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Un investisseur à la volonté indomptable
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Un investisseur à la volonté indomptable
La Compagnie mauricienne de textile (CMT) a récolté hier les lauriers de la gloire. Elle fêtait ses 18 ans en inaugurant avec faste sa filature ultra-moderne, la plus moderne du monde, tout simplement.
Devant un parterre d?invités ? dont 150 étrangers ? du monde des affaires, de l?industrie, de la finance et de la politique, les dirigeants de la CMT ont rappelé avec fierté et émotion le chemin parcouru.
De ses débuts modestes dans un appartement transformé en atelier de confection en 1986, la CMT est aujourd?hui le plus important groupe textile du pays. ?Vous êtes le capitaine de l?industrie mauricienne?, a déclaré le Premier ministre, Paul Bérenger, avant d?ajouter quelques phrases plus loin que la CMT est ?le porte-drapeau de l?industrie textile?.
Cette success story est essentiellement attribuable à la vision de trois Mauriciens qui, dès le début, ont ambitionné de devenir un des leaders du textile mondial : François Woo, Louis Lai Fat Fur et Marie Claire Woo.
Pour traduire leur vision dans la réalité, le trio gagnant a toujours cru en un seul adage : investir, investir, investir? Avec une volonté ?indomptable?, comme le dit Sushil Khushiram, ministre de l?Industrie.
François Woo le rappelle. Notre vision, nous y avons mis le prix. Au cours de ces 18 dernières années, la CMT a investi plus de Rs 4,5 milliards. Et elle ne veut pas s?arrêter. ?En dépit de tous les dangers qui ont sapé le fondement de notre industrie textile récemment, nous à la CMT, nous allons continuer à nous battre pour qu?elle reste ce qu?elle est même si cela veut dire que nous aurons à continuer à investir des milliards de roupies au cours des prochaines années. C?est l?engagement que nous prenons aujourd?hui envers nos employés.?
Cette foi inébranlable, Louis Lai fat Fur la remet dans son contexte. ?Tandis que l?industrie du textile et de l?habillement à travers le monde se prépare au pire avec l?avènement de géants comme la Chine et l?Inde nous, à la CMT, nous allons, envers et contre tout et avec détermination, réussir à nous forger un avenir brillant.?
Au vu du parcours de la CMT jusqu?ici (voir hors-texte) et des moyens qu?elle continue à se donner, ce ne sont pas des paroles en l?air. A 18 ans, la CMT aborde un autre chapitre de son histoire. La vision est plus grande. Mondiale. ?Nous voulons transformer notre rêve en réalité : devenir le numéro un mondial du textile?, déclare Marie Claire Woo.
La filature inaugurée hier est une pièce maîtresse dans l?évolution future de la CMT vu son importance stratégique vitale. Comme l?a souligné le ministre Sushil Khushiram, une filature apporte de la flexibilité, un meilleur contrôle et une plus grande réactivité par rapport à l?approvisionnement en fil et permet ainsi de réduire les délais de livraison. La rapidité de la livraison est un des deux éléments clés de l?industrie de l?habillement, l?autre étant, bien sûr, le prix.
Mais la technologie et les ressources financières ne suffisent pas pour expliquer le phénomène de la CMT. Il y a aussi un investissement dans le savoir-faire et le développement des ressources humaines qui sont des valeurs de l?entreprise. Les employés, qui étaient à la fête hier, n?ont pas hésité un seul instant à aider à déménager les chaises après la cérémonie officielle. C?est cela... l?esprit de la CMT.
La filature la plus moderne du monde
■ La CMT n?a pas lésiné pour se doter d?une filature, outil industriel vital dans sa stratégie de conquérir le monde. Elle y a investi Rs 1,4 milliard pour obtenir les dernières technologies en la matière. La CMT se vante de posséder la première filature entièrement automatisée au monde. Les dimensions impressionnent : 500 mètres de long, 500 000 pieds carrés de superficie. Les employés se déplacent sur des patins à roulettes. Ce n?est pas pour frimer car ils parcourent jusqu?à 10 km par jour d?un point à l?autre de la filature qui est tout simplement le plus grand bâtiment industriel du pays. Elle est dotée d?une capacité de production de 8 500 tonnes par an. Avec elle, la capacité totale de production de fil en cotton du pays atteint 18 500 tonnes, soit un tiers des besoins du pays, indique Sushil Khushiram.
Une entreprise en expansion continue
■ Née en 1986 dans un petit atelier à St-Pierre avec une trentaine d?employés, la CMT est le plus important groupe de textile-habillement du pays en termes de rentabilité. Avec Rs 700m de bénéfices en 2003, elle s?est hissée à la troisième place des 100 plus importantes entreprises du pays. Le groupe compte faire encore mieux cette année. Elle annonce une croissance de 30 % de son chiffre d?affaires et de 40 % de ses bénéfices. Elle devrait terminer 2004 avec des profits d?environ Rs 1 milliard.
Au niveau de la production, les chiffres sont aussi éloquents. Avec six usines et 5 500 employés, la CMT produit 60 millions de pièces de vêtements par an. Elle vient d?annoncer un projet d?expansion au coût de Rs 500 millions et le recrutement de 1 500 travailleurs additionnels. Avec cela, le groupe pourra produire 12 millions de vêtements de plus par an.
La CMT voit grand. Elle compte créer d?une unité intégrée de production en Chine à l?horizon 2006 au coût de Rs 1,5 milliard. Cela lui permettra de produire de 18 millions de vêtements par an. Au total, la CMT produira 30 millions de vêtements de plus par an, soit 90 millions en 2006. Le groupe se positionne ainsi pour devenir l?un des géants mondiaux du textile.
L?investissement massif et soutenu est une marque de fabrique de la CMT et ce qui explique son succès. Elle s?est installée dans un cercle vertueux : les investissements rapportent des bénéfices qui permettent d?investir davantage. Louis Lai fat Fur, le directeur financier du groupe, a d?ailleurs insisté que la CMT a toujours réinjecté les bénéfices dans l?entreprise.Contrairement à d?autres, aurait-il pu ajouter. ?La performance de la CMT année après année est un brillant exemple d?excellence en gestion pour les autres entreprises mauriciennes qui doivent affronter les dures réalités de la libéralisation du marché mondial?, déclare Sushil Khushiram.
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