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Tsunami : des équipements installés pour observer la mer
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Tsunami : des équipements installés pour observer la mer
Les discours sur le tsunami déferlent depuis hier à Grand-Baie. Et ils ne contiennent pas que de bonnes intentions. S?en échappent déjà des actions concrètes. Rodrigues, a indiqué François Schindelé (voir interview ci-dessous), est déjà habilitée à collecter et à disséminer au pays de la région de l?océan Indien toute information relative aux changements dans le niveau de la mer. Des travaux de réhabilitation ont débuté à la station de mesure de Port-Louis et devraient être terminés avant la fin de la semaine.
La transmission aux stations de la région se fera au rythme régulier de dix minutes. Les stations de Maurice et de Rodrigues seront alimentées par une source d?énergie indépendante du réseau électrique traditionnel. Ces travaux sont une étape préliminaire au projet d?installation d?un système d?alerte précoce provisoire. Quinze stations seront remises à niveau et sept autres créées dans la région est de l?océan Indien, aux environs de Sumatra. Le réseau provisoire complet devrait être en place en octobre. Les stations feront ensuite partie intégrante d?un système permanent. Cette réhabilitation coûtera environ Rs 30 millions.
Il ne suffira pas seulement de détecter les tsunamis, mais de pouvoir évaluer la menace qu?ils représentent et organiser l?évacuation. ?C?est un défi important pour beaucoup de pays. Un système d?alerte précoce doit être accompagné d?un système de sensibilisation du public?, explique le secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l?Unesco, le Dr Patricio Bernal. Il cite notamment la nécessité d?isoler les zones à risques, les routes d?évacuation et le besoin pour les hôpitaux de se trouver dans des endroits sûrs. ?Vous ne pouvez pas improviser face à une situation d?urgence.?
Formation des techniciens
La réhabilitation des stations existantes, décidée à la réunion de Paris en mars, a été possible grâce à la coopération des deux centres d?alerte du Pacifique, l?un à Hawaii et l?autre au Japon, qui relayent des données sismologiques au pays de l?océan Indien. De même, le développement du système d?alerte provisoire dépendra de ces instances. Patricio Bernal relève cependant un obstacle de taille. ?La connaissance et la vigilance se perdent en raison de la rareté des tsunamis. Elles doivent être maintenues.? ?Le défi c?est d?offrir suffisamment d?assistance et de d?encadrement aux pays?, renchérit la directrice du International Tsunami Information Centre, Dr Laura Kong.
Si les techniciens des stations de Rodrigues et de Maurice ont été briefés sur l?utilisation élémentaire des équipements, la COI devra décider si une formation plus poussée se fera au niveau national ou régional. ?Si huit pays ont été directement affectés par le tsunami de décembre dernier, la mise en place d?un système d?alerte incombe à tous les Etats. Nous avons déjà un système provisoire de support?, a annoncé le secrétaire exécutif de la COI. ?Nous voulons aussi installer des senseurs d?eau profonde mais ils coûtent plus cher et requièrent davantage d?entretien.?
La prochaine étape, un réseau plus sophistiqué reliant les 27 centres d?alerte de tsunamis nationaux de toute la région, devrait coûter environ Rs 700 millions et être opérationnelle dans les deux prochaines années. ?C?est un investissement très important au niveau national en termes de ressources financières et humaines. Maurice doit avoir un centre d?alerte national de tsunamis?, souligne le Dr Patricio Bernal. La réunion internationale fera donc appel aux pays développés, tels le Japon et la Finlande, pour contribuer des fonds et des équipements à cet effet lors d?un forum spécial demain. Il sera présidé par le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan.
Nicholas RAINER
FRANÇOIS SCHINDELÉ, PRÉSIDENT DU GROUPE DE COORDINATION DE SYSTÈME D?ALERTE DES TSUNAMIS DU PACIFIQUE
?Les gens doivent savoir qu?à Maurice ils sont à l?abri à 200 ou 300 mètres à l?intérieur?
● La station de mesure du niveau de la mer de Port-Louis est réhabilitée pour faire partie du système d?alerte précoce des tsunamis. Qu?est-ce que cela comprend ?
Tous les équipements vont être modifiés pour pouvoir faire, par exemple, des transmissions par satellite et des périodes d?échantillonnage rapide. C?est ce qui a été fait à Rodrigues. Pour Port-Louis, cela prendra environ deux jours.
● D?où viennent les finances pour ce projet ?
Elles ont plusieurs origines, telles que le Japon, la Finlande et le ?flash appeal? pour le tsunami de décembre dernier.
● Qui formera les techniciens de ces stations ?
Les cours de formation vont se faire à travers la COI. La décision n?a pas encore été prise si ce sera au niveau national ou régional. Les techniciens ont reçu une formation rapide lors de l?installation des équipements. La priorité des experts est surtout de travailler sur le système d?alerte provisoire pour l?échange d?informations entre les pays de l?océan Indien. Le système d?alerte des tsunamis n?est qu?un début. Il y a aussi la partie d?atténuation des effets qui comprend deux aspects : l?évaluation des aléas et la préparation des gens à ce qu?ils doivent faire en cas de tsunami.
● Est-ce que la préparation doit se faire à l?école ?
Tout à fait. Cette préparation ne devrait pas seulement se concentrer sur les tsunamis. Elle devrait faire partie d?un package où on leur enseigne les risques des volcans, cyclones et tremblements de terre. Les gens devraient savoir, par exemple, qu?à Maurice ils seront en lieu sûr s?ils se trouvent à 200 ou 300 mètres à l?intérieur.
● Lors du séisme du 28 mars dernier, la BBC et CNN ont annoncé qu?un tsunami pourrait se diriger vers Maurice. Etait-ce alarmisme ou prudence ?
Ce type d?événement peut déclencher un tsunami. C?est prudent de le savoir.
● Quelle sorte de conclusion souhaitez-vous pour la réunion ?
Mon espoir est que tous les pays aient un centre d?alerte national et que les informations soient transmises d?un centre à l?autre. Aussi qu?un comité soit mis sur pied avec des scientifiques et des gens des ministères de l?Education pour réfléchir aux mesures d?atténuation d?effets.
Propos recueillis par Nicholas RAINER
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