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Tirage au sort : le désarroi
Si l?Église est la communauté des croyants, alors les catholiques mauriciens sont désorientés. La question d?introduction d?un système de tirage au sort pour l?attribution des 740 places réservées dans les 13 collèges gérés par le Bureau de l?éducation catholique (BEC) a jeté le désarroi dans les milieux catholiques.
Depuis que cette option a été publiquement évoquée, une grande agitation a secoué les milieux catholiques. Les opinions divergent et les pressions montent de toutes parts pour ou contre ce projet.
« Tout le monde se sent un peu perdu », confie le vicaire général, Jean-Maurice Labour. Venant d?un prêtre très proche de la base de l?Église, la confidence ne surprend pas : « Nous sommes cependant toujours dans une phase où nous cherchons une solution. »
Le vicaire général précise toutefois que les commentaires-réactions entendus jusqu?à présent ont été provoqués par les fuites, dans la presse, de l?ébauche d?un nouveau projet d?éducation du BEC à Maurice. Projet rendu nécessaire dans le sillage du jugement du Privy Council décrétant illégale l?utilisation du critère religieux pour admettre les élèves dans les collèges catholiques.
A 24 heures de la présentation du nouveau projet aux autorités gouvernementales, la situation est loin de se décanter. La réunion élargie de la Task Force de l?église, convoquée pour demain matin, au Thabor, à Beau-Bassin, risque d?être agitée. Elle regroupera les recteurs et leurs assistants, les managers, les syndicalistes, et les fédérations des associations parents-enseignants des écoles et collèges catholiques, entre autres. C?est au cours de cette rencontre que les détails du projet seront présentés.
Alors que les enseignants, à travers leurs syndicats, questionnent la pertinence d?un système d?attribution des places par tirage au sort, les fédérations des parents se sont prononcées publiquement en faveur du projet. La Secondary & Preparatory School Teachers & other Staff Union (SPSTSU) estime quant à elle que la proposition est anti-pédagogique et contre la méritocratie. La proposition est également décriée par la Government Hindi Teachers Union de Suttyhudeo Tengur.
La société civile est également montée au créneau. Le Komité kreol katolik dan lesid ek louess a critiqué la proposition. Une autre ONG, l?Union pour le progrès, propose pour sa part le retrait du BEC de l?éducation nationale.
Le père Henri Souchon, de son côté, jette l?éponge. « Est-ce vraiment la peine de nous battre ? », s?interroge-t-il. « Que le gouvernement prenne les 740 places et qu?on mette un terme à cette guerre des places ! » Un sentiment partagé par une large section de la communauté des catholiques.
Un groupe de prêtres, réunis au sein de la Plateforme pour la comptabilisation des langues orientales sans injustice, réclame « aux autorités catholiques de mettre sur pied une instance officielle qui s?occupera du sort de l?éducation de la grosse majorité des catholiques, en particulier des créoles, qui ne sont pas dans les écoles-collèges catholiques. »
Demain au Thabor, les autorités catholiques écouteront toutes ces prises de position et courants de pensées. Ces discussions influenceront-elles le projet que le BEC présentera dans l?après-midi au ministre Steven Obeegadoo ?
Si le renvoi de la réunion a été, à un certain moment, envisagé, il est peu probable qu?il en soit ainsi. « Certainement pas. Sinon on ne soumettra jamais ce projet au gouvernement », explique le directeur du BEC, le père Hervé de St Pern.
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