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Tortures en Irak : Les marines blanchis

20 août 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le rapport Fay sur les tortures infligées dans la prison irakienne d?Abou Ghraib disculperait les officiers de l?armée américaine de toute participation à ces sévices, tout en les blâmant d?avoir créé les conditions propices à la poursuite de ces exactions, selon des responsables militaires américains. Ce rapport doit être remis prochainement au Congrès.

Les tortures pratiquées par des soldats américains sur des détenus de la prison irakienne d?Abou Ghraib sont le résultat d?erreurs au plus haut niveau de la hiérarchie militaire sans que sa culpabilité directe puisse être établie, a rapporté hier le Washington Post, qui cite une enquête de l?armée américaine, le rapport Fay.

Ce rapport, qui est encore en phase d?examen, doit être présenté au Congrès au début de la semaine prochaine.

Le quotidien cite notamment des responsables de la défense américaine dont l?identité n?est pas dévoilée. Ceux-ci affirment que l?enquête menée par le général George Fay a montré que ces sévices étaient le résultat d?une combinaison d?erreurs de direction, d?un manque de discipline, de politiques déroutantes et d?une «confusion totale» dans la prison.

«Il y avait une confusion totale quant aux tactiques, techniques et procédures des renseignements militaires», rapporte le Post en citant un responsable de l?armée.

<B>L?ENQUÊTE MAL MENÉE</B>

Selon cette enquête, la hiérarchie militaire américaine porte notamment la responsabilité de ne pas avoir prêté attention aux informations sur l?existence de sévices ou aux rapports du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). «Les signaux et les informations sur les sévices n?ont pas été soigneusement étudiés en haut lieu», déclare un responsable cité par le Post.

Cette enquête ne va toutefois pas jusqu?à dire que les soldats ont reçu l?ordre de pratiquer des tortures. Selon le Post, aucun responsable de l?armée ne devrait être inculpé.

Cela conforte la version de la Maison Blanche et du Pentagone, selon lesquels les sévices pratiqués à Abou Ghraib étaient des actes isolés.

Sept réservistes de la police militaire américaine, des hommes du rang, ont été inculpés de sévices sur des prisonniers irakiens, une affaire qui, après avoir éclaté en avril, a scandalisé le monde et ébranlé l?administration du président George W. Bush.

Selon le rapport, aucune preuve n?a été trouvée d?une culpabilité directe d?un responsable situé au-dessus du colonel Thomas Pappas. Le document désigne ce colonel comme étant le plus haut gradé directement responsable de la situation à la prison d?Abou Ghraib. Il était le commandant de la 205e brigade du renseignement militaire.

De nombreux ordres émanant de diverses autorités supérieures ont contribué à créer une confusion chez les subordonnés qui n?ont pas su ce qui était autorisé dans le traitement des prisonniers, selon les sources. Mais l?enquête aurait permis de découvrir que les sévices sexuels contre les prisonniers irakiens avaient été commis hors des interrogatoires militaires et par des personnes agissant de leur propre chef.

<B>CERTIFICATS FALSIFIÉS</B>

S?il disculpe globalement les officiers, le rapport rédigé par le général George Fay devrait en revanche accuser de méfaits une vingtaine au moins de membres des renseignements militaires, de civils sous contrat, d?officiers de la CIA et de personnels médicaux, selon ces responsables qui confirment des informations données par la presse jeudi.

Des médecins militaires américains officiant en Irak auraient ainsi participé aux tortures, selon un article publié vendredi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Le professeur Steven Miles, auteur de cet article, écrit notamment que certains médecins ont falsifié des certificats de décès pour couvrir des meurtres, et caché des preuves de passages à tabac.

«Le système médical a participé à la mise au point et à l?application de méthodes d?interrogatoire psychologiquement et physiquement coercitives», écrit Miles, qui exerce à l?université du Minnesota.

Son enquête se fonde sur des informations recueillies lors d?audiences au Congrès de responsables concernés par cette affaire, de témoignages sous serment de détenus et de soldats, de comptes rendus parus dans des revues médicales et d?éléments fournis par des organisations humanitaires.

Même si le personnel médical était au courant de l?existence de cas de torture et de traitements dégradants au sein de la prison, il n?en a pas soufflé mot avant l?ouverture d?une enquête officielle à ce sujet, en janvier 2004.

Le professeur Miles cite d?autres violations des droits de l?homme telles que le manque de suivi du dossier médical des détenus, l?absence d?examens médicaux sur ces derniers et l?incapacité à prendre en charge correctement les détenus handicapés et les blessés.

Miles appelle en conséquence à une réforme de la médecine militaire et à l?ouverture d?une enquête officielle sur le rôle joué dans ces abus par les médecins militaires.

<I>Source :</I> <B>Lemonde.fr</B>

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