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Un accord de partage du pouvoir signé aux Comores

21 décembre 2003, 20:00

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LORS d?un sommet organisé par l?Afrique du Sud, Madagascar et l?île Maurice, les dirigeants des Comores ont signé un accord de partage du pouvoir destiné à mettre fin à la crise politique perpétuant l?instabilité sur cet archipel de l?océan Indien, ont indiqué des responsables. ?L?accord sur les arrangements provisoires aux Comores a été signé par toutes les parties comoriennes et par des membres de la communauté internationale?, a déclaré samedi soir aux journalistes le président sud-africain Thabo Mbeki, au début de la cérémonie organisée pour la signature.

L?accord signé lors de ce sommet d?une journée prévoit la tenue en avril 2004 d?élections législatives à la fois pour l?Union des Comores et pour chacune des îles qui la composent. Les Comores, majoritairement peuplée de musulmans, sont situées au large de la côte Est de l?Afrique, entre le Mozambique et Madagascar. Elles ont connu plus de 20 coups d?Etat et tentatives de putsch depuis leur indépendance de la France, en 1975.

Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ainsi que les pays créditeurs de l?archipel, ont promis de reprendre leur aide financière après de nouvelles élections législatives. ?Tout le monde a fait des concessions (...). Cela n?a pas été facile de parvenir en un jour à un accord d?une telle portée?, a déclaré à Reuters le président de l?Union des Comores, Azaly Assoumani. L?archipel a adopté en 2001 une nouvelle constitution pour mettre fin à plusieurs décennies d?instabilité politique. Chaque île s?est vu accorder un important degré d?autonomie ainsi qu?un président, sous la supervision du président de l?Union.

Partage des prérogatives

Mais des tensions sont apparues entre Azaly et les présidents des îles de Mohéli, d?Anjouan et de la Grande Comore. Thabo Mbeki, le Premier ministre malgache Jacques Sylla, et le Premier ministre mauricien Paul Bérenger ont rencontré samedi les dirigeants de l?archipel pour tenter de résoudre le différend les opposant sur la question du partage du pouvoir, du budget, de la sécurité et des revenus douaniers et fiscaux, et créer un climat favorable à la tenue d?un scrutin.

L?accord établit les pouvoirs du gouvernement central de l?Union et celui des îles, et instaure une autorité douanière comportant également des experts internationaux, chargée de résoudre les problèmes liés à la perception des taxes et d?assurer une distribution équitable de leur produit. Concernant la sécurité, l?accord confirme la validité d?un texte entériné en août confiant au gouvernement fédéral le contrôle de l?armée tandis que les présidents des îles supervisent la police. Il prévoit aussi le déploiement d?observateurs civils et militaires de l?Union africaine au cours de la période de transition qui précédera les élections.

Mbeki a expliqué en outre à Reuters qu?un comité de suivi constitué de représentants des îles et de la communauté internationale avait été établi afin de garantir l?application de l?accord. Le consensus qui s?était initialement dégagé du texte signé à Pretoria en août avait fait long feu.

En novembre, le président de la Grande Comore, la plus grande île de l?archipel, Mze Abdou Soule Elbak, avait mené une marche de protestation jusqu?aux bureaux du gouvernement fédéral, pour dénoncer ce qu?il a présenté comme des violations des droits de l?Homme. Treize personnes avaient été blessées dans des accrochages liés à cette manifestation.

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