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Steven Obeegadoo réplique aux pro-élitistes

28 janvier 2005, 00:00

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?Que les choses soient claires, je ne crois pas en une élite qui se ferait aux dépens des autres. Chaque enfant mauricien a droit à une éducation de qualité.? Une réponse nette, catégorique aux pro-élitistes qui ne cessent d?émettre des critiques sur la réforme de l?éducation, le ministre Steve Obeegado se devait de la donner. Et il l?a fait hier, lors de l?inauguration de l?école secondaire d?État de Sodnac.

Depuis plusieurs semaines, l?opposition, en particulier travailliste, ainsi que le plus virulent des syndicalistes, à savoir Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union, ont repris leur discours en faveur d?une élite dans l?éducation nationale et accusent le ministre de tutelle de vouloir la détruire.

Si le ministre de l?Education s?était gardé de répondre à ces attaques, il a fait une sortie en règle contre ses adversaires et rejette complètement l?idée de retransformer les collèges de Form VI, tels que le collège Royal de Curepipe, en établissements pour l?élite. A cette seule pensée, il voit rouge. Pas question de retourner à l?ancienne formule qui a littéralement broyé plusieurs générations de petits Mauriciens.

Si tous doivent bénéficier d?une éducation égale, ?les plus brillants doivent avoir le potentiel de développer leurs capacités en parallèle?, mais sans rejeter les autres. Les apôtres du ranking sont invités à revoir leur copie. ?Aucun pays au monde ne peut prétendre pouvoir identifier son élite à l?âge de 10 ou 12 ans?, affirme le ministre. Il met au défi ceux qui prétendent le contraire. ?Le système de ranking n?existe dans aucun coin de la planète. Il fallait faire évoluer les choses et commencer par abolir le système qui avait dévié de son sens initial.?

?La réforme ne se résume pas à des bâtiments?

En 2000, après l?installation de l?alliance MMM-MSM dans le fauteuil gouvernemental, trois options se sont présentées. La première a été d?initier une réforme de l?éducation pour la galerie et opter pour le statu quo. La seconde donnait la possibilité d?offrir un changement radical en imposant un collège à chaque enfant après le CPE sans en laisser le choix aux parents. La dernière option est celle de la voie médiane. Régionaliser l?éducation tout en permettant aux parents de choisir entre les établissements de la région. ?C?était le meilleur système à nos yeux?, affirme le ministre Obeegadoo.

Mais pour réussir, il fallait bâtir pour répondre au manque de places dans les collèges d?Etat. Pour permettre la réforme, le budget de l?éducation a augmenté de 85 % en quatre ans. De 44 collèges d?Etat, on est passé à 70. Pour exemple, l?école secondaire d?Etat de Sodnac a coûté Rs 70 millions à elle-seule.

?La réforme ne se résume pas à des bâtiments, nous en convenons tous, mais il fallait bien commencer quelque part pour rendre l?éducation accessible à tous?, souffle le ministre de l?Education. Et les chiffres parlent d?eux-mêmes. En 2000, 17 600 enfants sont admis en Form I. Cette année, 22 000 nouveaux collégiens ont mis le cap sur le secondaire. Rien que pour les collèges d?Etat, le chiffre est passé de 5 000 à 8 800 pour la même période. Alors que le taux d?inscription des jeunes de 12 à 15 ans était de 81 % en 2000, il est de 90 % selon les dernières statistiques.

Pour le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, également présent hier, l?ancien système ?était en train de tuer nos enfants?. Pour faire face aux défis du monde moderne, un système éducatif adapté est un impératif. Il appelle les parents à se montrer responsables pour l?avenir de leur progéniture. ?Les parents se doivent de faire certains sacrifices pour leurs enfants?, insiste le président.

La Private Parliamentary Secretary Danielle Perrier et le ministre du Transport maritime Prithviraj Putten, tous deux députés de la circonscription, ont également pris la parole. Le grand absent de la cérémonie était Anil Bachoo, ministre des Infrastructures publiques et du Transport. Il a fait savoir qu?il était souffrant.

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