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Tous ensemble

24 mai 2005, 00:00

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En politique, il convient de relativiser les clivages. Ils ne sont jamais très profonds. Des personnages ayant des positions radicalement opposées à un moment précis peuvent se retrouver sur la même plateforme par la suite. Un exemple parfait de cette cohabitation mouvante sera donné par la liste de candidats de l?Alliance sociale, qui sera rendue publique cet après-midi.

L?opposition présentera 60 candidats dont un grand nombre ont déjà franchi allègrement les frontières entre partis par réalisme ou opportunisme. Ceux qui occupent des postes clés du nouvel exécutif du Parti travailliste ainsi que les dirigeants qui ont l?oreille de leur leader n?ont pas toujours soutenu Navin Ramgoolam.

Des liens sont tissés entre politiciens au gré des conjonctures. Il suffit, pour cela, de partager des intérêts communs. Voilà pourquoi il a été si facile aux uns et autres de pratiquer l?ouverture ou d?accueillir des anciens adversaires politiques. Pour Navin Ramgoolam, il fallait trouver le bon dosage pour assurer la reconquête du pouvoir. Il a donc recruté à l?extérieur de son parti. Pour les autres, les querelles, vengeances et rancunes du passé sont des mobiles suffisants pour les forcer à changer de camp.

Les principaux responsables du Parti travailliste qui seront aux côtés de l?éventuel Premier ministre rouge sont le stratège et penseur rouge, Rama Sithanen ? un ancien MSM, le vice-Premier ministre désigné Rashid Beebeejaun ? un ancien MMM et le secrétaire général Dharam Gokhool ? également militant de la première heure. Certains alliés du New Labour, en l?occurrence Rama Valayden, Anil Bachoo, Sylvio Michel et Madan Dulloo ont fait bien des concessions pour se pardonner mutuellement la véhémence de leurs attaques passées et se réconcilier au sein de la famille de l?opposition.

L?entente est très bonne aujourd?hui parmi les éléments de l?Alliance sociale. La photo de famille de cet après-midi devrait en témoigner. Cet ensemble peut paraître hétéroclite à première vue mais manifestement il travaille dans la même direction. Ce qui signifie qu?il doit bien y avoir un dénominateur commun qui rassemble tout cet aréopage. Si ce ne sont pas des convictions politiques, cela pourrait être des intérêts communs. Lesquels ?

L?absence de convictions profondes est mise en relief par notre capacité à transcender les clivages. Une vie démocratique saine et dynamique implique le dialogue et des échanges mais pas forcément un consensus mou où chacun accepte la main tendue de l?autre pour renoncer à l?affrontement des idées. Au contraire, le débat contradictoire entre deux écoles de pensée ne peut qu?enrichir la vie politique.

Certes, une alternance démocratique et pacifique est un signe de maturité mais elle est souhaitable quand elle entraine un renouvellement d?idées. Or, quand les partis se ressemblent tellement qu?on peut aisément passer d?un bord à l?autre selon les contingences politiciennes, y aura-t-il réellement un changement de cap en cas d?alternance ?

Outre le fait qu?un grand nombre de personnalités influentes au sein de l?opposition a appartenu au camp adverse dans le passé, on peut aussi s?interroger sur les divergences réelles qui opposent les principales formations du pays. Sur la question de l?enseignement, il a semblé à l?opinion que le PTr défend l?élite, et l?alliance MSM-MMM, la démocratisation. Mais sur l?accès à la propriété foncière, on croit savoir que c?est l?inverse. Décidément, les frontières sont bien confuses entre nos partis.

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