d?assurer le développement durable d?une destination de qualité est d?investir de manière continue dans l?amélioration du produit», affirmait-il.

Le ministre du Tourisme a aussi expliqué que l?une des façons d?atteindre le taux de croissance visé est «de mieux remplir notre saison basse». Il a aussi insisté sur la création d?établissements de luxe. «Nous n?allons pas compromettre sur la qualité. Il n?est pas question de nivellement par le bas», a soutenu Xavier-Luc Duval en ajoutant que «nous avons besoin de la construction de plusieurs icônes ? d?hôtels d?une beauté et d?un confort exceptionnels ? qui de leur présence sur nos côtes vont aider à perpétuer la réputation de Maurice en tant qu?une destination qui aspire au plus haut niveau de qualité». L?objectif est donc d?avoir de la qualité à foison. Une alchimie qui ne demande qu?à être prouvée.

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