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Textile : la dérogation fera la différence sur le marché américain

6 janvier 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les chiffres sont explicites. Les vêtements qui ne pouvaient pas obtenir un accès en duty-free sur le marché américain ont entraîné la chute des exportations. La dérogation à la clause du ?third country fabric? devrait donc permettre de renverser la vapeur.

Telle est l?analyse des principaux dirigeants de la Mauritius-US Business Association (Musba), Paul Ryberg, actuellement au pays, et Maurice Vigier de la Tour. Pour démontrer l?importance de cette dérogation, Paul Ryberg fait ressortir que c?est principalement dans la catégorie de vêtements fabriqués avec du tissu importé qu?il y a eu une baisse marquée des exportations vers le marché américain.

En 2002-2003, Maurice a exporté 46 millions de mètres carrés de vêtements vers les Etats-Unis. Le chiffre a chuté à 36,5 millions de mètres carrés en 2003-2004, précise Maurice Vigier de la Tour.

Durant cette période, il y a eu une baisse de 50 % des exportations de vêtements confectionnés avec du tissu importé. Par contre, les exportations des vêtements fabriqués avec du tissu local ou régional ont accusé une hausse de 30%.

Accroître production et exportation

La raison est que des droits de douane sont imposés sur les vêtements fabriqués avec du tissu importé. Ils ne sont donc pas compétitifs comparés aux vêtements produits avec du tissu mauricien ou régional sur lesquels il n?y a pas de droits de douane.

La dérogation permettra d?obtenir un accès en hors taxes également pour les vêtements fabriqués avec du tissu importé des pays tiers.

?La bataille pour l?obtention de la dérogation visait justement à aider ce secteur qui a été pénalisé par les droits de douane?, poursuit Paul Ryberg. Avec la dérogation, on peut s?attendre à une reprise des exportations de cette catégorie de vêtements.

Et ce sont les exportateurs de ce type de produit qui bénéficieront en priorité du quota de 27 millions de mètres carrés de vêtements obtenu en même temps que la dérogation. Le but est de veiller que la dérogation ne ralentisse pas le processus d?intégration verticale et régionale dans l?industrie du textile-habillement. Un comité gouverne- ment-industrie suivra de près l?évolution de la situation.

Mais il s?agit aussi d?éviter que les industriels remplacent le tissu local ou régional par du tissu importé au lieu de se servir de la dérogation pour accroître la production et les exportations. ?Je pense que normalement les industries adopteront la stratégie de poursuivre les relations qu?elles ont développées avec les filateurs mauriciens et africains qui constituent une meilleure garantie de conserver leurs parts de marché à long terme?, déclare Maurice Vigier de la Tour.

En effet, si une entreprise cesse de passer commande auprès d?un filateur, ce dernier ira chercher d?autres clients. Et si l?entreprise a de nouveau besoin des services du filateur, il risque de se voir dire qu?il n?y a plus de capacité disponible.

Les chances de renouvellement

Par ailleurs, la hausse de 30% des exportations des vêtements produits avec du tissu local ou régional est preuve que l?industrie peut être compétitive grâce à l?intégration verticale et régionale, commente Paul Ryberg. C?est en tout cas ce message que la Musba apportera aux industriels de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza) lundi prochain.

Cette réunion vise aussi à mobiliser les membres pour la campagne de lobby qui commencera très bientôt pour le renouvellement de la dérogation. ?Après avoir obtenu une dérogation pour un an, on pourrait penser que l?on a des chances d?obtenir un renouvellement de la dérogation. Mais on ne sait jamais. Car il faudra repasser par le Congrès. Cela nous a pris trois ans pour obtenir cette première dérogation d?une année?, commente Paul Ryberg.

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