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Un «groupement» revendique l?agression du SP Bhunjun
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Un «groupement» revendique l?agression du SP Bhunjun
par Nicolas ATCHIANE
«Bizin enn dimoun ki pey sa kalite linzistis ki nou pe pase la.» La voix de l?homme qui résonne sur l?enregistrement parvenu au Central Criminal Investigation Department hier matin serait celle d?un membre du Groupement d?intervention des prisonniers mauriciens (GIPM). Et ce groupement, fait-il ressortir, veut faire payer à ceux qui le «méritent» les problèmes que rencontreraient les détenus en prison. Le surintendant des prisons (SP) Hemindralall Bhunjun aurait fait partie de ces «cibles». C?est pour cela qu?il aurait été agressé à l?acide mardi, à Pont-Fer, Ph?nix.
L?officier aurait donc été victime d?un règlement de comptes. Il se serait, en effet, fait des ennemis, notamment en découvrant le stratagème de Roger de Boucherville et en y mettant un terme. Selon les renseignements obtenus par l?express, au niveau du centre pénitentiaire, le SP Hemindralall Bhunjun serait parvenu, à partir de la fouille dans la cellule de ce détenu de 67 ans, le 9 janvier, à «kas bann nik (NdLR : clans de dealers) dan prizon». Une certaine quantité de psychotropes, de semences de gandia, de l?héroïne, ainsi que de l?argent et des cartes SIM avaient été découverts.
Cette mesure, ainsi que l?installation de jammers (appareils servant à brouiller les ondes téléphoniques), en décembre dernier, aurait accru la colère des barons de la drogue, ceux à l?intérieur des prisons étant, dès lors, dans l?incapacité de communiquer avec leurs fournisseurs. «A cause de ces appareils, les barons de la drogue avaient du mal à communiquer avec leur fournisseur, à partir de leur téléphone portable», explique un gardien.
Un obstacle à éliminer
«Certains prisonniers ne pouvaient plus se procurer de l?héroïne. Même certains gardes-chiourmes, soupçonnés de faire passer de la drogue, étaient fouillés dès leur arrivée à la prison», poursuit le garde-chiourme. Le SP Bhunjun était donc devenu un véritable obstacle. Il fallait l?éliminer.
Depuis l?agression dont a été victime ce dernier, les enquêteurs de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) essaient de confirmer ou d?infirmer, après enquête, la plausibilité de cette thèse. Ils se penchent actuellement sur l?enregistrement qu?ils ont reçu hier et qui fait mention d?une bande organisée composée d?ex-détenus et de personnes voulant aider les prisonniers.
«Nou finn fer grupman intervension pou bann prizonie morisien (GIPM). Nu ena kontak en deor prizon ek dan prizon? Zot kone ki kalite bate prizonier gagne? Li vre nou finn fer kouyonad se pou sa ki anvoy nou dan prizon. Me pa anvoy nou laba pou bat nou ek sodomiz nou. Met matrak ar nou. Bizin enn dimun ki paye sa kalite linzistis ki nou pe pase la. Bann ex prizonie ek bann dimoun ki anvi donn koudme. Nou anviron a 35 mamb. Finansierman ousi nou bien for. Nou finn viktim ladrog. Nou finn vir boukou avek baron ladrog. Se bann la ki finans nou», explique l?homme qui s?exprime, sur la bande, sous le couvert de l?anonymat.
Il affirme que l?agression du SP Bhunjun est un règlement de comptes car c?est le chef de la Prison Security Squad. L?agression, dit-il, a été exécutée par des membres du GIPM. Avant de terminer, il a aussi mis en garde le chef de la MCIT, Prem Raddhoa. «Ou kapav fer Raddhoa kone ki dan dis zour, so rapor pou pase ousi?»
Interrogé quant à cette menace, le surintendant Prem Raddhoa a préféré ne pas faire de commentaire. Nous apprenons toutefois qu?un «informateur» était dans les locaux de la Criminal Investigation Division de Curepipe, hier.
Des détenues prennent quatre gardiennes en otages
Une douzaine de détenues de la prison des femmes ont séquestré quatre gardiennes de la prison, jeudi soir. Cette révolte était due au fait que les détenues croyaient qu?il y avait parmi elles une policière affectée au National Security Service en civil, venue les espionner. La prise d?otages a duré une heure avant que la Prison Supporting Squad n?intervienne. Un informateur de l?extérieur a prévenu les détenues que la police était présente dans l?enceinte de la prison, jeudi, en raison de l?enquête sur l?agression du surintendant Bhunjun. Malgré les brouilleurs de portables installés, les prisonnières arrivent toujours à utiliser leurs mobiles, car elles ont réussi à mettre ces brouilleurs hors service.
Des sources à la prison affirment également que beaucoup de ces détenues souffrent de problèmes gynécologiques. Elles cachent leurs portables dans leurs vagins pour éviter qu?ils ne soient confisqués lors des fouilles.
Ces prisonnières, dont des étrangères, ont été transférées au Correctional Youth Centre à Barkly, hier, en attendant qu?une solution à leur sujet soit trouvée.
D. B.
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