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Un investisseur étranger raconte son exaspération des travers locaux
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Un investisseur étranger raconte son exaspération des travers locaux
Il prend l?avion pour quitter Maurice «à jamais». Pourquoi tant de hargne ? Tout simplement parce que ce Français, âgé de 50 ans, originaire de Paris, a eu son lot de mauvaises expériences dans le pays. Cet investisseur s?était lancé dans une entreprise de business process outsourcing (BPO).
Pourtant, Yvon (prénom fictif), vit à Maurice depuis trois ans. Est-ce la lenteur administrative qui a eu raison de sa patience ? Non. «Au niveau de la bureaucratie et pour les permis et tout, cela s?est bien passé», lâche-t-il. D?ailleurs, il l?affirme lui-même, Maurice fait donc honneur à sa réputation de «business friendly». Ce qui le gêne, ou plutôt ceux qui le gênent, ce sont les gens, la mentalité des mauriciens et «leur incompétence».
Dés son arrivée, Yvon se heurte à un Mauricien (homme d?affaires très connu) sans scrupule. Ce dernier devient son partenaire dans la société de BPO et il investit aussi dans un magasin de chaussures du Mauricien. Mais lorsqu?il réalise qu?il s?est fait arnaquer, Yvon demande des comptes à l?homme d?affaires mauricien.
Ce dernier accepte de lui rembourser les 30 000 euros que le Français avait investi dans le BPO. Mais les choses ne se passeront pas de la même façon pour les 100 000 euros investis dans le magasin de chaussures : l?homme d?affaires lui fait comprendre qu?il n?a pas les moyens de le rembourser.
Compte vide
Yvon poursuit donc son ancien partenaire et ce dernier accepte de le rembourser. Mais trois ans après, l?homme d?affaires lui doit toujours Rs 1,2 million.
Yvon a pour preuve un chèque - qu?il nous montre - qu?il a présenté à la banque à trois reprises, sans succès. Le compte en banque de l?homme d?affaires Mauricien est vide.
Yvon persévère quand même. Il crée sa propre société à Quatre-Bornes. Fort heureusement, l?entreprise marche bien.
Le reste de son histoire est fait de petites misères auxquelles nous autres Mauriciens, nous nous accommodons. «Un de mes plus gros clients était en vacances à Maurice et je l?ai invité à dîner chez moi. Alors que je lui fait visiter la maison, le sac de son épouse qui était dans le jardin, a disparu. J?ai eu honte mais plus que cela, j?ai perdu mon plus gros client», raconte-t-il.
Mortalité élevée
Autre grief : les absences répétées de ses employés. Hier matin, alors qu?il s?enquiert de l?absence d?une de ses employés, «on me dit qu?elle ne vient pas travailler parce qu?elle a une prière chez elle.»
«Je suis impressionné par le taux de mortalité dans les familles de mes employés. Il y a toujours des absents parce que quelqu?un meurt chaque jour chez mes employés», lâche-t-il, amer. Et les lundis n?y font pas exception.
«Quand je mets des avis pour recruter, je demande des personnes avec de l?expérience. Mais je me retrouve toujours à interviewer des jardiniers, des serveuses et autres qui ne sont absolument pas qualifiés, même s?ils sont pleins de bonne volonté.»
Tant de petits inconvénients finissent par exaspérer Yvon. La paresse des uns, le manque de rigueur des autres (des plombiers qui acceptent un travail et qui ne viennent jamais, des bonnes qui refusent de travailler) s?ajoutent à un incident qui date de quelque mois.
La fille d?Yvon, âgée de 6 ans, vient lui rendre visite . «Elle a égaré son billet d?avion électronique - c?est normal, c?est une enfant. Mais les officiers de l?immigration l?ont gardée pendant plus d?une heure !» s?insurge-t-il.
La goutte d?eau qui fait déborder le vase sont ses déboires administratifs avec une banque. «Je me tire, j?en ai marre !» lâche le Français sans équivoque.
Le visage anxieux de son fils, qui l?écoute râler, laisse comprendre qu?il ne partage pas nécessairement son avis. D?ailleurs, une amie du fils précise : «Mais nous, nous aimons votre pays.»
Yvon, lui, ne connaît pas un mot du kreol, lui qui a passé trois ans dans le pays. «Ah oui, il est vrai que je n?ai pas trop fait l?effort», admet-il un peu penaud. Son aventure n?aurait-elle pas marché parce qu?il n?y aurait pas mis du sien aussi ? «Peut-être», répond-il laconiquement.
Quoi qu?il en soit, son fils, lui, se retrousse les manches. Car après de départ de papa, c?est lui qui prendra les rennes de la société.
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