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Super-Cécilia, madone des Balkans

27 juillet 2007, 00:00

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?Et puis, je remercie madame Sarkozy.? Déployant devant elle un large drapeau français, cette femme venue accueillir les infirmières bulgares de retour de l?enfer libyen pleurait de joie, récemment, dans les journaux télévisés.

Un peu plus tôt, Cécilia Sarkozy, première dame de France depuis deux mois, était descendue de l?Airbus présidentiel main dans la main avec le commissaire européen aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, qui travaille sur le dossier des infirmières bulgares depuis deux ans. En foulant le tarmac de l?aéroport de Sofia, l?épouse du président de la République a pris une nouvelle dimension. Enthousiaste, Claude Guéant, avec qui elle menait la délégation française à Tripoli puisque les ministres Bernard Kouchner et Rama Yade n?étaient pas du voyage, confirmait.

Il évoquait le ?rôle tout à fait déterminant? de cette ?femme moderne? et vantait l?intérêt que constitue l?implication directe d?une personnalité aussi proche du chef de l?Etat. Un peu plus tôt, le président lui-même avait, depuis l?Elysée, loué ?le courage, la sincérité, l?humanité et le brio? de son épouse, qui, avait-il ajouté, ?a compris très vite qu?il fallait prendre toutes les douleurs en considération?.

Cette négociatrice compassionnelle hors pair sera-t-elle bientôt envoyée au Darfour, voire au Liban ? Vous le saurez en suivant les prochaines missions de Super-Cécilia. Car récemment, dans les journaux télévisés, c?était bien de Super-Cécilia dont il était question.

Au milieu de la liesse du peuple bulgare, la madone des Balkans rayonnait. Un sourire flottait sur son visage. D?une voix à peine audible, elle acceptait de dire quelques mots. C?était pour se déclarer ?très fatiguée? par ces négociations ?très difficiles?, mais ?très heureuse? de leur issue.

Sur France 2, on vit Mme Ferrero-Waldner la chercher du regard pour l?inviter à se joindre à une conférence de presse improvisée. Trop tard ! L?émissaire personnel du président s?était déjà envolé dans le grand avion blanc de la République. Comme ces héros de bande dessinée qui, une fois accomplie leur mission de sauvegarde, tournent discrètement les talons et replongent dans l?anonymat.

© Le Monde 2007 Distribué par The New York Times Syndicate

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