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Sortir de l?impasse
Le Premier ministre a souhaité que la réforme du système électoral fasse l?objet d?un consensus. Son prédécesseur avait adopté la même position quand, vers la fin de son mandat, il avait proposé une table ronde pour discuter d?un nouveau mode de scrutin. Ainsi, dans les deux camps, on est d?accord que le meilleur moyen de traiter des dossiers litigieux est de passer par des états généraux.
Le consensus préconisé par Paul Bérenger, tant sur la représentation proportionnelle que sur l?avortement, ne peut se dessiner qu?à travers une table ronde qui réunira toutes les composantes de la société. C?est la meilleure garantie pour que soient définis des engagements précis sur le contenu et le calendrier de la réforme. Autrement, on tourne en rond.
Le débat sur la réforme électorale a démarré sur un mode qui laisse peu d?espoir. Il y a des interventions sporadiques qui donnent l?impression d?un travail décousu. Des voix contradictoires se font entendre parmi les députés de l?alliance au pouvoir. Pour sa part, le leader de l?opposition a laissé parler Rama Sithanen et Sheila Bappoo tout en restant loin de la mêlée depuis la publication du rapport Collendavelloo.
On a d?autant plus l?impression de stagner que le débat semble se focaliser sur une seule dimension de la réforme, la représentativité des femmes en politique. Pire, cette querelle autour des quotas se fait dans l?insouciance totale de l?enjeu auquel est confronté le pays. Certains intervenants dans le débat sur la femme en politique s?engagent dans du bla-bla-bla alors que la situation est bien grave. Une étude rendue publique au début de ce mois par l?Union interparlementaire (UIP), représentative de 142 Parlements, montre que la proportion de femmes dans les Assemblées a atteint le taux record de 15,3 %, avec un pic à 49 % pour le Rwanda contre 15,1 % en moyenne en Afrique, et 6 % en moyenne pour les pays arabes. Maurice se classe à la 102e position avec 5,7 %. Il est difficile de ne pas en rougir.
En dépit de cette honteuse performance, il s?est trouvé des femmes, sans doute pas encore libérées de l?idéologie féministe qui a prévalu dans les années 70, pour s?opposer à l?idée d?instaurer un quota pour garantir six places aux douze premiers candidats sur chaque liste de parti. Certes, le choix du quota est malheureux car il peut être perçu comme un ?cadeau? indigne mais il est néanmoins nécessaire pour faciliter, dans un premier temps, une présence accrue des femmes dans la vie politique. Au demeurant, cela fait des décennies que le quota n?est plus considéré comme un tabou par les sociétés qui vivent avec leur temps.
Ce serait un gâchis pour le pays d?avoir à reporter, par manque de consensus, des réformes urgentes. En acceptant la concertation, chaque camp peut trouver son compte. La majorité aura l?occasion de réfuter les accusations d?arrogance du pouvoir portées contre elle. L?opposition pourra démontrer que tout en restant dans son rôle qui est de s?opposer, elle peut aussi avoir des idées et des propositions.
Pour sortir de ce climat de crispation engendré par les débats sur le critère religieux et les langues orientales, il convient de procéder par la recherche d?un accord entre le plus grand nombre. Dans un pays qui a vu toutes les permutations possibles en politique, aucun parti n?est infréquentable.
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