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Casinos de Maurice
L’inquiétude grandit chez les employés devant leur avenir incertain
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Casinos de Maurice
L’inquiétude grandit chez les employés devant leur avenir incertain
La Casino Employees Union a dénoncé hier, à Curepipe, le manque de communication sur la privatisation des casinos et réclamé des garanties pour les quelque 600 employés. © Rishi Etwaroo
L’incertitude continue de planer sur l’avenir des employés des casinos placés sous la responsabilité de la State Investment Corporation (SIC). Entre rumeurs de fermeture, restructuration, redéploiement du personnel ou vente éventuelle de certains établissements, les syndicats dénoncent un manque de communication officielle qui alimente les inquiétudes des travailleurs.
À moins de deux semaines de la clôture de l’appel d’offres pour la privatisation des casinos relevant de la SIC, les inquiétudes ne faiblissent pas chez les employés. Réunie jeudi à Lakepoint, à Curepipe, la Casino Employees Union (CEU) a exprimé ses craintes quant à l’avenir des quelque 600 travailleurs du secteur, dénonçant un manque de transparence et l’absence de dialogue avec les syndicats. «La situation ne s’est pas améliorée, elle a même dégénéré. Aujourd’hui, 600 emplois sont en jeu», a déclaré le président de la CEU, Jayen Mooghen.
Opposé de longue date au projet de privatisation, le syndicat affirme néanmoins espérer qu’un éventuel acquéreur sera en mesure de préserver les emplois. Selon Jayen Mooghen, les difficultés actuelles ne découlent pas du travail des employés, mais de la gestion de l’entreprise. Il rappelle que les casinos étaient autrefois rentables et contribuaient de manière importante aux recettes de l’État. Il regrette que la demande syndicale visant à confier la direction à des professionnels n’ait jamais abouti.
Le syndicat s’interroge aussi sur certaines décisions du management, notamment des promotions accordées alors que l’entreprise est présentée comme déficitaire. Il évoque également des transferts de personnel «difficiles à justifier» et des dépenses de transport qu’il estime «incompatibles» avec la situation financière décrite par la direction. La CEU affirme avoir reçu des informations sur une possible fermeture du Casino de Grand-Baie (voir encadré). Si cette hypothèse se confirmait, elle estime qu’une relocalisation des activités devrait être envisagée afin de préserver les emplois.
«Des questions sans réponse»
Le négociateur Ashvin Gudday a, lui aussi, dénoncé le manque de communication entre la direction et les représentants des salariés. Selon lui, les travailleurs ignorent ce que leur réserve l’avenir. «Les travailleurs sont dans le flou. Personne ne sait où nous allons.» Il affirme que plusieurs questions demeurent sans réponse, notamment les conditions de travail, les transferts de personnel et le renouvellement de la convention collective. Il critique également des promotions qui auraient été accordées sans consultation préalable des syndicats. Face à cette situation, la CEU prévoit des mouvements de pression les 17 et 24 août ainsi qu’une consultation des employés pour déterminer la marche à suivre.
Le négociateur Sharvin Sunassee estime, pour sa part, que les syndicats ont été tenus à l’écart du processus de privatisation. Les représentants des travailleurs ont découvert la date limite de l’appel d’offres en consultant les documents publiés sur internet. «Il n’y a eu aucune consultation des travailleurs ni des syndicats. C’est un manque de respect», a-t-il soutenu. Le syndicat indique avoir écrit au Premier ministre pour solliciter une rencontre. Il demande également la mise en place d’un comité d’enquête indépendant chargé d’examiner la gestion de l’entreprise et les décisions qui ont conduit à la situation actuelle.
La CEU appelle aussi à faire la lumière sur certaines promotions récentes et évoque le cas de huit anciens employés licenciés, il y a deux ans, dont les dossiers seraient toujours en attente d’une issue. Si aucune avancée n’intervient après le 15 août, date de clôture de l’appel d’offres, le syndicat prévient qu’il lancera une série d’actions syndicales à compter du 17 août. «Nous espérons que le dialogue reprendra. Mais si les travailleurs n’ont plus d’autre choix, nous serons là pour défendre leurs droits», ont conclu les représentants de la CEU.
La CTSP réclame des clarifications sur l’avenir des employés
Au Casino de Grand-Baie, affilié à la Confédération des travailleurs du secteur public et privé (CTSP), les employés disent avant tout vouloir être fixés sur leur avenir. Selon le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, aucune information officielle n’a, à ce stade, été transmise aux représentants syndicaux. «Nous avons tenu une réunion et constaté que toutes les informations qui circulent sur une éventuelle fermeture, des transferts ou la vente du casino restent officieuses. La SIC n’a adressé aucun document officiel au syndicat.»
Pour le syndicaliste, si des changements devaient intervenir, ils devraient impérativement s’inscrire dans le cadre des procédures prévues par la loi. «Il faut d’abord engager des consultations. Ensuite, les parties peuvent discuter d’un compromis ou d’un éventuel redéploiement. C’est la démarche qui doit être suivie.» Au-delà des rumeurs, Reeaz Chuttoo estime que c’est surtout le manque de dialogue qui nourrit le malaise au sein du personnel. «Les travailleurs n’acceptent pas cette façon de procéder. Certains évoquent même la possibilité d’entamer une grève de la faim», indique-t-il, tout en réaffirmant son attachement à une résolution du dossier dans le respect des dispositions légales.
Le président de la CTSP évoque également des difficultés opérationnelles au Casino de Grand-Baie, qui, selon lui, fermerait parfois ses portes plus tôt que prévu. «Certains soirs, le casino ferme vers 23 heures alors que des clients continuent d’arriver. On nous parle de problèmes de liquidités. Nous avons l’impression d’assister à une fermeture progressive. Si telle est l’intention, il faut ouvrir des discussions avec les représentants des travailleurs.» Reeaz Chuttoo rappelle enfin que la «Workers’ Rights Act» prévoit des obligations de consultation avant toute fermeture ou restructuration. Il estime qu’un dialogue formel entre la SIC et les syndicats est indispensable afin de dissiper les incertitudes et de permettre aux employés d’être informés de l’avenir de leurs emplois.
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