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S.W.A.T-Unité d?élite

19 février 2004, 20:00

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Au cas où vous vous posez la question, S.W.A.T signifie Special Weapons And Tactics. Il s?agit d?unités de la police américaine déployées dans les cas extrêmes et composées d?hommes et de femmes surentraînés, rompus à toutes les tactiques des commandos. Ce qui, quand il s?agit de cinéma laisse donc soit espérer pour le mieux, soit craindre le pire. Curieusement, le début de ce film de Clark Johnson vient confirmer à la fois les espoirs et les craintes.

Une prise d?otages dans une banque de Los Angeles avec voitures de police arrêtées devant, gyrophares allumés; un bandit encagoulé qui tire au fusil d?assaut sur les policiers; deux représentants de la loi gisant sur le bitume, etc. La caméra est sans cesse en mouvement et sur la bande-son, on entend les unités de police qui échangent leurs informations ou qui reçoivent leurs instructions sur leur fréquence radio. C?est ainsi qu?on apprend qu?une unité de S.W.A.T est en route et que ça va chauffer.

Ce sont des moments dignes de n?importe quel bon film d?action ; du moins, jusqu?à l?arrivée des personnages qui justifient le titre de ce film. Là, les choses dégénèrent ; le film prenant des allures de téléfilm américain (comme sur les chaînes satellite), ou de vidéo-clip.

C?est aussi à partir de ce moment ? c?est-à-dire, le début ? que l?histoire se fourvoie. Elle démarre avec une bavure qui vaut au héros (Colin Farell en jeune policier promis à une belle carrière dans une unité d?élite) d?être mis au placard par un supérieur irascible, alors que son coéquipier (Jeremy Renner) lui, se fait mettre à la porte. L?occasion pour le héros de se réhabiliter se présente sous les traits de Samuel L. Jackson en légende vivante des S.W.A.T sorti de sa retraite pour former une autre unité, une qui sera la meilleure.

Lenteur</B>

On assiste donc à la formation de cette unité, à la présentation et au recrutement de ses membres (il y a un candidat qui est refusé parce qu?il est végétarien), à leur entraînement ainsi qu?à la première mission ? au cours de laquelle s?illustre notre héros, cela va de soi.

Tout cela durant plus de la moitié du film, moitié au cours de laquelle on voit également Olivier Martinez jeune et richissime parrain d?un empire mafieux débarquant sur le sol américain pour se rendre au restaurant de son oncle et lui trancher la gorge, une fois le dîner de retrouvailles achevé. Arrêté juste après, lors d?une promenade (digestive) en limousine, ce neveu indigne se fait jeter en prison où on découvre alors qu?il est français ? preuve pour le public américain qu?il s?agit vraiment d?un affreux. Long ? Certainement, on en est à plus de la moitié du film et l?histoire n?a même pas encore démarré ; réellement démarré, cela s?entend.

Pourtant, S.W.A.T présente jusque-là quelques qualités qui auraient pu avoir donné un honnête film d?action. Des qualités qui semblent établir que quelqu?un, quelque part, (le réalisateur ou l?un des scénaristes) avait à un certain moment la volonté de faire un film qui fasse vrai. Lors de la scène du braquage, la tête brûlée qui tente de tirer sur le braqueur abrité derrière l?otage rate son coup et blesse l?otage. Les deux responsables de la bavure policière sont durement sanctionnés, leur supérieur ne se contente pas de leur demander leur insigne et leur arme, contrairement à ce qui se passe dans les autres films policiers. Il y a ce petit bout de dialogue entre Samuel L. Jackson et une des recrues lors d?une séance d?entraînement : ?Pas de roulades ??/?Les roulades, c?est dans les films de John Woo, pas dans la vie.?

Et de fait, les cascades que l?on voit lors des scènes d?action dans ce film sont du genre de celles que l?on voyait dans les films d?action avant que les effets spéciaux ne viennent remplacer les êtres humains. Comme le dit un critique : ?Il est entendu que rien de tout cela n?est vrai. Mais au moins aucune des cascades n?est en contradiction avec les lois de la physique.? Il y a mieux encore : lors d?une poursuite dans le métro, les policiers montent à bord d?un train à l?arrêt ; pas de bagarre sur les wagons d?une rame de métro en mouvement.

Il est grand dommage que le prix à payer pour ces ?morceaux d?action authentique? soit ces moments d?interaction entre les personnages ou ceux qui sont censés nous donner un aperçu de leur vie privée. Les collègues du héros sont des abrutis, exception faite de la demoiselle d?origine hispanique (Michelle Rodriguez) parce que c?est avec celle-ci qu?il aura une liaison amoureuse. Des moments donnant dans le cliché, empreints de mièvrerie dans le meilleur des cas et qui font que l?histoire tarde toujours à démarrer. S.W.A.T serait adapté d?une série télé américaine des années 70 qui, aux dires de certains critiques, n?était pas des meilleures. A voir le film, on a beaucoup l?impression justement, d?un épisode d?une série policière promue au rang de ?série culte? justement pour sa totale ringardise.

<B>Embuscades</B>

L?histoire se met finalement en mouvement lorsque le vilain bonhomme fait une tentative d?évasion lors d?un transfert, mais il est repris par le héros et ses collègues qui passaient là par hasard (un hasard qui veut qu?ils revenaient justement de leur première mission, comme dans une série télé). C?est donc cette unité S.W.A.T qui se retrouve chargée d?assurer le transfert du criminel, mais le gredin annonce à la presse qu?il offre une récompense de 100 millions de dollars à quiconque parviendra à le libérer.

Non seulement le public aura du mal à s?expliquer le fait que tous les desperados de Los Angeles soient prêts à croire sur parole un individu dont personne n?accepterait un chèque, mais en plus, c?est là que le film aurait dû commencer. Ce qui nous aurait donné un peu plus d?une heure et demie de poursuite palpitante (du moins on aurait été à même de l?espérer) dans le huis clos des couloirs du métro ou dans les égouts de L.A. avec embuscades ou pièges à tous les coins. Au lieu de quoi nous avons droit à une poursuite sans surprises qui vient annoncer une fin totalement ridicule.

S.W.A.T se veut avant tout un divertissement, dommage que tout en ayant les moyens, ce divertissement prétende à si peu de chose.

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