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Travailler ensemble pour sauver le textile

31 août 2005, 00:00

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Le textile est en crise, ce n’est plus un secret pour personne. Depuis quelques années déjà, le secteur textile-habillement prend l’eau de tout bord. Si aucune action concrète n’est menée dans le court terme, ce générateur d’emploi risque tout simplement de sombrer. En clair, des milliers d’employés risquent de se retrouver à la rue du jour au lendemain. Seul un effort émanant de tous les partenaires mauriciens peut donner un nouveau dynamisme à ce pilier de notre économie.

C’est dans ce contexte que l’université de Maurice a organisé un atelier de travail ayant pour thème Textile and Apparel Industry: Meeting the challenges of a changing Industry. Les opérateurs du textile, à savoir François Woo de la Compagnie mauricienne de textile (CMT), Harold Mayer de CIEL Textile ainsi que le secrétaire général adjoint de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), Rajiv Servansingh, entre autres, ont réfléchi aux solutions pour aider le secteur à sortir la tête hors de l’eau. Etait aussi présent le ministre de l’Industrie, du Commerce et des Petites et moyennes entreprises, Rajesh Jeetah.

Ce dernier devait rappeler, lors de son intervention, que le textile-habillement connaît des difficultés tant au niveau local qu’international. “La cherté de la main-d’œuvre, couplée d’une faible productivité, un manque de personnel qualifié, ainsi qu’un déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du travail, sont autant de faiblesses qui rendent le secteur vulnérable”, devait-il souligner.

Le démantèlement de l’accord multi-fibre et l’émergence de pays qui produisent des vêtements à faibles coûts, tels la Chine, l’Indonésie et le Sri-Lanka, n’arrangent pas l’affaire. Selon lui, durant la période 2003-2004, il y a eu 33 fermetures d’usines. Au total, ce sont près de 17 000 personnes qui se retrouvent sans emploi. Il a ainsi rappelé que le gouvernement donnera tout le support nécessaire à ce secteur. Une mission est d’ailleurs prévue pour attirer les investisseurs italiens. L’objectif est qu’ils apportent leurs savoir-faire technologiques.

Pour sa part, le secrétaire général adjoint de la CCI, Rajiv Servansingh, soutient que les industries mauriciennes doivent se repositionner dans la chaîne globale de production. “Le succès de notre industrie textile reposait essentiellement sur une main-d’œuvre bon marché et l’accès préférentiel au marché”, devait-il rappeler. Selon lui, il faut impérativement se tourner vers des marchés niches, et apporter plus de valeur ajoutée aux produits si le secteur “veut s’en sortir.” Le directeur de la CMT, François Woo, soutient qu’il est impératif que tous les partenaires travaillent en étroite collaboration pour sauver l’industrie.

La qualité est primordiale pour le client qui, de surcroît, veut être livré dans les meilleurs délais. Ainsi, François Woo a été assez critique envers la compagnie nationale d’aviation Air Mauritius et les agences maritimes. Le coût du fret est, selon lui, beaucoup trop élevé. D’autant plus que les lignes maritimes ne desservent pas les pays clients à intervalle régulier. “ À Maurice, un bateau effectue la livraison des marchandises tous les 18 jours. Alors qu’à Singapour, il y a autour de quatre à cinq bateaux tous les jours”, devait-il souligner.

Il a aussi évoqué le rapport du Fonds monétaire international. “Nous perdrons 20 000 emplois en trois ans. Dans le pire des cas, c’est près de 40 000 emplois qui risquent de disparaître”, a-t-il souligné. Comment donc s’adapter pour maintenir la compétitivité ? Il s’est appesanti sur la question et a préconisé l’innovation dans les dernières technologies, plus de valeur ajoutée aux produits et services, et la formation d’employés, en tant que solutions.

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