Publicité

SSR ne savait pas que Diégo Garcia deviendrait base militaire

15 juillet 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Passées les émotions suscitées par la motion de censure, la presse se penche sur les déclarations importantes mais éclipsées par une actualité plus brûlante.

On revient ainsi sur une déclaration du Premier ministre concernant Diégo Garcia. Il répondait à plusieurs questions d’Harish Boodhoo et de Rohit Beedassy. Pour ne pas changer, Sir Seewoosagur essaye de faire de l’humour quand il se sent coincé par une légitime curiosité parlementaire, avec pour résultats des effets désastreux et pitoyables.

Sir Seewoosagur récuse la rumeur voulant que Londres l’ait sommé, en septembre 1965, de choisir entre indépendance ou excision des Chagos. Gouvernement et Opposition d’alors furent “conseillés” (pour ce que cela veut dire) avant la “vente” de l’île. Par la suite , Port-Louis fut mis au parfum du désir des Etats-Unis de prendre possession de Diégo Garcia pour y installer que des “équipements de communications maritimes”. A ce stade, il n’était aucunement question de l’installation d’une base militaire. Il n’y eut pas de contrat. La puissance coloniale détacha les Chagos et mit les Mauriciens devant le fait accompli.

H. Boodhoo : Que faites-vous pour récupérer Diégo Garcia ?

SSR : Nous y enverrons une flotte.

H. Boodhoo : Qu’en est-il de la controverse concernant le paiement obtenu ? S’élève-t-il à £ 5 millions ou à £ 3 millions.

SSR : Il n’y a aucune controverse. Le gouvernement a reçu £ 3 millions.

H. Boodhoo : L’ambassadeur anglais ment donc quand il parle de £ 5 millions.

SSR : Je ne peux rien dire de plus. Ces £ 3 millions n’étaient d’ailleurs pas destinés aux Chagossiens mais aux projets de développement de Maurice. En septembre 1972, le gouvernement a reçu £ 650 000 pour l’insertion des Chagossiens évacués de Diégo. Les Chagos seront restituées à Maurice quand les Etats-Unis et l’Angleterre n’en auront plus besoin. Si on y découvre du pétrole, l’aubaine sera, en principe, réservée à Maurice. Le gouvernement s’oppose à toute installation d’une base équipée d’armes nucléaires aux Chagos. L’océan Indien doit rester une zone de paix.

James Burty David : Nous n’avons droit qu’à des réponses timides et incomplètes. Que compte faire le gouvernement pour récupérer Diégo Garcia ?

SSR : Je l’ai dit. Vous devriez y envoyer une flotte.

Un député : De tels propos sont indignes d’un Premier ministre.

La motion de censure, providentiellement rejetée, est chose du passé. L’horizon ne s’éclaircit pas pour autant pour le gouvernement ni pour les activités économiques. Côté transport en commun, la situation se dégrade. Les autobus des principales compagnies restent au garage, sauf ceux de la Rose Hill Transport. Elles reprochent au ministre des Travaux, de ne pas les avoir accordé l’augmentation tarifaire de 50 % qu’elles réclament. Le ministre Emmanuel Bussier révèle de son côté que toutes les compagnies ne lui ont toujours pas soumis les bilans financiers et relevés de dépenses réclamés.

Petite consolation pour Seewoosagur Ramgoolam. Il tient bon quand Morarji Desai préfère démissionner comme Premier ministre de l’Inde, avant l’adoption d’une motion de censure, motion devenue inévitable en raison des divisions internes au sein du Parti Janata.

Une bonne nouvelle pour terminer : il n’y aura pas de “black-out” (marée noire), le gouvernement ayant décidé in extremis de donner gain de cause aux syndicats, réclamant le paiement en une seule tranche des arriérés dus du Rapport Sidambaram. Le CEB voulait le faire en 18 mensualités, avant d’accepter un paiement en trois tranches.

Publicité