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Trois bourses françaises pour l?Ecole hôtelière

15 mai 2005, 00:00

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Nous entrerons dans la carrière, quand nos aînés n?y seront plus? » Nicolas Bhagnath, étudiant en hôtellerie, donnerait un tout autre sens à ce couplet de La Marseillaise. Il y laisserait transparaître, non pas le courage de prendre la relève qu?entendait l?auteur de l?hymne national français, mais plutôt l?ambition frustrée d?un jeune pressé de faire ses preuves.

« Les patrons d?hôtels veulent nous donner nos chances. Mais quand nous allons voir les managers, ceux-ci insistent pour nous faire tout recommencer à zéro. C?est comme si les années passées à l?université ne comptaient pas », dit-il. La désillusion de ce premier contact avec le monde du travail ne l?empêche pas de retourner à l?université. Nicolas Bhagnath vient de décrocher une bourse d?études de troisième cycle, offerte par l?État français. Chaya Kowal et Yamini Govinden, également stagiaires à l?École hôtelière, ont obtenu les deux autres bourses françaises offertes dans le domaine touristique.

Harmon Chellen, le directeur de l?École hôtelière, ne cache pas sa fierté de voir les trois seules bourses françaises offertes au tourisme cette année, revenir à ses protégés. Il souligne que les stagiaires ne cessent d?ajouter au prestige de l?école, année après année, en réussissant brillamment où qu?ils aillent.

« Ce ne sont pas les théories qui font marcher un hôtel. Cela dit, une dose d?académisme est nécessaire pour propulser l?industrie. Il est temps d?avoir une approche plus scientifique. Saviez-vous, par exemple, que le tourisme n?a jamais fait l?objet de recherche ? Il nous faudra aussi des compétences de plus en plus spécialisées pour former les professionnels de demain », relève-t-il.

Les jeunes boursiers sont confiants de pouvoir, à terme, se faire une place. Peut-être, se disent-ils, qu?il faudra court-circuiter le système en allant acquérir plus rapidement à l?étranger l?expérience pratique exigée ici. « Ailleurs, on n?exige pas dix ans d?expérience avant de vous confier un poste de responsabilité. On vous met à l?essai et si vous arrivez à faire vos preuves, le job est à vous », assure Nicolas Bhagnath qui vient de passer trois ans à Anger pour son magistère en tourisme.

Chaya Kowal et Yamini Govinden, complètent tout juste leur diplôme en administration, l?une du tourisme et l?autre en hôtellerie. Elles iront en août compléter leurs études à l?université d?Anger alors que Nicolas Bhagnath, lui, intègrera la Sorbonne.

Ces jeunes abordent l?avenir avec enthousiasme. Nicolas Bhagnath a déjà son plan : se lancer dans le service-conseil en tourisme et développer la gastronomie mauricienne. « La richesse culturelle de Maurice n?est pas assez exploitée sur le plan culinaire. Les hôtels ne proposent pas la cuisine créole ou alors quand ils le font, c?est toujours dans un style très continental. Il n?y a pas de raison pour que Maurice ne devienne pas aussi une destination gastronomique. »

Il se voit déjà réintroduire des légumes et des fruits qui ne sont plus cuisinés depuis des années.

Chaya Kowal et Yamini Govinden empruntent la voie de la sagesse et entendent accumuler une certaine expérience. « Nous aurons alors une meilleure idée de l?orientation à donner à nos carrières et de la manière dont nous pourrons contribuer », explique Yamini Govinden qui se voit bien gérer son propre hôtel.

Chaya Kowal, elle, mettra les deux ans passés à Anger à profit pour étudier le tourisme français et s?en inspirer. Déjà, sa tête grouille d?idées pour améliorer l?offre. « L?écotourisme prend de l?essor et Maurice saisit la balle au bond, ce qui est une bonne chose. Dans ce créneau, il faudrait songer à préserver et protéger le peu de patrimoine naturel qu?il nous reste encore. »

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