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SSR souhaite former un gouvernement d’union nationale

12 septembre 2006, 00:00

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Début septembre 1981, à quelques mois de la fin de son mandat législatif et du renouvellement de la composition de notre Parlement par de nouvelles élections générales, Sir Seewoosagur Ramgoolam exprime son désir de former un gouvernement d’union nationale. Il s’agit, explique-t-il, de trouver une solution consensuelle au problème que pose l’existence de 50 000 chômeurs. Il craint une détérioration de la situation sociale.

Il propose à Anerood Jugnauth et à Paul Bérenger de coopérer dans ce sens avec le Parti Travailliste. Il leur suggère que tous les partis politiques conjuguent leurs efforts pour tirer le pays de la situation chaotique dans laquelle il se trouve. Il leur explique que, pour lui, la priorité des priorités est le maintien de l’ordre et de la paix publique, de la stabilité économique. Il préconise, par conséquent, une entente pré-électorale et un prochain gouvernement de tous les partis.

Le MMM lui répond immédiatement qu’il rejette catégoriquement sa proposition. Celle-ci est renouvelée pourtant à l’occasion d’une réception en l’honneur du nouvel ambassadeur de l’Union soviétique, M. Nicolaï Pankov. Celui-ci est présenté à l’élite de la société mauricienne et au corps diplomatique par l’ancien ministre de la Sécurité sociale, épinglé par la Commission Glover (enquête sur des allégations de fraudes et de pots-de-vin). La réception est offerte par l’Amicale Maurice/URSS que préside l’ancien ministre Lutchmeeparsad Badry. Elle se déroule dans les salons de l’hôtel de ville de Quatre-Bornes.

Non seulement Anerood Jugnauth refuse catégoriquement cette proposition ramgoolamienne de dernière heure mais encore confirme que le MMM et le PSM d’Harish Boodhoo iront ensemble aux prochaines élections législatives. MMM et PSM veulent bien aider au maintien de l’ordre et de la paix publique mais il ne peut être question d’accord électoral avec le PTr ou de gouvernement de tous les partis. Il précise que s’il se doutait que Seewoosagur Ramgoolam lui ferait une telle proposition, il aurait refusé d’accepter son invitation de le rencontrer pour parler de paix et d’ordre public.

La presse rapproche, bien sûr, cette surprenante proposition ramgoolamiemme de l’anxiété s’emparant de l’Hôtel du gouvernement avant, pendant et après la manifestation des partisans de Gaëtan Duval, au Champ de Mars et à la Plaine Verte, le 7 septembre 1981. Sir Seewoosagur avoue à des journalistes ne rien craindre pour lui-même mais beaucoup pour le pays. Il craint en particulier qu’un climat de peur et de violence ne s’instaure au fur et à mesure que se rapproche la date des prochaines élections législatives. Il appréhende plus particulièrement le renouvellement du clivage d’avant l’Indépendance. Il n’écarte pas tout à fait le spectre de nouvelles bagarres raciales, comme en janvier 1968. “Dans un pareil climat d’insécurité tout peut arriver”, dit-il

Plus exactement Sir Seewoosagur propose au tandem Jugnauth/Bérenger une liste commune de candidats travaillistes et militants, devant faire face à ceux des “petits partis” et aux indépendants. La réponse (en créole) de Jugnauth à cette proposition ramgoolamienne est : /Pena simin /! Le MMM et le PSM sont plus que jamais résolus à aller ensemble aux prochaines législatives et à former le prochain gouvernement. Ils ne partagent pas les appréhensions du Premier ministre concernant l’ordre et la paix publique. Pour l’instant, la question d’une éventuelle coalition avec le PTr après les élections générales ne se pose pas.

La presse relève à ce propos que, lors de sa précédente conférence de presse, Ramgoolam a qualifié le MMM de “parti de désordres”. Il a aussi ridiculisé la prétention militante d’obtenir une majorité des trois quarts de voix aux prochaines législatives. Moins de 15 jours après, le voilà qui propose rien de moins qu’un gouvernement d’union nationale ou une coalition post-électorale à ce “parti de désordres”.

Lors de la réception en l’honneur de Nicolaï Pankov, les invités présents s’étonnent de l’anxiété se lisant sur le visage du Premier ministre. Le ton de son discours de circonstance est particulièrement pessimisme.

Lutchmeeparsad Badry rappelle qu’en 1948, Guy Rozemont a brandi un drapeau soviétique à la Plaine Verte, lors d’un meeting travailliste. Il prônait aussi une politique mauricienne calquée sur le modèle soviétique. Il a souligné que Maurice est le seul pays au monde en dehors du bloc communiste à avoir érigé un buste en l’honneur de Lénine. Ce dernier se trouve au /Pleasure Ground/, aux Salines. Classé monument historique, il est /protected by law/ et donc inviolable à ce titre, tout comme la /School/ et l’école Onésipho-Beaugeard de la rue Edith-Cavell, la gare Victoria, le QG de la DWC, le donjon Saint-Louis à GRNO, et tous nos autres bâtiments et monuments historiques formant notre patrimoine architectural

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