Publicité
Tollé général contre les propos anti-Glover
Par
Partager cet article
Tollé général contre les propos anti-Glover
Il fallait s’y attendre : les propos hostiles au juge Victor Glover, tenus lors d’un meeting travailliste à Mare Dalbert, par le trio Badry, Jagatsingh et James Burty David, suscitent la réprobation unanime. Le groupe des 13, plus ou moins contestataire et boolelliste au sein du PTr, fait savoir qu’il désavoue ces propos. Il fait savoir qu’il compte soulever la question au sein du gouvernement. Il réunit neuf des 16 ministres travaillistes ainsi que deux secrétaires parlementaires. Il est un groupe de pression avec lequel il faut compter même s’il n’a pas la haute main sur l’appareil du parti.
Le MMM fait savoir que sa participation à un comité parlementaire restreint a pour objectif de faire la lumière voulue sur d’autres cas de corruption mentionnés dans le rapport Glover. Pas question pour lui de se prêter à un simulacre, visant à blanchir deux ministres blâmés par un juge de la Cour suprême.
Le tollé est d’autant plus grand que le tandem, composé du président et du secrétaire général du PTr (James Burty David et Kher Jagatsingh), n’en démord pas et se livre à de bien tristes distinctions entre le respectable et respecté juge Glover et le contestable et contesté commissaire Victor Glover. Ils s’abritent derrière la loi de 1944 offrant pour toute immunité aux membres des commissions d’enquête celle de ne pas pouvoir être poursuivis en justice.
La presse n’est pas dupe et fait ressortir que des propos incriminés visent en fait la personnalité même de Victor Glover.
Guy Ollivry, président du Bar Council, affirme la réprobation unanime du Barreau à l’égard de propos visant à mettre en doute l’intégrité et l’indépendance du judiciaire. Le Barreau sait que le judiciaire constitue l’un des derniers piliers de la démocratie. Ceux, qui attaquent le judiciaire, mettent en cause le fondement même de la société. Il repousse avec un mépris particulier toute attaque contre un Mauricien aussi éminent et aussi irréprochable que le juge Victor Glover.
Philippe Blackburn, président de la MTPA, se déclare peiné et outré devant le traitement injuste et indigne infligé à un homme de la compétence que le juge Victor Glover. Il fait appel à la population mauricienne pour qu’elle lui exprime sa totale solidarité. Il conclut : le juge Victor Glover ne mérite pas des propos aussi injurieux à l’égard de sa personne ni à l’égard de sa fonction.
L’express décide alors de rappeler les principales péripéties de l’affaire Badry et Daby. Ce rappel s’accompagne de photos montrant entre autres SSR remettant une décoration soviétique à Badry au lendemain de sa condamnation et une « forêt de mains levées » en faveur des contestataires du PTr. Ces derniers font leur apparition en février 1978, obligeant SSR à déclarer deux mois plus tard : “I’m fed up!” L’affaire Sheik Hossen et les inoubliables accusations portées par Paul Bérenger contre SSR soudent de nouveau et pour un temps les différentes factions du PTr. Ringadoo n’est pas dupe car il dit, en mai 1978, craindre davantage ceux qui sapent de l’intérieur l’unité du PTr que ceux qui l’attaquent du dehors. Eclate alors un scandale à propos du recrutement de travailleurs au sein du ministère des Coopératives. Suivent des allégations de corruption contre ce ministère. Juillet 1978, Harish Boodhoo commence son pèlerinage politique.
En novembre, le gouvernement accepte de nommer la commission Glover. En janvier 1979, Mauritius Times reprend les accusations portées par le journal indien Blitz contre un ministre mauricien. Le conseiller Kingsley ne parvient pas à rétablir l’unité du PTr, les contestataires campant sur leurs positions. Harish Boodhoo dépose devant la commission Glover. En avril, Ringadoo publie son rapport sur les causes de l’échec électoral du PTr en 1976. En avril, une tendance, au sein du PTr, réclame l’expulsion des contestataires. Le 3 mai 1979, Victor Glover remet son rapport au gouverneur général. Le 12, Boodhoo donne un délai de 10 jours à SSR pour le rendre public. Le 18, le PTr l’étudie. SSR prie Badry et à Daby de démissionner. Le 22, le rapport Glover est déposé sur la table de l’Assemblée législative. Le 30 mai, SSR en conteste les conclusions. Il précisera ensuite n’avoir pas eu l’intention de mettre en doute l’intégrité du judiciaire. Le 27 octobre, l’Assemblée législative nomme un comité restreint, présidé par Maurice Espitalier-Noël, pour examiner le rapport Glover. Le 8 mai 1980, Kher Jagatsingh décrète que Badry n’est pas coupable et qu’il est même innocent dan enn pake zafer.
Le lendemain, Badry, Daby et Chettiar sont nommés membres de Public Accounts Committee. Boodhoo réclame un droit de réponse du juge Glover au Parlement. Le 19, sortie en règle contre ce dernier à Mare Dalbert par le trio Badry-Jagatsingh-David.
Publicité
Publicité
Les plus récents