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TRIBUNE: Les lamentations des industriels

16 avril 2008, 00:00

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Un taux de change favorable au pouvoir d?achat des Mauriciens n?est pas préjudiciable à l?île Maurice, contrairement à ce que laissent penser les lamentations de nombreux chefs d?entreprises du pays.

En effet, dans tous les pays du monde, la valeur ajoutée d?une entreprise est créée par le savoir-faire de l?entreprise et non par un taux de change qui lui serait favorable.

Bien au contraire, dans tous les pays dits avancés, les responsables financiers des grandes entreprises se contentent de pratiquer ce que l?on appelle un hedging vis-à-vis des risques de change. Il s?agit, à travers des mécanismes financiers simples, de se prémunir des fluctuations des devises, non de spéculer et/ou ne faire du chiffre d?affaires grâce au taux de change du jour qui, en principe, devrait être en dehors de leur contrôle.

Que des chefs d?entreprises se lamentent devant une roupie qualifiée de forte (encore que cela soit bien relatif) pourrait illustrer deux choses : Premièrement, le faible développement des services financiers du pays, attendu que les opérateurs économiques ne développent pas/ne participent pas aux systèmes permettant de se prémunir efficacement et simplement contre les risques de change (comme cela se pratique tous les jours partout dans le monde).

Deuxièmement, et cela explique le point précédent, le manque de qualification des dirigeants d?entreprises de l?ile.

Ainsi, les demandes des dirigeants d?entreprises mauriciennes étant une roupie plus faible, au mépris du pouvoir d?achat de la population, est grave en ce qu?il illustre leur manque de maîtrise des outils financiers qui pourraient résoudre leurs angoisses par rapport au taux de change. Attirer des clients, décrocher de nouveaux contrats, c?est d?abord offrir un produit de qualité, non récolter les fruits d?une politique monétaire quelle qu?elle soit.

Les actionnaires des grandes entreprises devraient se poser la question des capacités de gestion des administrateurs de leurs sociétés. Et le pays pourrait se demander pourquoi nous n?avons pas de telles compétences à Maurice, et ce qu?il faudrait faire pour les obtenir. Ceci pour servir de réflexion aux intéressés.

<B> S.G.</B>

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