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Tourisme: Les petits opérateurs refusent de suivre la MTPA dans les marchés émergents
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Tourisme: Les petits opérateurs refusent de suivre la MTPA dans les marchés émergents
Après avoir épluché le budget 2011, les opérateurs touristiques, petits et grands, ont relevé les points forts aussi bien que les couacs touchant ce secteur clé de l’économie. Alors que l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) accueille l’idée de tâter les nouveaux marchés, l’association des hôtels de charme, ne compte pas leur emboîter le pas aveuglément.
«On a aujourd’hui jeté les jalons d’une grande industrie touristique pour faire de Maurice le centre de l’océan Indien. Avec tous les efforts que fait le gouvernement, il faut maintenant que le secteur privé suive pour qu’on puisse relever ensemble le grand défi du shift d’une économie euro-centrée», commentait le ministre du Tourisme, Nando Bodha, à la fin de la présentation du budget 2011, le vendredi 19 novembre dernier.
Les différentes mesures touchant l’industrie touristique ne font, toutefois, pas que des heureux. A commencer par Bissoon Mungroo, président de l’association des hôtels de charme qui regroupe des petits et moyens hôtels. Celui-ci attend de voir que les lignes soient bien définies entre les grands et les petits opérateurs.
Parmi ses principales tracasseries, figure le manque de précision concernant le support financier pour permettre à ce type d’établissements de participer aux salons internationaux. «Nous comptons faire cette demande lors d’une réunion qui se tiendra au courant de cette semaine avec le ministre du Tourisme, Nando Bodha», avance-t-il.
De plus, Bissoon Mungroo fait ressortir que les membres de l’association ne comptent pas suivre aveuglément la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA). Les marchés porteurs pour les petits et moyens opérateurs demeurent, selon lui,  la Réunion, l’Afrique du Sud et la France.
«Nous essayons de nous concentrer sur les marchés qui rapportent. Nous ne sommes pas partie prenante des marchés qui vont s’ouvrir ou qui s’ouvrent», affirme-t-il.
Pourtant, Bissoon Mungroo faisait partie de la délégation présidentielle partie en voyage de prospection en Chine fin août et début septembre. Il parle de l’Inde et de la Chine comme étant des marchés difficiles à gérer, surtout avec des touristes qui viennent à Maurice pour d’autres raisons et non pas pour profiter du soleil et de la plage.
« En attendant que l’idée d’avoir des Leisure parks avec cinéma, espaces shopping et casino se réalise ou encore de pouvoir accommoder les différentes requêtes des Indiens et Chinois, l’Europe restera notre épine dorsale», explique Bissoon Mungroo.
Par contre, il soutient que le tourisme culturel est profitable pour les hôtels de charme et que les autorités devront le développer davantage.
«Quand Maurice célèbre le Maha Shivaratree ou le Divali, il faut dire qu’on fait mieux que l’Inde. Ces festivités attirent nombre de visiteurs mais il faudra étendre les jours de célébrations et offrir quelque chose de nouveau», suggère-t-il.
Pour conclure, il réitère le souhait de bon nombre d’opérateurs économiques de voir la concrétisation des  mesures annoncées en faveur des Petites et Moyennes entreprises (PME).
« Il faut mettre la machinerie en marche le plus vite possible, surtout en ce qu’il s’agit des Schemes renouvelés, comme le Leasing for Equipment Modernisation Scheme (LEMS », souligne Bissoon Mungroo.
De son côté, l’AHRIM a, dans une correspondance hier, mardi 23 novembre, soulevé son point de vue du budget 2011. Elle indique que ses attentes se sont révélées vaines, surtout en ce qu’il s’agit de réduire « les coûts des opérateurs en ces temps difficiles. Ceux-ci ont vu leurs chiffres d’affaires et profits être considérablement réduits suite à la crise mondiale, et à l''''appréciation de la roupie face aux autres monnaies».
Pire, disent-ils, la hausse du prix des boissons alcoolisées et du coût des licence fees « aura un impact direct sur la consommation des touristes dans les  hôtels et restaurants déjà affectés par deux années difficiles ».
«Bien que cette mesure vise à décourager la consommation locale, elle affectera aussi notre secteur», peut-on lire dans le communiqué de l’AHRIM. Autre point qu’ils déplorent concerne la hausse du Passenger Fee. « Cette mesure intervient alors que les packages vendus par les Tours Opérateurs sont déjà établis pour l’année prochaine. Aussi, le moment n''est pas le meilleur pour une telle augmentation,  ou les destinations concurrentes dans ce contexte difficile poussent pour gagner des parts de marché. Le signal pourrait être mal perçu par les pays émetteurs de touristes », explique-t-on.
Pour venir aux constats positifs, l’AHRIM salue l’augmentation du budget de la MTPA ainsi que l’extension du système des caméras de surveillance (CCTV) dans d’autres régions. « La sécurité étant un aspect essentiel pour la destination, nous attendons leur mise en application très rapidement».
Partant pour pénétrer  les « Dollar markets », l’association estime qu’il faudra cependant qu’ils devront discuter des modalités et procédures exactes d''implémentation du budget de la MTPA, afin de pouvoir utiliser ces fonds de manière positive pour aboutir à l''objectif final, celui de pénétrer ces marchés émergents.
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