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SSR : Je suis l?Hamlet de la politique mauricienne
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SSR : Je suis l?Hamlet de la politique mauricienne
Une fois n?est pas coutume, le défunt Advance interviewe un de ses principaux propriétaires et bailleurs de fonds, étant de surcroît le Premier ministre de Maurice. Ne cherchons pas un quelconque souci d?éthique dans le caractère exceptionnel de cet entretien de proprio à journaliste-employé mais toute interview dans les colonnes de ce journal relève de l?inattendu.
Ce quotidien gouvernemental joue d?emblée la carte d?une désarmante franchise : ?Peu de gens voudraient se trouver à la place du Premier ministre. Administrer Maurice alors que tout semble aller de mal en pis, qu?il a fallu dévaluer la roupie, que Claudette laisse derrière lui (le cyclone) des milliers de sinistrés, des millions de roupies de dégâts, des risques d?épidémies, qu?augmente le nombre de chômeurs, que de faux amis veulent, tel Shylock, réclamer leur livre de chair, oui, administrer Maurice dans une pareille conjoncture n?a rien de réjouissant, d?autant plus qu?il se trouve toujours des gens lents à l?aide mais prompts à la critique négative?. On chercherait en vain un exemple aussi aigu de sinistrose même dans la presse militante d?opposition de l?époque.
Ce pessimisme foncier, après trois lustres de pouvoir ramgoolamien absolu, se veut l?entrée en matière pour faire ressortir qu?il faut être un homme avec une trempe de fer pour rester calme, garder son sang-froid, ne pas perdre la tête comme Louis XVI ou Charles Ier. ?Ce tour de force est l?apanage de grands politiciens. Ce calme après la tempête surprend?.
Mais donnons la parole à SSR.
Claudette a dévalué la dévaluation. Il faut réévaluer les exigences du Package Deal de redressement post-dévaluation sur de nouvelles bases, encore plus désastreuses. Claudette coûte Rs 400 millions à l?économie mauricienne. Le manque à gagner est du même ordre. Les dégâts de Claudette s?ajoutent à ceux de Gervaise (1975).
SSR confesse que son remaniement ministériel (pro-Moorba, Augustave, Ramoly, Ghurburrun et Purryag) a bouleversé le PTr. Il doit choisir les ministres qu?il faut. Il est satisfait de la loyauté au PTr des politiciens nommés. On ne peut pas nommer ministre tout le monde. On m?accusait d?accaparer trop de ministères. On me donne tort à présent de me décharger de certaines responsabilités. Moorba désembourbera l?information, MBC-Radio et TV comprise. Il est doué d?une grande capacité naturelle.
A.V. Chettiar oublie que c?est à cause de lui que le PTr a perdu Harish Boodhoo. Il voulait être chief whip. Chettiar s?y est opposé. Boodhoo lui a laissé ce fouet parlementaire.
L?Information est un ministère difficile. Quand les choses sont difficiles, il est plus facile de se défaire du porteur de mauvaises nouvelles.
Les Américains ont des bases en? Somalie et n?ont plus besoin de Diego Garcia. Les Anglais doivent nous rendre les Chagos tout comme ils ont rendu Aldabra et Farquhar aux Seychellois.
L?Afghanistan complique la renégociation de l?accord de pêche soviéto-mauricien.
Harish Boodhoo est un ?politicial stunt? (politicien de voltige ?). Des détracteurs du PTr orchestrent sa campagne. Le PTr est habitué à ce genre de grimaces. Des prétendants bâtisseurs de parti politique se révèlent à l?usage des démolisseurs patentés. Des gens viennent et partent. Le PTr poursuit sa route. La route est longue. Il faut bien choisir ses compagnons de route.
La remise sur route de la Vacoas Transport. Paul Bérenger et Jimmy Gobin essayent de rebâtir ce qu?ils ont démoli. Sans le GM, les ex-employés de la VTC auraient tout perdu. La grève illégale fut une occasion en or pour les propriétaires de fermer boutique sans avoir à payer les indemnités de licenciement.
Claudettea balayé le plan de développement quinquennal. Sa publication est retardée d?autant.
Indira Gandhi, à peine réinstallée Premier ministre de l?Inde s?inquiétait des dommages causés à Maurice par Claudette.
Une alliance PTr/MMM ? ?Impossible? ne fait partie du vocabulaire politique. La politique est l?art du possible.
Je suis l?Hamlet de la politique à Maurice. Je ne me retire pas. Comme à mes débuts, je ne demande à personne son avis sur mes engagements et décisions politiques. J?espère pouvoir faire de mon mieux jusqu?à mon dernier soupir.
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