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Toulouse dit adieu à Claude Nougaro
PRÈS de 10 000 personnes ont assisté, mercredi 10 mars à Toulouse, où Claude Nougaro est né voilà soixante-quatorze ans, aux obsèques du chanteur décédé jeudi 4 mars à Paris. A 13 heures, le public massé dès la fin de la matinée aux abords de la basilique Saint-Sernin, a pris d?assaut les 1 600 sièges disponibles à l?intérieur. Les milliers d?autres sont restés dehors sous un ciel ensoleillé et dans un air vif. Emmitouflés dans leurs vestes et manteaux, ils ont suivi la cérémonie sur un écran géant ou via les multiples haut-parleurs installés autour de la basilique romane.
Lors de l?entrée du cercueil, le public a applaudi et plusieurs artistes, principalement toulousains, ont formé une haie d?honneur. Aux côtés de la femme de Claude Nougaro, Hélène, des quatre enfants du chanteur - Cécile, Fanny, Théa et Pablo - et de ses deux s?urs - Aline et Hélène -, de nombreux amis et personnalités avaient pris place, dont le maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, et son prédécesseur, Dominique Baudis.
Au cours de son homélie, le Père Lizier de Bardies a évoqué ?la générosité de l?homme? ainsi que ?la beauté sauvage de la langue, des textes, des mélodies, des rythmes? de Nougaro. ?Claude s?est tu, mais dans nos mémoires demeure sa voix?, a-t-il poursuivi avant de conclure en citant le chanteur : ?Il serait temps que l?homme s?aime, depuis qu?il sème son malheur.?
Le peintre Henri Guérin a salué avec force ?la générosité et la liberté» de son ami Claude, ?le chantre de l?amour fou?. ?Une petite musique pleure en nos corps, elle est faite de cent chansons, toutes nous parleront de toi, Claude. Longtemps, longtemps, longtemps?, a-t-il lancé.
A 15 h 45, la cérémonie des funérailles a pris fin. Le public a de nouveau applaudi. Puis il y a eu du silence et des larmes alors que le carillon de Saint-Sernin jouait Toulouse. Le cortège de voitures emportant le cercueil s?est engagé dans les ruelles, a filé sur les quais de la Garonne, est passé devant la maison de l?artiste, quai de Tounis, puis a longé les avions garés sur l?aéroport de Blagnac pour rejoindre le crématorium de Cornebarrieu. Une partie des cendres du ?petit prince des mots?, selon son ami Henri Guérin, devait être dispersée dans la Garonne dans un cadre strictement privé.
©Le Monde News Service
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