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Stagnation dans les ventes de ciment
Des maisons inachevées un peu partout à travers le pays. D?autres qui n?ont pas été rénovées ou qui sont dans un état délabré. La raison : le manque d?argent. Surtout depuis que les intérêts sur les prêts-logement ne sont plus déductibles de la taxe, fait valoir Jean Michel Giraud, directeur de United Basalt Products (UBP).
«Depuis maintenant trois ans, je le dis haut et fort que le secteur de la construction est en déclin. Personne ne veut me croire. Il n?y a pas de boom», souligne-t-il.
Pour lui, le seul baromètre qui puisse mesurer la morosité dans le secteur de la construction est la vente du ciment. «Vous n?avez qu?à voir les chiffres de vente du ciment et vous comprendrez ce qui se passe dans ce secteur.»
Deux opérateurs fournissent le pays en ce matériau : Lafarge Mauritius qui commercialise Baobab et la Cimenterie de l?océan Indien (COI), qui commercialise Kolos. Les deux directeurs sont unanimes. Pour eux, «il y a une stagnation dans le marché de la construction à Maurice».
La décision du gouvernement de ne plus autoriser la déduction, des impôts, des intérêts sur les prêts-logement a eu un impact négatif, insiste Jean Michel Giraud.
Il estime même qu?il y a un recul pour 2008, en raison aussi de la baisse du pouvoir d?achat des Mauriciens et de la hausse des prix des matériaux de construction. Il en est de même pour les ventes de peinture, qui n?ont pas progressé.
Le directeur de Lafarge, lui, garde quand même une dose d?optimisme. Il s?appuie sur les retards accumulés cette année dans certains chantiers, dont la construction de routes qui nécessite beaucoup de ciment.
Reprise en 2009
Mais contrairement à d?autres opérateurs, Hedi Rafaï,directeur de Lafarge, estime qu?il y aura une légère reprise en 2009, de l?ordre de 2 à 3 %. Un avis que ne partagent pas Jean Michel Giraud et Pascal Neau, directeur de COI.
«Ou voyez-vous cela ?» se demande le directeur d?UBP. Il précise que la vente des matériaux de construction, dont le ciment, dépend en grande partie des gens de la classe moyenne et de ceux au bas de l?échelle. Ils représentent 65 % du marché.
Pascal Neau, lui, fait valoir qu?à la fin de 2008, Maurice aura consommé 670 000 tonnes de ciment, soit le même chiffre que l?année dernière. Il souligne que les projets Integrated Resorts Scheme ne sont pas de gros consommateurs de ciment. Les matériaux utilisés comprennent surtout le bois et la pierre.
Il ne voit pas l?horizon s?éclaircir pour 2009 car, dit-il, Maurice, classée neuvième mondial en termes de consommation de ciment, a atteint une forte maturité en la matière.
Il ne voit pas comment ce chiffre pourrait progresser de manière considérable. A moins qu?il n?y ait des projets d?envergure et, surtout, de gros consommateurs de ciment.
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