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Sucre : manque à gagner de Rs1,1 milliard en 2008
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Sucre : manque à gagner de Rs1,1 milliard en 2008
L?industrie sucrière a du souci à se faire. Elle subira, cette année, une baisse de 12 % du prix du sucre sur le marché européen après une baisse de 5 % en 2006 et 2007, dans le cadre de la réforme du régime sucrier européen. L?année prochaine, la diminution du prix sera de 36 % au total.
La nouvelle baisse interviendra en octobre de cette année et affectera les revenus pour 60 % de la récolte, qui est normalement livrée entre octobre et avril. Selon les premières estimations, la nouvelle baisse du prix du sucre occasionnera un manque à gagner de Rs 2 200 par tonne de sucre environ. Le prix moyen pour la récolte 2008-2009 devrait tourner autour de Rs 16 000 la tonne contre un prix moyen de Rs 18 200 pour la saison précédente.
Sur une production de 500 000 tonnes environ, le manque à gagner cette année sera autour de Rs 1,1 milliard C?est en mai prochain que l?on connaîtra la première estimation de la récolte, mais il n?est pas impossible que la sécheresse de ce début d?année influence la récolte. Cette estimation du manque à gagner est basée sur le cours actuel de la roupie. L?appréciation de la monnaie risque de provoquer une baisse additionnelle de revenus comme c?est le cas dans l?industrie du textile ? habillement.
«Le ?Mauritius Sugar Syndicate?, le bras commercial de l?industrie sucrière, pratique du ?hedging? pour limiter, autant que faire se peut, les effets de la fluctuation du taux de change sur les revenus.»
La différence, toutefois, est que le Mauritius Sugar Syndicate, le bras commercial de l?industrie sucrière, pratique systématiquement du hedging pour limiter, autant que faire se peut, les effets de la fluctuation du taux de change sur les revenus. Le syndicat des sucres a commencé à faire du «forward selling» pour protéger ses revenus futurs. Le «forward selling» est une des techniques de hedging qui consiste à négocier, dès aujourd?hui, le taux auquel on vendra ses devises à l?avenir. Le syndicat se fixe un objectif de revenu moyen par tonne de sucre qu?il cherche ensuite à atteindre à travers le hedging.
La baisse du prix du sucre sur le marché européen, couplée à l?appréciation de la roupie, arrive à un mauvais moment pour l?industrie sucrière, qui a besoin de ressources pour fi-nancer sa réforme. La mise à la retraite de quelque 7 000 salariés à travers le Voluntary Retirement Scheme (VRS) ou le Blue-Print, coûtera plus cher que prévu initialement, soit Rs 7 milliards au lieu de Rs 5,5 milliards. Le renchérissement des coûts est principalement dû au fait que la mise à la retraite est intervenue un an plus tard. Ce qui augmente le coût de la compensation payable aux nouveaux retraités.
Sous le VRS, chaque salarié recevra une compensation financière représentant deux mois et demi de salaire par année de service. Sous le Blue-Print, les travailleurs recevront deux mois et demi de salaire par année d?ancienneté.
Des Rs 7 milliards requises pour le volet social de la réforme, la compensation financière représente Rs 3,5 milliards. La différence représente le don de lopins de terre aux nouveaux retraités. Ces terres doivent être viabilisées en termes d?infrastructures ? routes, eau et électricité ? pour les rendre habitables. Les programmes de formation et de réorientation professionnelles sont également prévus.
Des Rs 7 milliards requises pour le volet social de la réforme, l?Union européenne (UE) contribuera Rs 3,8 milliards, soit 94 millions d?euros. Ainsi, s?il était prévu au départ que les fonds européens couvriraient environ 75 % des dépenses liées au volet social, ce pourcentage est, dans la pratique, tombé autour de 55 %.
Etant donné que le déboursement de l?UE est étalé sur huit années, l?industrie sucrière a dû prendre un emprunt représentant le montant de la contribution de l?UE ? 94 millions d?euros ? pour financer, dès maintenant, le volet social de la restructuration.
Un special purpose vehicle sous forme de Trust a contracté un emprunt de 94 millions d?euros pour lequel le gouvernement s?est porté garant. Puisque les fonds européens seront crédités au budget national, l?Etat s?en servira pour rembourser le capital au fur et à mesure. L?industrie sucrière devra rembourser les intérêts.
De plus, si les fonds européens ne couvrent que Rs 3,8 milliards des Rs 7 milliards requis, l?industrie sucrière doit prendre un autre emprunt en roupies de Rs 3,2 milliards pour combler la différence et financer le volet social. Il a été agréé que l?industrie sucrière pourra se lancer dans des développements fonciers pour couvrir ses besoins de financement du volet social.
LA RESTRUCTURATION EN MARCHE
En décembre 2007, trois usines sucrières ont fermé leurs portes : St-Felix, Riche-en-Eau et Mon Trésor. De plus, quelque 7 000 travailleurs ont été mis à la retraite prématurément dans 25 compagnies sucrières. Après le paiement d?une compensation financière, les dons en lopin de terre s?effectueront au fur et à mesure, au fil des deux prochaines années. Par ailleurs, deux usines fermeront avant le début de la prochaine saison : Mon Loisir et Mon Désert Alma. Vers la fin de 2009, deux autres usines vont probablement fermer : Beau Champ et Saint-Aubin.
L?objectif de la restructuration de l?industrie sucrière est de réduire les coûts de production à travers notamment une diminution de la main-d??uvre et la création de plus de valeur ajoutée. La production de sucre blanc devrait démarrer après 2009, avec la construction de raffineries.
Apres 2009, le marché européen sera plus ouvert avec l?entrée des pays les moins avancés (PMA) sous l?intiative «Everything but Arms». Il y aura, parallèlement, une baisse de production de quatre millions de tonnes de la part des producteurs européens. «Dans ce contexte, il faudra repositionner Maurice parce que le marché sera déficitaire en sucre blanc. Nous avons donc une carte à jouer dans ce contexte. Avec le sucre blanc, on se rapprochera du consommateur final et on aura davantage de valeur ajoutée», déclare Jean Li, directeur de la «Mauritius Sugar Producers Association» (MSPA).
Outre le sucre blanc, l?industrie sucrière devrait également se lancer dans la production d?éthanol à partir de la mélasse dans un premier temps. Quant à la production d?énergie, l?industrie compte participer à d?éventuels appels d?offres du «Central Electricity Board». «Sans le volet électricité, la restructuration risque d?être quelque peu ralentie et notamment le processus de centralisation», commente Jean Li.
MARCHE LOCAL
Un des éléments de l?accord de décembre dernier entre le gouvernement et le secteur sucre porte sur le prix du sucre sur le marché local. Le Syndicat des sucres importe environ 40 000 tonnes de sucre annuellement pour les besoins du marché local, Or ce sucre est vendu à un prix inférieur au prix obtenu. Un tiers du sucre importé est destiné à l?industrie ? boissons gazeuses, biscuits, etc. Le prix du sucre pour le marché industriel sera rééquilibré sur deux ans.
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