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Un fonds pour la conservation

24 janvier 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le projet de la Mauritius Wildlife Foundation (MWF) pour conserver le gros cateau vert, un des perroquets les plus rares du monde, peut-être qualifié de succès retentissant. En effet, la population de cette espèce, qui ne comptait que huit individus en 1986, s?élève maintenant à 96 perroquets. Cet exploit de la MWF a été rendu possible par l?assistance financier du Fonds pour l?environnement mondial (FEM), qui a contribué à hauteur de Rs1, 3 million à travers son Small Grants Programme (SGP).

A Maurice, 52 projets bénéficient de l?aide du SGP, qui a apporté plus de Rs 10 milliards pour encourager la conservation de l?environnement dans les petits Etats insulaires en développement (PEID), au fil des treize dernières années. Ces projets concernent des enjeux aussi divers que les changements climatiques, la protection des eaux, du sol et de la biodiversité.

Le SGP a été lancé à Maurice en 1995 pour ?accroître la capacité des communautés locales à conserver la biodiversité?, entre autres. Comme l?explique la coordinatrice nationale du SGP, Pamela Bapoo-Dundoo, le programme cherche ?à assister des organisations non-gouvernementales (ONG) qui ont des capacités très faibles? à la hauteur de Rs 1,4 million. ?Beaucoup de jeunes sont de plus en plus conscients de l?importance et la fragilité de l?environnement mais sont mal encadrés?, explique-t-elle. Le SGP espère remédier à cette lacune en finançant des ONG afin que ces dernières puissent renforcer leurs capacités. L?assistance du SGP ne se limite cependant pas au financement. Ceux qui reçoivent des dons peuvent aussi s?attendre à être conseillés sur la meilleure façon de les maximiser. Alors que le SGP demande des rapports intérimaires et finaux sur les projets, la flexibilité reste primordiale.

Pamela Bapoo-Dundoo affirme que les répercussions de ces initiatives peuvent dépasser le ?grassroots level?. ?Nous avons des projets qui ont contribué à un changement de stratégie politique.? Elle cite notamment Shoals Rodrigues qui a vu quatre de ses cinq propositions pour des réserves marines adoptées par l?Assemblée régionale. D?autres projets ont même réussi à générer des revenus pour des jeunes. Friends of Wildlife, par exemple, a été payé pour réhabiliter une carrière de roches.

Le chief executive officer et président du FEM, Leonard Good, qui a assisté récemment à la Réunion internationale de Maurice sur les petits Etats insulaires en développement (PEID) se dit très impressionné par le travail accompli par le SGP à Maurice. Il souligne que les PEID occupent une place de plus en importante dans les considérations de son organisation et dans celles des conventions internationales.

?Les PEID devraient réaliser qu?au niveau des conventions internationales, beaucoup de choses sont faites pour eux. Par exemple, la Convention pour la diversité biologique a mis sur pied un programme pour la protection de la diversité des îles qui répond directement aux problèmes auxquels font face les PEID. Si les PEID peuvent devenir un groupe plus cohérent, ils auront droit à une plus grosse part du budget du FEM?, précise-t-il. Selon ce dernier, le SGP constitue seulement 8 % du budget total de Rs 84 milliards mais les 225 projets dans 40 PEID représentent 90 % de la visibilité du FEM.

De son côté, le coordinateur exécutif du FEM, Frank Pinto, estime que la mobilisation des ressources humaines pourrait être plus problématique que la collecte de fonds. ?Leonard Good a dit qu?il veut allouer plus de fonds au PEID mais certaines de ces îles ont des populations de moins de 30 000 personnes. C?est cela le vrai défi car sans ressources humaines, il ne peut y avoir de solutions.?

Les premières dix années d?existence du SGP ont été productives et Pamela Bapoo-Dundoo espère que les dix prochaines le seront encore plus. Elle prévoit plusieurs activités et expositions pour célébrer l?événement. Comme elle l?explique, elle doit aller vers les gens pour les encourager et son contrat précise qu?elle doit passer 30 % de son temps sur le terrain.

Des cateaux verts relâchés

D?après le directeur de la conservation de la faune de la MWF, Vikash Tatayah, le SGP peut permettre aux personnes ?sérieuses? de réaliser leurs projets. Les premiers lâchers de gros cateaux verts ont été rendus possibles grâce au soutien du SGP, qui a financé la volière, les salaires des employés et l?achat de véhicules. Le SGP a également contribué à deux projets de la MWF, notamment la restauration d?une partie de la forêt du Parc national des Gorges de la Rivière-Noire et à l?installation d?une ?superfence? pour empêcher l?entrée de pestes dans certains endroits.

?Les gens du SGP ont toujours étés là pour nous aider. Ils visitent les sites et sont flexibles. Si des jeunes ont des projets et s?ils peuvent répondre aux critères, je leur conseille vivement d?aller voir le SGP?, avise-t-il. On pourrait dire, sans trop de risque, que 96 oiseaux partagent son opinion. Les ONG et citoyens peuvent trouver des formulaires de demande au bureau du Programme des Nations unies pour le développement à Port-Louis.

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