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Téléphonie mobile 3e génération : l?attente
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Téléphonie mobile 3e génération : l?attente
Télécharger de la musique, des vidéo ou voir son correspondant en temps réel. C?est possible avec la téléphonie mobile 3e génération, plus connue comme la 3G. Toutefois si le gouvernement veut introduire cette technologie à partir du 1er janvier, ce ne sera possible que si les opérateurs jouent le jeu. Pour l?instant, ils temporisent pour des raisons principalement financières.
L?Information & Communication Technologies Authority (Icta), chargée de mettre en place les paramètres pour l?introduction du service, a rendu public son document de consultation au siège du Media Trust à Port-Louis hier. ?La 3G, c?est logiquement le prochain pas et tout le monde doit collaborer afin que Maurice soit le premier pays à introduire cette technologie?, explique Narayana Parameswaran, directeur exécutif de l?Icta.
Certes, mais du côté des opérateurs, ce n?est pas le grand enthousiasme. La raison : cette technologie cohabite difficilement avec la téléphonie 2e génération (2G), basée sur la norme GSM. La 3G nécessite donc la mise en place d?un réseau parallèle qui va de pair avec un gros investissement. ?Il n?y a aucun doute que Maurice connaisse la 3G, affirme Shyam Roy, directeur exécutif d?Emtel, mais nous allons devoir, pour cela, investir $ 20 à 25 millions (Rs 600 à 750 millions). Ça fait réfléchir.? Au niveau de Cellplus, c?est le même son de cloche.
?L?investissement est énorme et il nous faudra plusieurs études pour voir s?il y a une demande suffisante?, explique Krish Goomany, directeur général de Cellplus. En tout cas et du moins pour le moment, la compagnie continue à rehausser son réseau déjà en place. Une option bien moins chère.
Avant la fin de l?année, Cellplus introduira le General Packet Radio Service, considéré comme étant la 2.5G, qui permet notamment à avoir accès à du contenu Internet. Avec son réseau, Cellplus peut ensuite monter au 2.75G. D?ailleurs elle lorgne déjà du côté du WiMax, une technologie qui émerge actuellement.
Pas de meilleur deal
Pour sa part, l?Icta fait de son mieux pour rendre la 3G séduisante. La grande appréhension des opérateurs concernait les licences. Mais l?autorité a mis du baume au c?ur en évitant la bévue commise par d?autres. En Europe, les licences ont été vendues aux enchères aux opérateurs à la fin des années 90. Résultat : elles ont été achetées à des prix exorbitants, ce qui a de facto torpillé le décollage de la technologie.
C?est seulement maintenant que la 3G décolle sur le vieux continent. Pour exemple, en France c?est maintenant que les opérateurs font leurs premiers pas sur la planète 3G. Le Japon a, lui, utilisé un autre moyen pour vendre les licences et à janvier dernier, il comptait 2.2 millions d?utilisateurs. ?La vente aux enchères a été le principal obstacle à l?envol de la technologie. Nous n?avons pas voulu faire la même erreur qu?en Europe?, assure Krishna Oolun, directeur Ingénierie et licences de l?Icta.
L?autorité régulatrice estime que le 3G tombe sous le coup de la licence déjà détenue par les opérateurs. Pour se lancer dans les services multimédias, les opérateurs ne débourseraient pas plus que d?habitude. Ces derniers n?auraient pas pu obtenir un meilleur deal.
Au niveau de l?allocation des fréquences, l?Icta fait encore une fleur aux opérateurs. La technologie exige, en effet, l?utilisation de fréquences différentes que celles utilisées actuellement. L?Icta propose la fourchette 1 885 à 2 025 Mégahertz, et 2 110 à 2 200 MHz aux opérateurs. Pour la 3G, il faut compter environ 5 MHz par opérateur pour débuter. Cela coûtera annuellement Rs 500 000 pour l?opérateur. Un tarif très abordable.
Outre l?investissement massif, un autre obstacle refroidit les opérateurs. Pour qu?un utilisateur puisse bénéficier des services qu?offre la 3G, il faut un mobile adapté. Or, la majorité des propriétaires de portables à Maurice n?ont pas un portable adapté. ?La 3G supporte un réseau 2G, mais pas vice versa?, explique Krish Goomany. Et à Maurice, les mobiles permettant d?accéder aux services 3G coûtent au bas mot Rs 10 000.
Un géant comme accélérateur
La filiale mauricienne du géant indien, Mahanagar Telephone Nigam Ltd (MTNL), qui compte se lancer dans le fixe et le mobile d?ici la fin de l?année, pourrait cependant changer les données. En basant sa technologie sur la norme Code Division Multiple Access, de base pour la 3G, elle pourrait rapidement et sans gros investissements rehausser son réseau afin d?introduire cette nouvelle technologie chez nous.
Et si MTNL se lance dans le bain, les autres suivront, concurrence oblige. Patience : il faudra encore un peu de temps avant de pouvoir dire : ?Allô, tu me vois sur ton portable ??
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