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Thabo M?beki
Président de l?Afrique du Sud
Ce matin, vous avez dit que si la communauté internationale n?arrive pas à venir en aide à 576 000 personnes, ce serait une journée sombre pour le monde. Les pays pauvres ont besoin de tarifs préférentiels et d?être soutenus. Comment pensez-vous que cela se reflètera lors des prochaines négociations de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong-Kong ? Comment voyez-vous la position de l?Afrique du Sud vis-à-vis des tarifs préférentiels et des ?access markets??
Je ne sais pas ce qui ressortira de la rencontre ministérielle de l?OMC à Hong-Kong. Je pense que tout le monde accepte qu?il n?y a pas eu de mouvement assez rapide autour de l?agriculture. A Hong-Kong, nous chercherons au moins un processus consensuel. Nous allons discuter de toutes les questions non résolues, dont la principale est l?agriculture, mais aussi d?autres liées à l?accès des marchés qui sont sur l?agenda, telle celle des produits industriels. Il faut au moins qu?un processus consensuel sorte de Hong-Kong pour que cette ronde particulière de négociations soit conclue en 2006. C?est clair qu?il sera difficile de revenir de Hong-Kong avec l?aboutissement définitif souhaité par tous les partenaires. Les décisions de l?Union européenne (UE) sur le sucre sont injustes vis-à-vis des pays en développement. On ne peut pas soudainement décider de réduire le prix du sucre sans donner le soutien nécessaire aux pays producteurs de sucre pour s?adapter. L?UE est prête à donner des milliards d?euros pour soutenir les fermiers de la betterave sucrière en Europe mais très peu aux pays de l?Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) producteurs de sucre.
Quels sont vos espoirs pour la cour africaine de justice dont vous souhaiteriez l?établissement à Maurice ?
Un des items sur l?agenda du prochain sommet de l?Union africaine (UA), en janvier à Khartoum, sera l?approbation des juges. On ne peut pas nommer des juges en janvier sans cour de justice et Maurice est le site approprié. Pour entrer en vigueur, un acte ?constitutif? doit être approuvé par les Parlements des pays africains, qu?ils soient mauriciens ou sud-africains. C?est très important que l?UA ait cet instrument pour que tous les Etats membres puissent respecter les provisions de la loi ainsi que toutes les conventions que nous avons adoptées, telle celle concernant les droits humains.
Vous irez bientôt en Ouganda. Parlerez-vous de la décision de la ?Lord?s resistance army? de baisser les armes avec votre homologue ougandais ?
Le gouvernement ougandais a offert une amnistie à tous ceux qui ont eu recours aux armes contre lui. La même question est survenue par rapport à Colonel Besigye qui est accusé d?avoir des liens avec un groupe armé. Donc, la même loi d?amnistie s?appliquerait à son cas, même s?il a préféré être juge plutôt que d?y avoir recours. J?ai discuté de cette question avec le président Museveni. Il souhaite qu?elle soit résolue. Il est vrai que si quelqu?un a commis une offense, il doit passer par le processus judiciaire habituel.
Propos recueillis par N. R.
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