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Un ambassadeur de saveurs mauriciennes

22 août 2005, 00:00

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Herbert Carver aurait de quoi pavoiser. Son entrée, il y a une vingtaine d?années, au Méridien Paradis (où il reste une décennie) et sa rencontre avec Françoise (agent commercial d?Air France qu?il épouse), lui ont ouvert les portes des hôtels du groupe Le Méridien. Mais ce n?est pas dans le tempérament de l?homme qui a su rester simple.

Il obtient son brevet de technicien supérieur en hôtellerie à Paris. Puis, au cours de sa carrière, il a notamment agi comme directeur de la restauration au Méridien de la Guadeloupe, a été directeur de la restauration dans celui du Sénégal, a aidé à mettre en place le concept de cette chaîne de luxe en Ouzbékistan, a agi comme directeur des opérations régionales dans les hôtels du groupe au Maghreb? Son poste le plus prestigieux étant au Prince Rainier Beach Plaza Hotel, à Monte Carlo.

Puis, son père meurt. Herbert Carver prend conscience que ses enfants ont besoin de lui. Fort de l?expérience acquise dans le groupe Le Méridien, il rachète un restaurant à Escalquens, dans la région de la ville française Toulouse. Il transforme l?établissement en lieu de gastronomie mauricienne qu?il baptise Le Jardin Pamplemousses, en hommage à Pierre Poivre, intendant français qui est à la base de la création de ce jardin botanique à Maurice.

Herbert Carver veut que le décor rappelle le pays : il accroche aux murs des tableaux de peintres locaux et dispose ça et là des maquettes de bateaux fabriquées à Maurice. Et pour offrir à sa clientèle les saveurs locales, il revient au pays trois fois l?an s?approvisionner en épices.

Sa première année d?opération est laborieuse malgré qu?il ait débauché Christophe Martel, un des meilleurs chefs du groupe Le Méridien, et utilisé des produits de la région ? canard, saucisse, ? cuisinés en rougaille, vindaye ou curry. Mais il persévère et les professionnels de l?aéronautique et de l?industrie pharmaceutique finissent par apprécier Le Jardin Pamplemousses. Herbert Carver soigne ses clients : il célèbre leurs anniversaires, les fêtes de fin d?année et autres célébrations importantes, dont l?indépendance de Maurice, avec des cadeaux (paréos, t-shirts, porte-clés, sacs en raphia ou boîtes à épices). Le séga anime les soirées du vendredi.

Au bout de la deuxième année d?exploitation, Herbert Carver est en mesure d?agrandir son restaurant. Il passe de 20 à 80 couverts. Il modifie sa carte deux fois l?an, en conservant toutefois les plats favoris que sont la rougaille de gambas ou de saucisses de Toulouse, et le curry de poulet. Il vient aussi d?embaucher un chef mauricien, Ramanath Choolhun, ainsi que Jean-François Richard, son neveu, issu de l?école hôtelière de Toulouse. Les trois hommes veulent être créatifs et populariser notamment le requin en vindaye, préparé au lait de coco.

Telle une bonne mayonnaise, le concept de l?entreprise a pris. Herbert Carver a fait l?objet de plusieurs articles de presse régionale, dont le dernier dans La Dépêche du Midi du 28 juillet. Il est maintenant satisfait, et passe d?agréables moments en famille.

Il ne nourrit désormais plus qu?un rêve : essaimer le concept Le Jardin Pamplemousses dans d?autres pays. Concept qu?il vendrait à ceux que la chose intéresse. C?est tout le mal qu?on peut lui souhaiter?

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