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Toute la relance économique passe sur le Sucre
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Toute la relance économique passe sur le Sucre
Sir Claude Noël, représentant attitré des barons sucriers de 1983, ami intime de Sir Seewoosagur Ramgoolam (mais ne le répétez surtout pas aux présents démagogues du PTr) revient sur son analyse de la situation économique du 16 septembre 1981 (voir l?express du 27 septembre 2006 : Le Sucre est incontestablement transparent). Il présente ses excuses à ses lecteurs de l?express. Mais, dit-il, la situation depuis empire et se dégrade. Le voilà contrait de répéter que toute relance économique passe par le Sucre. La crise est certes mondiale, mais encore plus préoccupante dans l?île Maurice de 1983 quand toute activité économique dépend dans une large mesure de la prospérité de l?industrie sucrière.
En 1982-83, aucun établissement sucrier ne déclare de dividendes. Leurs découverts bancaires passeront de Rs 425 millions à juin 1982, à Rs 525 millions à juin 1983. Ce méritoire effort bancaire résout peut-être un problème de liquidités mais pas la crise économique car tout emprunt doit être remboursé. Rétablir les liquidités sans assurer la rentabilité entraîne une augmentation insupportable de la dette et l?inévitable faillite à plus ou moins brève échéance. Il est donc illusoire de vouloir parler de relance économique avec une industrie sucrière asphyxiée.
On parle de réduction de la taxe de sortie (N.B. : que n?a-t-on pas exploité à outrance ces Rs 57 millions, prétendument données par Bérenger à ces cousins/cousines sucriers. C?est bien simple : les élections législatives d?août 1983 seront ignominieusement gagnées en exploitant outrageusement le thème de ces Rs 57 millions. Une couche de vernis raciste le plus puant qui soit et la victoire électorale, est dans la poche. Calomniez ! calomniez ! Il en restera toujours quelque chose. Au fond des urnes notamment). La vérité est tout autre. Les Rs 57 millions équivaut à une réduction de la surcharge de 75 % frappant les exportations sucrières depuis la première dévaluation de 30 % de la roupie mauricienne. De 23,6 % la taxe de sortie passe à 20,2 %. L?économie de Rs 57 millions n?est que le dixième du découvert bancaire programmé de Rs 525 millions. Ce «cadeau» n?améliore en rien la crise financière dans laquelle s?enlise le Sucre. Cette réduction de Rs 57 m. de la taxe de sortie est vite absorbée par Rs 57 millions de nouvelles taxes (Stamp Duty et Sales Tax). La main gauche reprend ce qu?offre la main droite. - R s457 m. + Rs 57m. = 0. Un zéro qui est quand même préférable à ? Rs 114 m. Pendant ce temps, l?investissement dans le renouvellement des équipements est au point mort. Seulement Rs 82 m. en 1981 sur un équipement valant Rs 6,5 milliards. Or, il est essentiel de maintenir la compétitivité de notre Sucre dans un monde aussi concurrentiel.
La Mauritius Planters?s Association de Jugadish Goburdhun, soutenue par quelques dirigeants politiques, réclame une aide accrue aux planteurs de cannes. Il est politiquement correct de faire passer ces derniers pour des victimes des usiniers. On leur a tellement répété cela, que certains d?entre eux finissent par prendre ce mensonge pour une vérité. Rien de plus faux. Le planteur mauricien est le producteur le plus favorisé au monde. Il reçoit Rs 700 de plus que les usiniers-planteurs et les gros planteurs par tonne de sucre, ce qui fait Rs 50 par tonne de canne et Rs 1 000 par arpent de cannes produisant seulement 20 tonnes de cannes. Il lui suffit pourtant d?améliorer sa productivité aux champs pour améliorer sa situation financière et augmenter de Rs 154 millions le chiffre d?affaires annuel de l?industrie sucrière.
Pourquoi s?entêter de la sorte avec ce Sucre maudit ? Le Sucre n?est pas un choix mais une contrainte de facteurs climatiques. On ne connaît plante pouvant résister mieux que la canne au régime inéluctable des cyclones ou des sécheresses chroniques. La diversification agricole ? Tant qu?on veut, à condition qu?elle soit un complément mais pas un substitut au Sucre. La diversification agricole exige des fonds que le Sucre n?est pas en mesure, en 1983, de lui allouer.
Peut-on remettre sur pied notre Sucre ? Oui à condition de prendre les mesures adéquates : 1. Suppression de la taxe de sortie ; 2. Prêt à long terme et à faible taux d?intérêt pour permettre aux planteurs et usiniers de rembourser leurs dettes sans être asphyxiés. En 1931, en 1944-45, notre Sucre a déjà été sauvé grâce à des prêts à long terme et à faible taux d?intérêt. La suppression de la taxe de sortie représente certes un manque à gagner pour le fisc. Un manque à gagner vite comblé par les autres revenus créés par la relance générée par un Sucre ragaillardi. De toute façon, le fisc n?a rien à gagner d?un Sucre à l?état cadavérique.
Notre Sucre est aussi une vache à lait, sujette à des abus et à une surexploitation inadmissible. Hawaï produit 1,2 million de tonnes de sucre avec 7 000 employés. Nous en produisons la moitié avec 70 000 employés.
Ainsi parlait, en janvier 1983, Sir Claude Noël de l?Inner Circle de SSR.
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