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Thierry de Commarmond promeut les arts plastiques
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Thierry de Commarmond promeut les arts plastiques
La récente dissolution de la Development Workers Corporation (DWC) nous renvoie, bien sûr, vingt-cinq ans en arrière, quand disparaît son fondateur charismatique, Michael Leal, et quand ses études et conceptions architecturales étaient confiées à un urbaniste du calibre de Thierry de Commarmond. Ce dernier compte à son actif, entre autres, le marché couvert de Vacoas mais aussi un intéressant projet d?aménager la Maison de l?Alliance française, non pas dans les fins fonds de Bell Village, sur un espace en pente et en butte aux glissements de terrain, mais à une centaine de mètres seulement de cette gare routière Victoria qui voit, deux fois par jour, se déverser le flot de centaines de milliers d?usagers du transport en commun, venant de toute l?île Maurice au sud de la chaîne de montagne de Moka ou y retournant.
Un architecte de la compétence d?un Thierry de Commarmond ne pouvait concevoir un tel projet de centre culturel autrement que dans le respect absolu des pierres séculaires de ces casernes françaises de la rue Decaen au Port Louis. Son étude faisait la part belle à la proximité de la gare routière Sud de la capitale afin d?inciter la meilleure part de l?important flot d?usagers du transport en commun à s?arrêter à ce centre culturel de proximité, avant de gagner son lieu de travail ou de résidence, pour emprunter qui un livre qui une radiocassette ou un CD ou encore pour jeter un regard rapide ou prolongé sur les expositions programmées, les plus mordus pouvant faire l?effort de sacrifier une ou deux heures de temps libre pour y participer à un spectacle ou à une activité culturelle.
L?étude prometteuse de Thierry de Commarmond était prête, les fonds obtenus, l?aide financière française toujours généreuse aidant. On s?apprêtait au début des travaux. Soudain, ce fut la douche froide, la plus démotivante qui soit. La CWA, héritière (Dieu seul sait pourquoi et encore !) des casernes Decaen, opposait son veto formel au projet Maison de l?Alliance française en ces lieux, sous prétexte qu?elle avait absolument besoin de ces vieilles casernes pour entreposer ses tuyaux percés et autres équipements hors d?usage. La culture de la vieille ferraille remportait un premier round sur Thierry de Commarmond qui n?est pas qu?un architecte et la suite le prouvera.
Il faut davantage que l?amour sacré de la CWA pour la vieille ferraille pour décourager, en effet, un Thierry de Commarmond. Le voilà qui, à la fin de juillet 1982, annonce à la presse qu?il préside une nouvelle Association pour la Promotion des Arts plastiques dont l?objectif est, déjà, de démocratiser (mais sans l?étatiser comme le comprennent certains idéologues) l?activité artistique. Percy Mangar, Roland Leclézio, Françoise Nozaïc, Marie Rogers, Lucien et Brigitte Masson, Maliga Venkatasamy et Dan Callikan l?aident dans sa tâche. Ils ont déjà obtenu le soutien d?enseignants volontaires, des centres culturels et des galeries existant en 1982. Ils prévoient même des échanges avec la Réunion et avec cette Grande Ile que Thierry et Marie connaissent autant que leur île Maurice.
Ils espèrent surtout obtenir l?autorisation de 1. débarrasser l?ancien bâtiment des pompes à incendie municipales de Curepipe (transférées depuis à Forest-Side) de toute la vieille ferraille qui l?encombre inutilement ; 2. de le transformer en une galerie permanente de peinture, en bibliothèque et en atelier de Beaux-Arts, pouvant accueillir aussi des expositions artistiques temporaires, 3. de rayonner de là dans les quartiers urbains et les régions rurales pour mettre l?activité artistique à la portée du grand public selon le principe voulant que, si ce dernier ne va pas à l?art, celui-ci doit aller vers lui !
Vingt-cinq ans après, la vieille ferraille encombre toujours l?ancien bâtiment des pompes à incendie curepipiennes et les artistes mauriciens attendent toujours cette galerie d?art national qu?on leur promet depuis la nuit des temps, sinon des calendes grecques. La vieille ferraille remporte un 2e round sur Thierry de Commarmond. Le culte (mais aussi le trafic) de la vieille ferraille relève à Maurice, cela est connu, du grand art et d?une incontestable culture. Ainsi va notre île Maurice bien-aimée.
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