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Un métal très ?nickel?

14 décembre 2003, 20:00

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?C?est nickel?, dit la ménagère exhibant son parquet bien astiqué. Ce critère de netteté est né du brillant acquis par une pièce de nickel polie. Elle demande du travail mais il en est autrement quand on parle de pieds nickelés car l?expression veut dire paresseux. Elle est issue de ?aniclé?, c?est-à-dire noué.

Le nickel est un métal que l?on associe au fer. Les deux sont attirés par un aimant. Comme le trio est plus valable que la paire, nos deux compères se liguent avec un troisième élément, le cobalt.

Les derniers deviennent parfois les premiers. Aussi accordons la priorité à ce troisième. Son nom le rend un peu suspect car il est issu de l?Allemand pour génie malfaisant. L?étiquette péjorative vient des vapeurs nocives émanant d?un minerai de cobalt grillé.

Mais on peut traire du bon d?un pis. Surtout quand il n?est pas vraiment mauvais. Ce métal peut donc rayonner quand il adopte une de ses formes dites cobalt 60. Le médecin l?utilise pour guérir des cancers ; l?ingénieur apprécie son pouvoir pénétrant qui permet de déceler des défauts dans des métaux ; l?industrie alimentaire s?en sert pour mitrailler des microbes...

D?autres formes de cobalt se laissent marier au fer pour des pièces très résistantes allant aux moteurs d?avions. Par ailleurs ce même métal lié à deux autres amants devient un puissant aimant. Le nom «alnico» ne vous suggère peut-être rien mais le chimiste y reconnaît les symboles pour aluminium, nickel et cobalt. Auriez-vous trouvé plus simple pour leur alliage ?

Bleu céleste et rose bonbon sont des couleurs qui plaisent. Le cobalt les exhibe. Du papier imprégné de ses sels fait des pétales de fleurs artificielles qui interrogent la nature sur le degré d?humidité. Ces parties florales sont roses par temps humide, bleues par temps très sec et adoptent une teinte intermédiaire entre les extrêmes. Le rose d?une solution de cobalt peut être si pâle que le liquide sert d?encre invisible. Le message apparaît à chauffer. Des espions du lointain passé s?en servaient.

Du verre et des vitamines

Le bleu du cobalt peut être presque violent. Les fils du Céleste Empire l?employaient pour les images de leurs faïences. Et des récipients de verre d?un bleu profond sont connus depuis l?antiquité. Le métal ne contribue pas seulement à la verrerie mais nous garde aussi verts car il fait partie de la molécule de vitamine B12, essentielle à petites doses.

Après cet hommage à une teinte céleste, on peut se tourner vers le nickel dont le nom fleure les oeuvres sataniques. En anglais d?ailleurs ?Old Nick? se réfère au diable. Nickel vient de ?kupfernickel? nom du minerai qui associe cuivre au nom d?un génie malfaisant. On trouve le minerai surtout au Canada et en Nouvelle Calédonie. Le métal est aussi présent loin sous la surface comme complice du fer au c?ur même de la Terre. Mais l?y aller chercher est mission impossible.

Pour faire la nique à l?origine de son nom, le nickel est essentiel à la vie, bien que causant parfois des allergies. De plus, il abonde dans des usages industriels et un auteur riche d?enthousiasme dit qu?il pourrait citer 300 000 usages du métal. Mais comme les politiciens qui promettent des révélations fracassantes et n?accouchent même pas de la traditionnelle souris, on attend la longue liste.

Le curieux connaît toutefois quelques emplois. A l?état pur, le métal sert à usiner certains objets, comme les spatules de labo ayant cours au temps de nos jeunes années. Sous forme de poudre, il sert de catalyseur aidant à fabriquer de la margarine à partir de diverses huiles. Des batteries d?automobiles, moins lourdes que celles au plomb mais pesant plus sur le budget, lui doivent aussi leur existence. Elles vont de pair avec les piles sèches rechargeables associant le cadmium au nickel. Mais l?avenir va voir le diablotin faire la nique à son vieil allié car il va le délaisser pour de l?hydrogène plus fringant.

Un partenaire particulier

Le nickel est surtout apprécié comme partenaire pour divers alliages. L?inox, par exemple, qui fait des fourchettes. Mais il s?insinue aussi chez les sportifs, par exemple dans des patins pour hockey sur glace ou des clubs de golf.

Avec un nom issu de démon, le nickel aime naturellement la chaleur. Il s?allie donc au chrome pour des éléments chauffants, comme ceux du grille-pain. Mais le métal maîtrise aussi les effets de la température. Avec l?acier il fait donc l?invar, inspiré d?invariable, qui ne se dilate pas à chauffer.

Malicieux comme le Malin, le nickel contribue à des faux. Du faux argent pour des couverts en maillechort, dit argent anglais, et, pire, du vrai faux argent quand il s?agit de pièces de monnaie. Antan la roupie, par exemple, était vraiment d?argent. Mais ici et ailleurs, les autorités ont remplacé ce métal par un ersatz de cuivre et de nickel. Ont-elles été inspirées par ?Old Nick? ?

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