Publicité
Terrains dangereux !
Ce n'est pas la première fois qu'un terrain vague, en pleine zone résidentielle, est le théâtre de crimes crapuleux. Ces lieux, improprement appelés "vagues" - parce que toujours recouverts d'une épaisse végétation - sont devenus le repaire de prédilection des plus louches individus. Dans les villes comme à la campagne, ils ont fini, avec le temps, par faire partie du décor. Les plaintes répétées et autres pétitions de résidents inquiets réveillent quelquefois les autorités qui servent aux propriétaires une notice of intented prosecution ( à noter le mot intended ) qui ne semble guère avoir le résultat escompté. Aujourd'hui, c'est le calcul mercantile qui prime sur le sens civique et les relations de bon voisinage.
Dès lors, vu le laxisme des responsables, il ne faut pas s'étonner de la prolifération de ces boqueteaux touffus autour de nos habitations. Mais, il ne s'agit pas ici d'esthéti- que : il y a longtemps que cette bataille-là a été perdue, grâce à la tradition bien ancrée de l'intervention politique. Il y a plus grave. C'est maintenant, et plus que jamais, une question de sécurité.
Demandent actions concrètes
En effet, les événements de ces derniers jours réclament des citoyens une vigilance accrue, et de la part de nos édiles, des actions concrètes. Il y en a marre des procédures tatillonnes, des promesses non tenues. Le ministère de l'Environnement est la seule institution sur laquelle on peut compter pour faire avancer les choses mais ses officiers doivent, à chaque fois, référer l'affaire aux municipalités qui n'arrivent pas toujours à retracer les propriétaires. Pourtant, les relevés cadastraux sont des opérations obligées.
Route Royale, Rose-Hill. Une dizaine de terrains abandonnés, ou du moins perçus comme tels, exposent à la vue des passants des maisons délabrées qui pourraient s'effondrer à tout moment. Est-ce qu'un spectacle aussi hideux suscite quelque réaction suivie d'actions fermes de la part des élus ? Pas du tout. A Rose-Hill, comme dans d'autres endroits, la laideur n'offusque plus la vue. On s'y est habitué...
Mais voilà, les malfaiteurs de tout poil qui misent sur le découragement des administrés et du manque de rigueur des autorités, hantent ces endroits déserts, oh combien propices pour leurs coups. Encore faudrait-il leur mettre la main dessus. Il y a quelques années, une charmante vieille dame, Mme Pablot, était sauvagement assassinée dans sa demeure, située à côté d'un terrain vague, à Quatre-Bornes. L'enquête démontrera que le petit bois avait servi de point d'observation aux meurtriers qui courent toujours...
Alors, quelles solutions ? Evidemment, il faut sévir plus durement envers ces propriétaires "foupamalistes". Mais sans aller jus- qu'aux mesures extrêmes en cours sous certains régimes autoritaires où un moratoire de cinq ans seulement leur est donné pour exploiter ou vendre un terrain en friche, faute de quoi l'Etat peut exproprier, on pourrait quand même exiger qu'ils le fassent nettoyer régulièrement et surtout "le clôturer". Une clôture (en fil métallique de préférence pour qu'on puisse voir à travers ) interdirait l'accès à des intrus et les empêcherait d'entraîner d'éventuelles proies dans ces épais buissons. Après ce qui s'est passé à Albion, il incombe maintenant à ceux chargés de la gestion du Law and Order de prendre la pleine dimension de l'angoisse des citoyens en ce moment et d'arrêter les mesures qui les rassureront ?
Publicité
Publicité
Les plus récents