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Solution pour petites et grandes faims

21 avril 2008, 00:00

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Pas de sieste pour les ménagères. Leurs corvées terminées, elles sont une dizaine à se cultiver. À ne pas perdre une goutte du cours dispensé par Veena Doharoo, extension officer de l?Agricultural and Research Extension Unit (AREU).

Aujourd?hui, comme à chaque deuxième mercredi du mois, elle est au Women?s Centre de Dagotière. Pour une session d?une heure. Où dix paires d?yeux attentifs écoutent et notent ses conseils sur la culture de la fraise. Majoritairement des ménagères de moins de 50 ans, motivées par l?aménagement d?un jardin potager chez elles.

Les tableaux en anglais et les photos défilent sur l?ordinateur portable de la formatrice. Qui passe en revue ? en créole uniquement ? la distance à respecter entre chaque plant, la préparation de la terre, l?usage du disel rapor.

L?intérêt des élèves est palpable aux questions qu?elles posent. Dès que la formatrice leur donne la parole, les interrogations fusent. «Miss, moi mo pann met fertilizan me ziromon finn bien raporte», lance l?une d?elles. «Ayo kot moi ena bann ti bebet noir ki pe manz frez la», renchérit une autre. «Miss ena toultan bann fourmi dan pie la, ki bizin fer ?» Veena Doharoo a les réponses au bout des doigts. Nul besoin pour elle de consulter ses notes.

Parmi celles qui tirent profit de cet enseignement : Kobita Gokhool. Une fois le cours de Veena Doharoo bouclé, Kobita ? accompagnée de la formatrice ? nous fait faire le tour du propriétaire. Veena nous explique qu?à chacune de ses sessions, elle visite les potagers des élèves pour les évaluer. Et dispenser des conseils plus personnalisés.

Dans les plates-bandes fraîchement refaites ? car très affectées par les récentes pluies diluviennes ? Kobita, mère de deux enfants, a planté une variété de brèdes. Petsaï, tompouce, brède malbar. En sus de queue d?oignon, pâtisson, laitue, pommes d?amour, haricots, pois carrés. Sur cinq perches de terrain.

Fréquence d?arrosage

Cela fait trois semaines qu?elle a semé ces graines, dont certaines obtenues gratuitement de l?AREU. Pourquoi avoir transformé toutes les parcelles utilisables de sa cour et une partie de la réserve de la rivière qui jouxte son terrain, en jardin potager ? Kobita sourit et confie à voix basse : «Bolom pa kontan mo travay andeor.» Pour subvenir aux besoins de sa famille ? dont une fille invalide ? elle s?est mise à la terre depuis son mariage.

Non, cela ne la gêne pas. La proximité de sa maison avec le crématoire. Non, cela ne la gêne pas de travailler la terre. «Monn adapte».

Ajustements au fil du temps aux techniques de culture. Des choses de base, mais que l?on ne maîtrise qu?à force d?expérience, comme pour la fréquence d?arrosage, la préparation de la terre, l?arrachage des mauvaises herbes. «Nous encourageons les pratiques traditionnelles», affirme l?officier de l?AREU. «Nous ne recommandons pas les pesticides mais plutôt les matières organiques.»

Le marché, Kobita dit ne le fréquenter que pour s?approvisionner en pomme de terre et oignon. Sa production, en sus de faire rouler sa cuisine est écoulée au porte-à-porte ? revenu non négligeable pour cette mère de famille.

MODE D?EMPLOI

Le jardin potager expliqué

■ Un jardin potager exige peu d?espace. 25 à 30 m2 suffisent pour satisfaire aux besoins en légumes, épices et condiments d?une famille de six personnes. Mais si vous ne disposez pas de cet espace, il est toujours possible de planter quelques légumes sur votre toit ou dans des contenants. Car s?il a pu être un passe-temps agréable ou une source de revenus additionnels dans le passé, en ces temps troublés où l?on parle beaucoup de sécurité alimentaire, le jardin potager est une solution.

■ Emplacement, terrain et outils

Le terrain doit être ensoleillé et abrité des vents violents. Plat ou en pente légère. Clôturer le jardin afin de le protéger des dommages causés par les chiens, chats ou poules. Faire provision pour une pioche, un transplantoir, une fourche, une fourche à main et un râteau.

■ Préparation du sol

Afin de constituer «un environnement idéal» le sol doit être bien préparé. D?abord débarrasser le terrain de toute végétation qui le couvre avant de s?assurer que le sol est meuble, aéré, riche en matières organiques, et dépourvu de pierres. Pour cela, labourer le sol en profondeur (30 cm) à l?aide d?une fourche, enlever les pierres et les entasser dans un coin, casser les mottes de terre à l?aide d?une pioche, niveler le terrain à l?aide d?un râteau avant d?enlever les petits cailloux.

■ Choix des légumes

La saison, le cycle végétatif et la valeur nutritive déterminent le choix des légumes et leurs variétés. Le cycle végétatif du radis est court, 20 jours ; de la calebasse intermédiaire, cinq à six mois alors que celui du piment est long, un an.

■ L?alternance des cultures

Un même légume cultivé plusieurs fois de suite dans la même parcelle, donne des résultats de plus en plus pauvres ; alterner les cultures est donc important. Evitez de planter les espèces de même famille successivement dans la même parcelle comme l?aubergine après la tomate ou la calebasse après le concombre. Remplacez les cultures épuisantes par des plantes améliorantes du style haricot ; des plantes à racines profondes par celles à racines superficielles comme la carotte et le chou.

■ Eléments essentiels

L?eau, les semences et les engrais sont essentiels à la plantation. On trouve semences et engrais dans le commerce.

■ Cours

L?«Agricultural Research & Extension Unit» (AREU) en collaboration avec le «Human Resource Development Council» offre des cours aux particuliers. La date limite pour s?inscrire pour les cours d?horticulture et d?élevage, entre autres, est le 25 avril. Ces cours exclusifs de l?AREU sont gratuits. Consciente de l?espace restreint dont disposent la plupart des Mauriciens et de la conjoncture actuelle, l?AREU planche sur la préparation d?un cours sur la culture des légumes sur les toits et dans des contenants. Pour que chaque Mauricien puisse cultiver «son potager».

Source : « Le Jardin Potager » de l?AREU.

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