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Un jugement sans grandes implications

6 février 2004, 20:00

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« La question du critère religieux est davantage une question de principe que quelque chose qui a une grande implication dans la pratique », dit un observateur averti. Selon les chiffres du Bureau d?éducation catholique (BEC) qui s?occupe de l?admission des 50 % de places réservées dans les 12 collèges catholiques, le verdict du Privy Council ne concerne qu?une centaine d?élèves par an.

Ainsi, pour l?admission 2004, sur les 746 places réservées du BEC, « une soixantaine » d?étudiants auraient dû entrer en Form I dans un collège catholique selon le strict critère d?appartenance religieuse si le Privy Council ne l?avait pas décrété illégal. Contrairement à ce que prétendent certains, ce chiffre est donc loin de bouleverser le paysage éducatif mauricien.

Dans leur jugement, les Law Lords du Privy Council ne remettent nullement en cause les 50 % de places réservées de l?Eglise. C?est uniquement le critère religieux qui est considéré comme illégal confirmant ainsi le verdict de la Cour suprême de novembre 2002.

Avant le jugement, l?Eglise utilisait des critères « ayant trait à la spécificité des collèges catholiques » sans plus de précision. Parmi ces critères, on retrouvait celle qui a trait à « la liberté d?admettre, entre autres, des élèves qui partagent la foi en Jésus-Christ et les valeurs de l?Evangile ». Cependant, dans la pratique, le nombre d?élèves admis sous ce critère a rarement dépassé le chiffre 100.

Avec le jugement du Privy Council, seuls trois critères ont été utilisés, à savoir l?aggregate, les enfants du personnel et les hardship cases-low achievers. Pour l?admission 2004, 576 enfants ont été admis grâce à leurs résultats au CPE et 70 autres parce que leurs parents font partie du personnel. En ce qui concerne les hardship cases, une trentaine de cas ont été identifiés par chaque recteur à partir de données fournies par les maîtres d?école. Les low achievers, dont l?aggregate est de 8 à 14, étaient 70. Cette formule ne sera toutefois appliquée que pour 2004, le temps de chercher un critère pour remplacer celui ayant trait à la religion.

Ces chiffres changaient d?année en année car le BEC tenait compte du nombre de catholiques admis sur la computer list du gouvernement. Le but de l?exercice était d?arriver à un équilibre de 50 % de catholiques pour l?ensemble des places dans les collèges catholiques. Donc, plus il y avait des catholiques sur la computer list, moins il y en avait d?admis sur le seul critère religieux.

Reste à savoir comment les autorités catholiques vont le remplacer. Le gouvernement propose de recruter les meilleurs élèves des Zones d?éducation prioritaires (ZEP). Après le jugement de la Cour suprême en novembre 2002, le ministère de l?Education avait fait une proposition similaire. Il proposait, au lieu du critère religieux, de recruter des étudiants des ZEP ou d?écoles ayant moins de 50 % de réussite au CPE sur la base des résultats. Ces écoles sont au nombre de 71.

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