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Transparence économique et vérité des prix

4 novembre 2006, 00:00

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Lu dans le Larousse (édition 2006) sous la rubrique «chantage» : «Procédé pour obtenir de quelqu?un ce qu?on désire en utilisant des moyens de pression psychologiques, en lui faisant peur, en feignant de souffrir beaucoup etc?»

Lu dans «l?express» d?hier matin et durant la semaine : les producteurs locaux réclament une augmentation de prix, la dernière révision de prix datant de 2004, les prix du fer ayant augmenté de 71 % en 2005 et de 19 % pour le premier semestre de cette année, le prix baissant ces jours-ci, mais l?International Iron and Steel Institute soulignant, par ailleurs, que cette baisse était passible d?être renversée par une baisse de la production.

Selon le ministre Jeetah, la demande d?augmentation de prix qu?il a reçue depuis? août n?est pas pressée au point où la menace de fermeture de Desbro est jugée par lui comme relevant du «chantage». Je comprends que Desbro, dans l?opinion du ministre Jeetah, est en train de «feindre», ou selon la formule locale de «faire semblant» de souffrir beaucoup. D?ailleurs, il est assez étonnant de voir les deux concurrents de Desbro, soit Samlo et Joonas, continuer à produire, alors qu?ils réclament, par ailleurs, eux aussi une augmentation de prix. Pourquoi accepteraient-ils de perdre de l?argent ? Ces trois compagnies pourraient-elles nous éclairer correctement sur leurs chiffres ? Cela m?étonnerait, d?ailleurs, beaucoup, que ce soit l?usine la plus efficiente qui ferme ses portes pour cesser de produire à perte ! Peut-on aussi m?expliquer comment les augmentations de prix mondiaux de 71 % en 2005 et de 19 % pour le premier semestre 2006 n?ont pas résulté en une augmentation de prix sur le marché local depuis 2004 ? Comment, aussi, relier ces chiffres-là, à la demande d?augmentaion de Desbro pour 38 % seulement ?

Tout cela me paraît passablement compliqué et contradictoire. Au-delà du besoin de mieux informer la population, et les clients, je pense que le ministre, qui a d?ailleurs déjà été passablement souillé par son initiative Amul, devrait faire bien attention quant à sa part de responsabilité dans toute pénurie possible de fer sur des chantiers de construction très actifs (la consignation de Murray&Roberts de 4 000 tonnes n?arrivant qu?en janvier 2007, c?est-à-dire dans TROIS mois).

Mais, en fait, à défaut de transparence économique, pourquoi ne pas libéraliser le prix du fer ainsi que les permis d?importation ? Nous n?aurions alors plus de débats oisifs, plus de retard à répondre à des lettres demandant des augmentations, plus de compagnies forcées à opérer à perte, plus de bureaucrates obligés de faire de laborieux calculs, aucune possibilité de chantage et un ministre moins «commerçant» ou «politique» et forcément plus en phase avec le libéralisme économique vendu par son collègue des Finances. Rapidement, alors, les prix s?ajusteront d?eux-mêmes, en fonction de l?offre et de la demande et des réputations (certifications) de qualité appropriées.

Sur nos étagères ces jours-ci, le consommateur mauricien peut comparer le prix (et la qualité) du papier cul importé à celui produit localement. Il en va de même pour le yaourt, le jus de fruit, la peinture, les biscuits, le liquide vaisselle ou les fenêtres en aluminium, entre autres. Pourquoi faire la différence pour le fer ? Ou le pain ? Ou les pneus ? Et quid du bois ? du lait ? de l?huile comestible ? des fruits ?

TiCabas

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