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Sophie némorin, reine des choeurs

6 décembre 2007, 00:00

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Sophie némorin, reine des choeurs

Elle, c?est l?enfant très méchant. Déclencheur de sortilèges. Un enfant dezorder. De ceux qui désobéissent à leur maman, cassent leurs jouets et donnent des coups de pied dans le fauteuil.

Tout cela pour pour la scène. Pour son rôle d?enfant dans L?enfant et les sortilèges, fantaisie lyrique de Maurice Ravel montée par le conservatoire François Mitterand. Une pièce actuellement à l?affiche au théâtre de Port-Louis.

Les malheurs de Sophie ? Connaît pas. Maquillage mauve sur un ensemble vert. Mêlant le chaud et tendre. Caractéristique de cette jeune femme qui, à 30 ans, est responsable du département voix du conservatoire François Mitterand et chef de ch?ur des divers ensemble vocaux de cette institution depuis l?an 2000.

Bien-être et décontraction. Aux antipodes des images poussiéreuses et des clichés associés aux classiques. Et par extension aux gens qui en font. C?est sûr qu?à 13 ans, quand Sophie allait chanter dans les mariages, elle aurait voulu pouvoir se cacher lorsque, parmi les invités, il y a avait des filles du collège de Lorette de Quatre-Bornes, où elle a suivi sa scolarité secondaire. «J?avais peur qu?elles se moquent de moi».

Son sourire éclatant dissimule efficacement les moqueries du style «sa vieillerie sa» qu?elle n?a pu qu?entendre. «Mais bon, j?en ai pas essuyé tant que cela», minimise celle qui assure : «je n?ai pas grandi dan enn boit koton non plus».

Sophie, c?est dans une famille de musiciens qu?elle évolue. Premier cours de piano à cinq ans. « Ce n?est que bien plus tard que je suis venue au chant ». Tard ? Si à l?adolescence, Sophie s?oriente réellement vers la technique vocale, passant en une décennie du statut d?élève à celui de professeur, puis de responsable au conservatoire, en fouillant un peu, Sophie se souvient.

De ces jours où elle était encore en maternelle. A l?époque, le groupe Promusica répète Andalousie chez sa tante, Mireille Némorin. Lucie, l?autre tante, est aussi de la partie. La petite Sophie elle, s?amuse à accrocher des rideaux dans sa chambre en faisant semblant que c?est un rideau de scène. «Avec ma s?ur, on connaissait tous les airs».

En grandissant, «la musique a toujours été un passe-temps pour moi».

A l?exemple des tantes qui à côté de leur passion artistique ont un «vrai» travail. Au collège, Sophie choisit les matières scientifiques, «éventuellement pour devenir médecin. J?ai toujours cela en moi d?ailleurs».

«Au collège, j?ai choisi les matières scientifiques, éventuellement pour devenir médecin. J?ai toujours cela en moi d?ailleurs».

Au hasard d?un concert au conservatoire, son timbre de mezzo-soprano accroche l?oreille de Claudie Ricaud, directrice de l?institution et de Jason Pearson, prof de chant de l?époque. Nous sommes en 1996. Claudie Ricaud reprend contact avec Sophie, lui proposant de s?inscrire aux cours. «Je ne suis jamais repartie», lance-t-elle dans un grand éclat de rire.

Dans ces années-là, «la chorale débutait tout juste. On ne faisait pas de technique vocale», se souvient-elle. Dix ans plus tard, elle en est le chef. Elle qui a choisi de se consacrer à la musique, «quand j?ai compris que l?on pouvait gagner sa vie comme cela».

Derrière le regard brillant, la façade engageante et les manières cordiales, il y a un esprit qui a pensé à sa sécurité d?emploi. Nous lui citons l?exemple de Natacha Constantin, soprano à l?Opéra Bastille à Paris, récemment en visite chez nous. Ou encore celui de Véronique Zuël-Bungaroo, qui tourne dans des galas et a vécu dix ans entre Londres et Paris comme chanteuse.

Bien sûr que Sophie y a pensé. Mais avec pragmatisme. Elle sait pertinemment qu?en dehors d?une compagnie, la vie de chanteuse est difficile. C?est aussi ce qui l?a motivée pour se lancer dans l?enseignement. Une orientation devenue vocation. Car on sent Sophie Némorin pleinement à l?aise entre les murs du conservatoire. Forte d?une série de diplômes, notamment une licence en chant de la Royal School of Music. En 1997, elle décroche un Gold Award au concours international Eisteddfod en Afrique du Sud et se classe à la quatrième place. Elle est aussi première au concours régional Voix nouvelles à l?île s?ur, ce qui lui donne l?occasion de représenter la région océan Indien à Paris. Un parcours qui l?a aussi amenée à côtoyer l?orchestre de Cannes-Provence-Alpes-Côte d?Azur sous la direction de Philippe Bender.

Et en dehors du classique ? «Il ne me reste pas beaucoup de temps en dehors», dit-elle. Ce serait pourtant erreur de croire que Sophie ne baigne que dans cet univers. «J?écoute de tout à part la techno». Figure régulière des productions locales, en 1995, elle est Cristal dans Starmania. Virginie dans Paul et Virginie, en 1996, Cosette dans Les Misérables en 1999, puis une chevrière dans L?Auberge du cheval blanc. Elle s?est aussi attaquée au répertoire sacré.

Décembre sera pour elle une période d?intense activité. Tout de suite après L?enfant et les sortilèges, «le père Sullivan m?a demandé de venir donner un coup de main pour Noël sous les étoiles». Place ensuite aux concerts de Noël du conservatoire. Avant de poursuivre la réalisation de ses rêves : monter une pièce au conservatoire tous les ans.

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