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Son voeux, battre Maurice en finale

14 août 2007, 00:00

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Son voeux, battre Maurice en finale

Titi Appadu, vous participez cette année à vos troisièmes Jeux des îles après ceux de 1990 et 1993. Mais sous un autre maillot, puisque vous êtes aujourd'hui en bleu après avoir porté le maillot de Maurice. Comment en êtes vous arrivé là ?

? J'ai commencé ma carrière de volleyeur au niveau international par une finale perdue contre l'Algérie au championnat d'Afrique des19 ans. Je suis ensuite parti une saison en métropole où je jouais en 3e division au sein de Divonne, tout en m'entraînant avec l'équipe de première division de Poitiers.

Je suis ensuite rentré à Maurice pour préparer les Jeux des îles de 1990 qui se sont déroulés à Madagascar. Nous avons gagné l'or contre l'équipe locale, ce qui était un véritable hold-up. C'était la première fois que Maurice gagnait contre Madagascar, et en plus, par 3 sets à 0. Nous avions préparé ce tournoi pendant 18 mois. Et même si on savait que le public malgache allait soutenir notre adversaire, nous sommes venus gonflés à bloc avec un esprit de combattant.

Ce public malgache que vous retrouvez aujourd'hui. Est-il vraiment si terrible que ça ?

? Il est fabuleux. Que ce soit en 1990 ou aujourd'hui, il pousse son équipe à fond. Et il faut être disciplinés et concentrés pour y résister. Nous, on a dansé avec le public pour évacuer la pression.

Le public mauricien n'est pas mal non plus dans ce domaine, on l'a vu en 2003 ...

? C'est vrai, les Mauriciens sont costauds aussi. Quand le peuple pousse l'équipe, elle a des résultats. Mais je crois que Madagascar est au-dessus des autres pays.

Après le sacre de 1990, Maurice a connu un moins bon sort, en 1993, aux Seychelles, puisque vous avez été tenus hors du podium par la Réunion.

? C'est une déception, mais il faut savoir accepter la défaite et se dire que d'autres pays progressent. On n'a pas su défendre notre titre. Dans le match pour la 3e place, c'était la première fois que Maurice perdait contre la Réunion (3-1).

Une île de la Réunion que vous connaissez bien désormais, puisque vous y êtes établi depuis ?

? J'avais un ami aux Aigles Blancs de Saint-Paul et ce club cherchait un passeur. C'était bien et je suis resté. C'est à Saint-Paul que je suis devenu entraîneur, d'abord avec les juniors, qui ont remporté cinq fois le titre, puis avec l'équipe Une qui était à la rue quand je l'ai prise. Elle a fini à chaque fois dans les quatre premiers du championnat. Nous avons même été vice-champion derrière Saint-Leu. Depuis deux ans, je suis à la CAVE de Saint-Benoît.

Vous êtes tellement bien intégré à la Réunion que vous voilà sur le banc des filles à Madagascar ?

? La ligue m'a demandé d'entraîner des équipes de jeunes depuis plusieurs saisons. Avec Lucien, je m'occupe des jeunes filles, et on a obtenu une 4e place à Poitiers, il y a deux ans, et on a gagné, l'an dernier à Maurice, contre les Seychelles. Même si on a perdu le dernier match par 3-1, on a su arracher le set qu'il nous fallait.

Le match contre Poitiers l'année d'avant a été plein d'émotions pour moi, car je revenais dans une salle que je connaissais et en plus, on a joué en demi-finale contre l'équipe de Poitiers.

Pour les seniors, c'est Madi qui, en début de saison, m'a demandé de l'assister.

Vous sentez-vous aujourd'hui Mauricien ou Réunionnais ?

? Les deux, je suis un enfant des îles. J'apprécie ces moments où on se retrouve ensemble tous les quatre ans.

Et si la finale féminine de 2007 opposait la Réunion à Maurice ?

? Mon coeur est à La Réunion. Je fais mon boulot et on va, avec Madi et les filles, essayer de gagner la médaille d'or.

Vous qui avez déjà joué et gagné dans ce gymnase, avez-vous fait part de votre expérience aux filles ?

? No comment !

Je pose la question différemment. Les filles sont-elles conscientes de ce qui les attend dans ce gymnase ?

? Elles savent qu'elles ont une compétition à faire et elles sont prêtes. Il y a un bon groupe.

Et si demain, la fédération mauricienne vous proposait de venir entraîner une équipe, que feriez vous ?

? Pour l'instant, je suis à Madagascar avec la Réunion. Pour le reste, c'est l'avenir qui décidera.

Pierre-Yves VERSINI Le Quotidien de la Réunion

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