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Syrie : des bombes à sous-munitions larguées sur une ville contrôlée par les rebelles
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Syrie : des bombes à sous-munitions larguées sur une ville contrôlée par les rebelles
L’armée de l’air a fait usage de bombes à sous-munitions sur Maaret Al-Noomane, une ville-clé du nord de la Syrie contrôlée par les rebelles et soumise depuis une dizaine de jours à d’intenses bombardements, selon des rebelles sur place.
Les rebelles ont montré au journaliste de l’AFP les restes de l’un de ces engins, largué sur la ville : la partie inférieure à ailette de l’imposante bombe en métal gris, et des dizaines de sous-munitions dont certaines n’avaient pas explosé. Cette bombe portait des inscriptions en alphabet cyrillique sur l’une de ces ailettes, laissant à penser qu’elle est de fabrication russe.
Jeudi, le journaliste de l’AFP a vu un chasseur-bombardier Sukhoï de l’armée de l’air du régime larguer ce type d’engins sur les positions rebelles en périphérie de la ville. La bombe a éclaté dans le ciel comme un feu d’artifice, ses sous-munitions s’abattant sur le sol dans des traînées de fumée blanche. L’aviation fait usage de ces bombes sur les zones habitées et sur la ligne de front depuis une vingtaine de jours, selon l’un des commandants militaires de Maaret Al-Noomane. « Ces bombes coupent les gens en morceaux », a-t-il témoigné.
Le même jour, dans cette même ville du nord de la Syrie, située stratégiquement entre Alep et Damas, au moins 49 personnes ont été tuées, dont 23 enfants, âgés d’un mois à 9 ans, dans les bombardements, selon les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et des médecins. La plupart des victimes ont été tuées quand un immeuble et une mosquée ont été réduits en poussière.
Dans un hôpital de fortune, un journaliste de l’AFP a vu 32 corps, dont ceux de six enfants, enveloppés dans des linceuls blancs. De nombreux corps étaient mutilés et méconnaissables. Deux enfants qui jouaient dans la rue ont été fauchés par l’explosion. L’un a été décapité et l’autre déchiqueté. Dans l’hôpital, des sacs en plastique se trouvaient tout près des corps, avec l’inscription « parties de corps ». Maaret Al-Noomane a été capturée la semaine dernière par les troupes de l’ASL, et subit depuis une des pires campagnes de bombardements aériens depuis que le régime Assad a intensifié ce type d’attaques au cours de l’été.
Par ailleurs, l’aviation syrienne bombardait, vendredi matin, les positions des rebelles, qui ont lancé la veille un assaut contre une base militaire à la périphérie de Maaret Al-Noomane, Wadi Deif, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Jeudi, les insurgés avaient annoncé avoir lancé "l’assaut final" contre cette base stratégique, qui abrite quelque 250 soldats, des chars et d’importants réservoirs de carburant. Les combats ont fait six morts parmi les soldats de la base, selon l’OSDH, d’après qui « au moins 2 500 insurgés participent aux combats ». Les violences, qui continuent de tuer des dizaines de personnes chaque jour, ont fait jeudi 195 morts dont 89 civils – y compris 27 enfants –, selon l’OSDH.
Du côté de la frontière turco-syrienne, l’artillerie turque a riposté à la chute vendredi de deux obus syriens sur son territoire, qui n’ont pas fait de victimes, selon la chaîne publique TRT. « C’est devenu habituel pour les unités à la frontière de riposter après la chute de chaque obus sur le sol turc », a commenté un diplomate turc. L’armée turque répond systématiquement aux tirs d’obus syriens sur son territoire depuis que l’un d’eux a causé la mort, début octobre, de cinq civils turcs dans un village proche de la frontière syrienne.
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