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Un deuxième homme de loi inculpé de ?trafic d?influence?

20 septembre 2004, 20:00

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La profession légale est dans une mauvaise passe. Après l?avoué Afzal Agowan, c?est au tour de son confrère, Iqbal Dauhoo, d?être interpellé et arrêté par la police dans le cadre de l?enquête de l?Independent Commission against Corruption (Icac) sur les pratiques de la vente à la barre.

Il a fourni une caution de Rs 10 000 et signé une reconnaissance de dettes de Rs 25 000. A la sortie du tribunal, son avocat, Me Jacques Panglose, a soutenu que ?ce ne sont que pures fabulations, manipulations et mensonges. La vérité triomphera?. Une plainte au civil contre le dénonciateur, Brijmohun Goolzar, est envisagée.

L?avoué Dauhoo a comparu hier après-midi devant le magistrat Raj Seebaluck, au tribunal de troisième division de Port-Louis. Il est provisoirement accusé de trafic d?influence.

<B>Déposition à l?Icac</B>

L?acte d?accusation fait état d?une somme de Rs 20 000 que Brijmohun Goolzar lui aurait remise, laquelle était destinée à certains officiers de la Cour suprême. Ces derniers auraient empoché cet argent pour user de leur influence et empêcher la re-vente d?un terrain saisi qui appartenait au couple Sewnarain Goolzar.

A l?audience, le sergent Seeruthun, représentant la poursuite, n?a pas objecté à la remise en liberté sous caution de l?avoué Dauhoo. Toutefois, ce dernier a été interdit de quitter le pays.

Me Panglose, assisté de Me Raouf Jaddoo, a, par voie de motion, demandé au Directeur des Poursuites publiques (DPP) d?engager au plus tôt le main case contre son client. Il a demandé au DPP de déclaré ses intentions dans les meilleurs délais. Cette motion sera débattue le 28 octobre.

Egalement présents en cour pour soutenir leur confrère, Me Ayesha Jeewah, secrétaire de la Law Society ainsi que Me Zahredin Jaunbaccus.

Iqbal Dauhoo est rentré de Rodrigues hier, à 11 h 15. Il se rend ensuite au quartier général de l?Icac pour une déposition en compagnie de son avocat, Me Panglose. Cette démarche dure un peu moins de deux heures. Puis, il se rend au tribunal de Port-Louis.

L?attente est longue avant de comparaître devant un magistrat. Il reste serein et discute joyeusement avec ses hommes de loi et avec ceux venus le soutenir. Mais, malgré sa bonne humeur, il ne souhaite faire aucun commentaire à la presse.

Me Dauhoo a fait l?objet de plusieurs allégations devant la commission d?enquête. Il lui a été reproché d?avoir pris de fortes sommes d?argent pour le renvoi de certains procès devant le Master and Registrar, ou encore pour initier certaines procédures en vue d?empêcher que des biens ne soient vendus à la barre. Les témoins protestent que, malgré leurs paiements, leurs démarches auprès de l?avoué sont restées vaines.

<B>Allégations réfutées</B>

L?ensemble de la profession est visiblement très irritée par cette avalanche d?allégations devant la commission d?enquête. La confusion ressentie par les avoués a fait l?objet de longues discussions, hier, lors de la réunion de la Law Society.

?Nous sommes contre les procédures de la commission d?enquête?, assure le président le la Law Society, Narain Appajalah. ?Le fait que nous ne pouvons contre-interroger les témoins nous cause d?énormes préjudices. Il est inacceptable de laisser les témoins faire des allégations à tort et à travers sans que nous puissions nous défendre assez rapidement. Nous n?avons pas un fair hearing devant la commission d?enquête.?

Ainsi, les avoués comptent demander une nouvelle fois à Sir Victor Glover et ses assesseurs de les laisser contre-interroger les témoins. En cas de refus, Narain Appajalah envisage d?autres actions : ?Nous considérons l?introduction d?une injonction en cour pour amener la commission d?enquête à revoir ses procédures afin que nous ayons un fair hearing. Il y va de notre intégrité professionnelle et de notre réputation. Nous allons réagir vigoureusement.?

Il cite l?exemple d?un témoin, Christian Tonta, qui avait fait des allégations devant la commission contre Ayesha Jeewah : ?Elle était présente et a pu réfuter les allégations. Elle a pu démontrer que ce témoin cachait certains éléments à la commission.?

Harish Boodhoo conteste cette décision des avoués : ?S?ils veulent contre-interroger, c?est qu?ils contestent la version des témoins. Que la commission d?enquête examine leurs comptes bancaires.?

Entre-temps, les travaux de la commission se poursuivent ce matin. Jusqu?à présent, celle-ci n?a référé à la police que deux cas d?abus contre les avoués. Environ soixante autres témoins doivent faire part de leurs doléances avant la fin de ces travaux.

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