Publicité

Sécurité dans les écoles : Il est temps d?agir

15 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ce n?était pas une alerte rouge, mais on a vraiment eu chaud. Jeudi matin, un incident intervenu à l?école gouvernementale Mohun Parsad Kisnah de Piton est venu rappeler la nécessité pour le gouvernement d?effectuer un audit régulier des structures de tous les bâtiments du ministère de l?Éducation et celles des bâtiments publics.

En effet, des morceaux de béton sont tombés du plafond d?une salle de classe, blessant légèrement six écoliers. « Trois classes seront mises sous scellés à partir de demain (NdlR vendredi dernier). Les techniciens du ministère des Infrastructures publiques feront une inspection pour prendre des mesures d?urgence », déclarait lors d?une visite sur le site jeudi, James Burty David, le ministre de l?Éducation par intérim.

Loin d?être banal, ce cas est venu mettre en évidence la manière dont les questions de sécurité et de santé au niveau des ministères de l?Éducation et du Service public sont prises en compte.

En décembre dernier, Vasant Bunwaree, ministre du Travail et des Relations industrielles, se réjouissait de l?introduction d?un projet de loi sur la sécurité et la sécurité sur le lieu du travail. L?Occupational Safety and Health Act de 2005 amène, en effet dans son sillage une importante mesure. Si la précédente législation n?engageait que les entreprises privées, la nouvelle fait obligation à l?État de mettre en application certaines dispositions.

En clair, l?État doit recruter une personne qualifiée en matière de sécurité et de santé sur tous les sites de travail où évoluent un minimum de 100 personnes. Mais paradoxalement, cette législation est restée lettre morte car elle n?a pas encore été proclamée par le président de la République, étape préalable à sa mise en application sur l?ensemble du territoire.

Si ce texte de loi est toutefois promulgué il y aura, dans un premier temps, une pénurie de professionnels en matière de sécurité sur les sites de travail. En effet, l?université de Maurice ne délivre un tel diplôme qu?à une trentaine d?étudiants par an. Et il existerait entre 150 et 200 professionnels de la sécurité qui travaillent soit à temps partiel, soit à temps plein dans des entreprises privées. Enfin, au moins une trentaine de fonctionnaires détiennent le diplôme, mais ne pratiquent pas.

Série de propositions au ministère

Le ministère de l?Éducation dispose bien d?un département chargé de l?entretien des bâtiments. Cependant, une source du même ministère souligne que la tâche de ce département ne concerne pas l?évaluation de l?état des bâtiments. « Il intervient pour de menus travaux, dont la réparation de toilettes. Au début de l?année financière, une communication est adressée aux directeurs d?école, les invitant à faire état des travaux qu?il faut entreprendre. Cependant, la gestion et la maintenance des structures sont sous la responsabilité du ministère des Infrastructures publiques. »

Les professionnels du privé ne sont pas indifférents au problème de sécurité dans les écoles et les collèges. Il y a un peu plus de huit ans, l?Institution of Occupational Safety and Health Mana-gement (IOSHM), connu alors comme l?Association of Health and Safety Management, fit une série de propositions au ministère de l?Éducation.

« Nous avions suggéré, entre autres, un audit de l?état des bâtiments. Il y a ensuite eu un changement de gouvernement et aucun suivi. Puis, une Occupational Safety & Health Unit du ministère du Service civil a été mise en place. Il faut savoir que les membres de notre association sont disposés à aider bénévolement l?État à assurer un service de sécurité et de santé dans ses institutions », affirme Yoosoof Jauhangeer, le président de l?IOSHM. Ce dernier estime également qu?un audit régulier de l?état des bâtiments par un ingénieur ou un professionnel est indispensable. « Cet exercice devrait s?étendre également aux installations électroniques et à la plomberie », renchérit Yoosoof Jauhangeer.

Un protocole sur les normes

Steven Obeegadoo, le ministre sortant de l?Éducation reconnaît les difficultés à instaurer un protocole sur les normes de sécurité dans ce ministère : « La solution, c?est d?établir des normes de qualité minimale que les responsables des écoles se doivent d?entériner et d?instituer une formule d?inspection de l?état des bâtiments. Nous avons établi un protocole dans ce sens. Il n?a pu être mis en application en raison de la résistance de ceux qui estiment que cette inspection ne relève pas de leur responsabilité. » L?ex-ministre trouve également dommage que jusqu?ici, les obligations en matière de sécurité sur le lieu de travail ne s?appliquent qu?au privé. « Et il existe une perception selon laquelle les bâtiments publics sont censés être exempts de tout risque », poursuit Steven Obeegadoo.

Vinod Seegum, le président de la Government Teachers? Union (GTU) demande au gouvernement de revoir sa politique en matière de sécurité dans les écoles. « Ce problème nous préoccupe et nous n?avons cessé d?en faire état au ministère. Nos membres nous informent qu?il existerait trois autres institutions du cycle primaire où il y a une menace potentielle. »

L?incident de l?école primaire de Piton devrait permettre aux responsables de la sécurité et de la santé dans les sites de travail publics de rebondir. Le prochain incident du genre pourrait ne pas faire l?économie d?une véritable tragédie.

Publicité